vendredi 18 mai 2018

Le Joueur, Fedor Dostoïevski

Voilà un petit moment que j'avais envie de me frotter à la littérature russe classique. Je sais que je ne m'attaque pas au plus simple avec Dostoïevski (en même temps, il semble que la plupart des auteurs russes classique ne sont pas simples, alors bon), mais j'avais entendu pas mal de bien de ce roman. Alors, je me suis lancée.

Le Joueur, Fedor Dostoïevski

Edition : Edition Libre de droit (oui, c'est pas la bonne couverture, mais je l'ai pas trouvé)
Collection : /
Année de parution : 2008
Titre en VO : Igrok
Année de parution en VO : 1866
Format : epub

A lire si :
- Vous aimez la littérature classique russe
- Vous aimez les livres à la première personne
- Vous avez l'âme d'un joueur

A ne pas lire si : 
- Vous appréciez avoir un background détaillé dès le départ

Présentation de l'éditeur : 

Alexis Ivanovitch joue d’abord pour gagner, puis pour étonner, enfin pour espérer. Il n’a pas misé seulement de l’argent mais sa vie elle-même. Ce récit suit comme une ombre la vie de Dostoïevski, durant quinze ans, à Moscou et à Baden-Baden où il se ruina au jeu. Jouer, c’est tenter le diable, c’est aussi tenter Dieu. Alexis a voulu tout risquer, toucher le fond pour connaître la compassion et la grâce divine. Il y a une autre malédiction dans la vie du joueur, une femme-bourreau, Pauline, la belle-sœur du général qu’il sert comme précepteur. C’est, dans la vie de l’auteur, Apollinaria, que Dostoïevski aima d’un amour douloureux. Autour d’eux, des êtres malfaisants ou étonnants, dévorés par la passion du gain. Ce court roman, plein de brio, annonce toute l’œuvre de Dostoïevski. « Demain, demain tout cela finira », dit le joueur qui recommence à jouer éternellement.

Mon avis

Si je me suis attaquée au Joueur, c'est parce que je compte bien un de ces jours me lancer dans Crime et Châtiment. Avant d'être sûre de le faire, je voulais lire quelque chose de moins long et moins compliqué. Je ne suis pas sûre que moins compliqué soit réellement à mettre sur le compte de ce Joueur. 

Nous prenons l'histoire en chemin, si je puis dire. Alexei Ivanovitch débarque à Roulettenbourg pour retrouver son employeur, le Général, et sa famille. Du coup, le premier chapitre, bien que présentant les personnages, peut être un peu compliqué à appréhender. Alexeï ne prend pas la peine de nous dire qui est qui, on le découvre petit à petit, tout comme ce qui relie qui à quoi. Et s'il n'y a pas tant de personnages que cela qui gravitent autour du général, il est vrai que les diverses relations entre eux sont assez obscures au départ. Pourtant, ce sont bien elles qui portent le roman, tout autant que l'addiction au jeux de la roulette que va développer petit à petit notre narrateur.

Commençons donc par les personnages, d'ailleurs. Nous avons le narrateur, Alexeï, un jeune précepteur employé par le Général. C'est un homme vif, plutôt cynique et surtout éperdument amoureux. C'est cet amour, tout autant que le jeu qui finira par le perdre. J'ai beaucoup apprécié Alexeï même si parfois, j'avais bien envie de lui filer des baffes. C'est un personnage assez complexe en fait qui évolue rapidement pour tomber plus que bas. A ses côtés, on trouve l'objet de son désir, Paulina, jeune femme russe qui semble ne rien à voir à faire de lui et qui se moque régulièrement de son amour. Bon, elle est vu essentiellement par le prisme d'Alexeï et du coup, elle m'a un peu énervée, je dois bien le dire. Pour les autres, à part la Baboushka (court passage mais divertissant), ils m'ont paru assez fade et juste là pour montrer la grande gueule d'Alexeï. Pourtant, les interactions les plus pertinentes du narrateur ne sont pas avec Paulina mais bien avec les autres et plus particulièrement avec le petit français ou Mr Astley, l'anglais. L'auteur utilise ces deux personnages pour nous donner son opinion sur les mentalités des diverses nationalités et autant dire qu'il a un avis assez tranché sur les autres.

Ensuite, il y a l'histoire, et donc la descente aux enfers d'Alexeï. Je dois dire que si j'ai été un peu déroutée au départ, puisqu'on arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, passé le premier chapitre, tout va bien mieux. C'est finalement d'ailleurs une histoire assez classique. Le narrateur commence par ne pas comprendre la roulette puis doit y jouer pour une raison X ou Y (ici, il commence par jouer pour la Baboushcka puis pour Paulina et enfin juste pour lui) et enfin, fini par tomber dans l'engrenage infernal qu'est l'addiction aux jeux. J'ai apprécie de voir Alexeï essayait de ne pas succomber et puis tout doucement, sans même s'en rendre compte finir par se laisser aller. D'ailleurs, le moment où la folie du jeu s'empare de lui est assez génial à lire tant on a vraiment l'impression d'y être.

Enfin, DostoÏevski a un style plutôt agréable à lire, s'attardant peut-être parfois un peu trop sur les sentiments de son narrateur mais ce n'est pas si dérangeant que ça (enfin, si, une fois au moins lorsqu'il nous parle de son amour pour Paulina)(là oui, c'est un peu lourd on va dire, mais en même temps, il sait pas ce qu'il veut)(parfois, Alexeï m'a fait penser à une midinette, c'est pour dire...). En tout cas, c'est très sympathique à lire, que se soit pour les personnages et leurs interactions plutôt mouvementés ou pour l'histoire qui n'est finalement pas si simple que cela. Bref, une bonne découverte.

mardi 15 mai 2018

Le Chevalier de Neige suivi de Opéras, Boris Vian

J'ai quelques livres de Vian dans ma PAL depuis un petit moment. Il est temps d'écluser un peu de ce côté, surtout que je n'avais pas envie de rester sur un échec après ma lecture de J'irais cracher sur vos tombes en 2015 (ça remonte quand même). Cette fois, c'est avec du théatre et de l'opéra que je retourne à Vian, sur un thème que je connais très bien, les légendes arthuriennes.

Le Chevalier de Neige suivi de Opéras, Boris Vian

Editeur : Le livre de Poche
Collection :
Année de parution : 1995
Nombre de pages : 476

A lire si :
- Vous aimez les pièces de théatres et les opéras
- Vous appréciez l'histoire de Guenièvre et Lancelot

A ne pas lire si :
- Vous voulez du Vian à la sauce Ecumes des jours
- Vous préférez voir en live les pièces et opéras

Présentation de l'éditeur :

« Il va de soi que tout ceci ne peut finir que par la mort, et la beauté des romans vient aussi de ce que cette mort n'apparaît qu'au terme d'une très longue vie d'amour. »Ainsi Boris Vian, deux ans avant sa propre disparition, commente-t-il l'histoire des amours de Lancelot et de la reine Guenièvre, que nous conte cet étonnant Chevalier de neige. C'est en 1952 que les organisateurs du Festival dramatique de Normandie lui proposent d'écrire cette oeuvre, représentée l'année suivante devant dix mille spectateurs, pendant sept soirées consécutives. Une expérience que l'auteur de L'Écume des jours tente avec enthousiasme. Dans le respect de la légende arthurienne, qui voit le jeune Lancelot toucher à la sainteté après avoir traversé toutes les épreuves de la vie chevaleresque et de la passion amoureuse, il crée une forme théâtrale moderne, au rythme proche de celui du cinéma. En 1957 à Nancy, Vian eut l'occasion de transformer son texte en livret d'opéra : un genre nouveau pour lui, dont il va entreprendre d'explorer les possibilités à travers cinq autres livrets, d'inspiration très différente, réunis dans ce volume.

Mon avis

Quand j'ai commencé à lire ce livre, je me suis dit que j'allais avoir deux solutions pour lui : soit je m'ennuyais ferme à lire deux versions de la même histoire mais pour deux supports différents soit ça finissait par me plaire et Vian aurait réussi son pari de faire deux versions à la fois identique et différente de la même histoire. Bon, je ne vais pas vous faire patienter, j'ai coupé un peu ma lecture avec un autre livre pour ne pas avoir droit à la première solution. Et je pense vraiment que cela a été utile. Mais commençons par le commencement.

La première partie du livre nous explique pourquoi une pièce de théâtre et pourquoi un opéra tout en nous parlant de l'amour de Vian, arrivé tardivement, pour l'opéra. C'est intéressant si on se passionne pour l'auteur. Personnellement, ça ne m'a pas apporté grand chose de plus. D'ailleurs, toutes les parties entre les textes de Vian ne m'ont pas apporté grand chose de plus, elles sont sympathiques pour savoir comment l'idée a pu venir, comment tout fut mis en oeuvre et pourquoi on n'a pas la totalité de l'opéra version audio et puis c'est un peu tout. Avantage par contre, ça coupe plutôt bien entre les divers écrits de Vian.

Le Chevalier de Neige est donc tout d'abord une pièce de théâtre qui fut jouer au Festival de dramatique de Caen en 1953. Il la transforma par la suite pour en faire un Opéra pour l'opéras de Nancy en 1957 . Vian doit écrire l'histoire de Lancelot, il se lance donc dans celle de ces amours avec Guenièvre. Bon, le thème n'est pas follement original et d'ailleurs au final, Vian ne se veut pas des plus original dans son traitement et cela dans les deux versions (forcément, l'une découlant de l'autre). Je ne m'attarderais donc pas forcément sur l'histoire elle-même (il arrive à Camelot, il tombe amoureux, elle aussi, ils se cachent, sont découverts... bref, l'histoire classique).

A vrai dire, je ne sais pas trop à quoi j'aurais pu m'attendre. Le fait que je connaisse l'histoire et que j'ai eu l'impression qu'il allait un peu vite en besogne (mais en même temps, vu le format et le fait que l'histoire de Lancelot et Guenièvre durent quand mêmes des années et des années, c'est un peu logique). J'ai surtout été un peu déçu de pas retrouver la poésie des textes de Vian comme dans l'Ecume des Jours ou même l'Arrache-coeur. Étrangement, le texte ici m'a semblé plat. Alors, je suppose que pour les deux versions, manquant la musique, ça a une influence certaine (surtout pour l'opéra), mais tout de même. Après, j'avoue avoir une préférence pour le texte de l'opéra (plus musical du coup, ce qui est normal) qui condense celui de la pièce de théâtre, enlevant des parties qui ne servent pas forcément beaucoup dans la première et en remaniant d'autres de manière plus subtile.

Quant aux textes suivant, il s'agit soit des livrets des opéras, soit des textes pour certains. Pour les livrets, descriptifs de ce qu'il se passe de manière succinctes, c'est ennuyeux à lire. On perd vraiment beaucoup à ne pas voir l'oeuvre. Pour Fiesta, opéra en un acte, c'est déjà un peu plus sympa, même si j'avoue que les chants en canon sont quelque peu compliqué à lire. Fiesta est d'ailleurs marquant du fait de la violence qu'on retrouve dedans et qui semble presque "banale" (même soucis sur l'Arrache-Coeur en fait). Pour Lily Strada, opéra inachevé, je ne dirais pas grand chose (j'ai pas beaucoup aimé en fait, mais on a qu'une partie de l'acte un, donc il est dur de juger).

Au final, c'était intéressant à lire pour découvrir une nouvelle facette de Vian (il en avait pas mal en fait, ce monsieur un peu touche à tout). Mais, je suppose qu'il aurait été préférable d'avoir tout le contenu de la pièce et des opéras, c'est à dire, la musique, les décors et tout ce qui allait avec. Parce que là, parfois, c'était un peu plat quand même. Je regrette ne pas y avoir retrouvé la poésie du Vian que j'apprécie. Bref, c'était une lecture sympathique mais qui ne me marquera pas plus que ça.

lundi 7 mai 2018

In tenebris, La trilogie du mal, tome 2, Maxime Chattam

J'ai beaucoup apprécié l’Âme du Mal, lu en mars. Du coup, je me suis jeté rapidement sur le tome deux de la trilogie de Chattam, In Tenebris. J'ai mis un peu plus de temps pour le lire (faute à mon kindle déchargé et mon câble introuvable pendant trois jours...)(on se refait pas), mais en même temps, c'était pas plus mal, j'ai pu l'apprécié plus longtemps.

In tenebris, La trilogie du mal, tome 2, Maxime Chattam

Editeur: Pocket
Collection : thriller
Année de parution : 2011
Format : AWZ

A lire si :
- Vous avez aimé le premier tome 
- Vous aimez les thrillers à l'américaine
- Vous appréciez les séries comme les experts ou Esprits Criminels

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas quand ça parait trop réaliste.

Présentation de l'éditeur :

Chaque année, des dizaines de personnes disparaissent à New York dans des circonstances étranges. La plupart d'entre elles ne sont jamais retrouvées. Julia, elle, est découverte vivante, scalpée, et prétend s'être enfuie de l'Enfer. On pourrait croire à un acte isolé s'il n'y avait ces photos, toutes ces photos...
Annabel O'Donnel, jeune détective à Brooklyn, prend l'enquête en main, aidée par Joshua Brolin, jeune spécialiste des tueurs en série. Quel monstre se cache dans les rues enneigées de la ville? Et si Julia avait raison, si c'était le diable lui-même? Ce mystère, ce rituel... Dans une atmosphère apocalyptique, Joshua et Annabel vont bientôt découvrir une porte, un passage... dans les ténèbres.

Mon avis

In Tenebris commence à New York. Nous laissons donc Portland dans le retroviseur et traversons les USA pour la grosse pomme. Là, nous faisons connaissance avec Annabel O'Donnel, détective au sein du NYPD. La jeune femme et son équipe vont se retrouver confronter à une série d’enlèvement et de meurtre des plus ardus et des plus macabres. Dans le même temps, Joshua Brolin débarque lui-aussi à New York. Devenu privé suite à l'Âme du Mal, il enquête sur l'enlevement d'une jeune femme. Forcément, tout ce regroupe et Brolin et O'Donnel vont faire équipe pour trouver qui est derrière Caliban et les multiples disparitions.

Pour ce second tome, Maxime Chattam a décidé de changer pas mal de chose. Premièrement, la ville. Si j'ai apprécié Portland (qu'on ne voit que trop peu en littérature), le passage à New York ne m'a pas trop dérangée. La grosse pomme se prête plutôt bien au jeu, surtout pour l'une de ses légendes urbaines. Puis, NY sous la neige, c'est quand même bien sympathique. L'autre changement un peu perturbant, c'est celui de personnage principal. Bien que présent, Brolin n'est pas vraiment le héros du livre. Il a même tendance à passer en arrière plan sur une bonne partie du roman. A la place, c'est donc Annabel que nous allons suivre. Or, même si j'ai beaucoup aimé le personnage avec ses faiblesses et ses qualités, je l'ai trouvé un chouia en dessous de Brolin. Ou alors, tout comme elle, je me retrouve prise dans les flux charismatiques du privé.

D'ailleurs, parlons un peu personnage avant de parler de l'enquête elle-même. Comme je le disais, j'ai apprécié Annabel, la petite nouvelle. Elle n'est pas parfaite, elle souffre même pas mal. Faut dire qu'elle n'a pas une histoire facile puisque son mari a disparu peu après leur mariage sans laisser de trace. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'elle va se spécialiser sur les enlèvements. C'est un personnage que j'ai apprécié suivre mais qui en même temps m'a parfois un peu ennuyée. Je ne saurais trop expliqué pourquoi d'ailleurs. Avec elle arrive aussi toute une nouvelle équipe. Malheureusement, la mayonnaise a un peu moins pris de ce côté. Pas que les personnages ne soient pas bien, mais je m'étais fortement habituée à l'équipe de Portland. Et puis, enfin, il y a Brolin. J'avais aimé le personnage dans le premier tome, je l'aime encore plus maintenant. Parce que Maxime Chattam a su le faire évoluer sans tomber dans le pathétique. Et j'apprécie beaucoup la dite évolution. Brolin est le même tout en étant forcément différent. Il a resuccombé à la clope, à l'alcool aussi mais sans trop en faire (bref, c'est pas le flic bourrin qui se défonce tout le temps pour avoir la minime impression de vivre), il combat ses démons comme il peut, comme le ferait monsieur et madame tout le monde (enfin presque). Et puis, il y a tous les personnages secondaires qui sont là, présents sans trop l'être mais qui donne de la vie au récit.

Et enfin, l'enquête. L'Âme du mal annonçait le décors, les enquêtes de cette trilogie ne font pas dans la dentelle. Celle-ci m'a donné du fils à retordre. Vraiment. Si j'avais compris pas mal de chose très rapidement dans le premier tome, là, Chattam m'a prise au dépourvu dans ce second. Déjà, il faut vraiment attendre la fin pour comprendre le prologue (alors que dans le tome 1, il m'avait mise sur la voie très rapidement). Ensuite, je ne sais si c'est parce que l'histoire est bien tordue ou que c'est tellement macabre et flippant (enfin flippant n'est pas le mot, j'ai pas eu peur, disons plutôt perturbant), mais j'ai eu du mal à comprendre tous les indices (mais moi, je savais qui était Caliban dès le départ, pas le cas des flics)(par contre, j'avais pas compris de suite l'autre particularité du mot). IL n'empêche que petit à petit, nous plongeons dans l'horreur. Et que certains passages m'ont paru de trop (le coup de "l'église", toujours pas compris si ce n'est pour trouver le chien)(qui n'a pas grand interêt pour l'instant d'ailleurs). C'est un des défauts que je trouve au livre. Des passages trop longs, trop descriptifs et qui semblent ne pas servir à grand chose sur le coup. En même temps, ça donne l'impression de "piétinement" de l'enquête (on peut pas non plus tout résoudre d'un coup hein). N'en reste pas moins qu'elle était passionnante à suivre cette enquête et qu'en terme de mal, on se pose quand même bien là (d'ailleurs, je me demande jusqu'où va aller l'auteur pour le tome trois tant on est bien haut là quand même).

Au final, vous l'aurez compris, j'ai aimé, beaucoup. Il y a encore quelques défauts (je rappelle que la Trilogie du Mal fait partie des premiers livres de Chattam et qu'il faisait ses armes dessus)(et qu'il était alors déjà très bon, il n'y a pas à dire) mais franchement, je ne me suis pas du tout ennuyée avec cette lecture. Entre de bons personnages, une énigme des plus perturbantes, un New York qui change de la carte postale et un style efficace, je ne pouvais de toute façon qu'apprécier. Bref, vivement la suite.

vendredi 27 avril 2018

Comment dresser votre dragon, Harold et les dragons, tome 1, Cressida Cowell

Lundi 30, c'est l'anniversaire de ma fille. Elle va avoir 7 ans et j'avais envie de lui offrir un livre qu'on pourrait lire toutes les deux. Elle est en CP et commence à bien lire, seul problème, mademoiselle n'aime pas ça. Il fallait donc un bouquin qui pourrait l’intéresser. Et quoi de mieux que le livre qui a inspiré l'un des univers dont elle est le plus fan ? (dans l'idée, Dragons, ça fait trois ans que ça dure, et à la maison, ça va des séries aux films en passant par les peluches, les figurines et les tout nouveau playmobil). Mais avant de le lui offrir, fallait bien que maman le lise, non ? (l'excuse totalement bidon, nous sommes d'accord)(oui, le cadeau n'est pas du tout désintéressé, c'est pas la seule fan de la maison)

Comment dresser votre dragon, Harold et les dragons, tome 1, Cressida Cowell

Editeur : Hachette
Collection : /
Année de parution : 2018
Titre en VO : How to train yours dragons
Année de parution en VO : 2003
Nombre de pages : 2010

A lire si :
- Vous voulez un livre jeunesse fantasy qui ne se prend pas la tête
- Vous aimez les dragons et les viking
- Vous voulez rire

A ne pas lire si :
- Vous voulez un copier-coller du film (et un furie nocturne surtout)

Présentation de l'éditeur :

Harold fut sans doute le plus grand Viking que la terre ait jamais porté. Chef de guerre, combattant invincible et expert en sciences naturelles, il était célèbre aux quatre coins du monde barbare. Nul n'ignorait sa capacité extraordinaire à contrôler les reptiles les plus terrifiants. On l'appelait avec respect "celui qui murmure à l'oreille des dragons". Mais, dans son enfance, Harold n'avait pas toujours été aussi doué...

Mon avis

Donc, comme je le disais en introduction, nous sommes, ma fille et moi, de grandes fans de la saga Dragons chez Dreamworks. Mais comme je suis aussi une grande fan de livre, je ne pouvais pas ne pas lire les romans qui ont permis de donner naissance à l'univers des films. Et pour tout vous dire, ça fait parti des romans que j'aurais adoré lire lorsque j'étais enfant.

Dans ce premier tome, nous faisons la connaissance d'Harold, fils du chef viking de la tribu des Hooligans, un petit garçon de dix ans et demi qui n'a pas grand chose à voir avec ce qu'on imagine d'un viking. Le voilà dès le départ qui doit récupérer avec dix autres gamins du village de Beurk son dragon. Or, Harold va récupérer le plus petit dragon possible, un dragon qui n'a même pas de dent. Déjà qu'il est vu comme un incapable par les autres, tout cela ne va pas arranger ses affaires. Surtout qu'attraper le dragon n'était que la première partie de son rite de passage pour devenir un vrai héro viking. Maintenant, va falloir le dresser. Krokmou ne va pas vraiment se laisser faire et surtout, deux énormes dragons vont venir un peu tout gâcher.

J'ai beaucoup mais alors beaucoup aimé découvrir ce Beurk-là. Cressida Cowell réinvente le monde viking pour en faire quelque chose d'un peu absurde (il neige ou il pleut sur Beurk, fait jamais beau par exemple) et en même temps d'assez "vivant" pour qu'on y croit réellement. D'ailleurs, l'absurde et l'humour sont particulièrement présent dans ce roman avec quelques moments un peu plus dramatiques. J'ai régulièrement souris durant ma lecture. Ce qui est généralement un très bon point avec moi. Il faut dire qu'entre les vikings pas toujours très finauds et les frasques de Krokmou, il y a vraiment de quoi passer un très bon moment.

En parlant de Krokmou, j'ai adoré le personnage. Bon, j'ai adoré tous les personnages du roman en fait pour tout dire. Mais alors, le petit dragon est juste trop. C'est une véritable peste qui n'en fait qu'à sa tête avec un caractère de cochon. C'est le genre d’élément perturbateur que j'apprécie beaucoup, assez espiègle tout en étant adorable. Et puis la mise en place de sa relation avec Harold gagne beaucoup grâce au caractère du dragonnet. Un Harold que j'ai particulièrement apprécié du fait qu'il ne soit pas du tout un héros (comme pour le film, vous me direz, mais là, c'est encore plus flagrant je trouve). C'est un garçon banal qui n'a pas vraiment confiance en lui, qui préfère lire et apprendre que crier comme un idiot sur les dragons et les gens. C'est le genre de personnage qui plait beaucoup (et je sais qu'il plaira à ma fille, tout comme Krokmou).

Autre chose de vachement sympa, ce sont les illustrations qui parsèment le livre. Elles sont d'un style assez enfantin et plutôt rigolotes (et surtout, elles ont servi de modèles pour le film, Harold est particulièrement reconnaissable, tout comme le casque de Rustik ou les Terreurs Terribles). On ajoute à ça quelques fiches sur les dragons, une carte de l'archipel et le livre "comment dresser son dragon". 

Au final, j'ai beaucoup aimé. D'accord, si comme moi, on découvre bien après les films (et les deux séries), la différence est assez flagrante et étrange. Les deux ont beaucoup en commun et en même temps très peu (Krokmou est à l'origine un Terreur Terribles quoi). Mais le livre est un très bon roman jeunesse qui devrait plaire à tout le monde. J'espère réellement que ma fille va aimer (parce que je désespère de lui trouver des livres qui lui donnent envie de lire en ce moment). 

lundi 23 avril 2018

Le Deuxième Sexe, tome 1, Simone de Beauvoir

J'ai l'impression que cette année se place sous le signe du féminisme par ici côté essai. Il faut dire que c'est un domaine qui m’intéresse beaucoup (forcément) et sur lequel j'apprécie me documenter. Cette fois, je m'attaque à un des piliers du féminisme dit moderne, le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir.

Le Deuxième Sexe, tome 1, Simone de Beauvoir

Editeur : Folio
Collection : Essais
Année de parution : 1986 pour cette édition (elle a mon âge, c'est marrant) 1949 pour l'original
Nombre de pages : 408

A lire si :
- Vous vous intéressez au féminisme
- Vous appréciez les longs essais

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose de plutôt court et condensé.

Présentation de l'éditeur : 

 Nous commencerons par discuter les points de vue pris sur la femme par la biologie, la psychanalyse, le matérialisme historique. Nous essaierons de montrer ensuite positivement comment la "réalité féminine" s'est constituée, pourquoi la femme a été définie comme l'Autre et quelles en ont été les conséquences du point de vue des hommes. Alors nous décrirons du point de vue des femmes le monde tel qu'il leur est proposé ; et nous pourrons comprendre à quelles difficultés elles se heurtent au moment où, essayant de s'évader de la sphère qui leur a été jusqu'à présent assignée, elles prétendent participer au mitsein humain.

Mon avis

Voilà un petit moment que je voulais lire le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir. Il y a plusieurs raisons à cela. La première c'est bien entendu pour son caractère de texte fondateur du féminisme dit moderne. La seconde, c'est pour ma culture générale. La troisième, parce que j'avais apprécié l'écriture de de Beauvoir sur Mémoire d'une jeune fille rangée. Bref, j'ai commencé le livre en début de mois et j'ai pris mon temps pour le finir. Parce que pour une première partie, il est vachement dense.

Sous titré Les Faits et Mythes, ce premier tome essaie de définir la femme de manière plutôt empirique, je dirais. De Beauvoir tente de répondre à la question "qu'est-ce que la femme". Pour cela, elle va analyser les faits et les mythes qui la définisse depuis le début de l'humanité. Elle va le faire de diverses manières. En premier, elle passera par la biologie, la psychanalitique et le matérialisme historique sans vraiment donner de réponses concrètes. Puis, se sera au tour de l'Histoire elle-même et de la place des femmes à travers les siècles et enfin des mythes, qu'ils soient littéraires ou plus quotidien.

Le Deuxième Sexe est souvent nommé "la bible du féminisme" est à la lecture de cette première partie, on comprend facilement pourquoi. S'il semble que de Beauvoir use de son expérience en tant que femme dans le second tome (qu'il faut que je m'achète...), dans celui-ci, elle redresse le parcours de la femme à travers les temps. Elle met aussi à mal le mythe de "l'éternel féminin" et celui d'une défaite face au patriarcat (puisqu'au final, il n'y a quasi pas eu de matriarcat dans l'histoire). Plus particulièrement, elle va mettre en évidence le fait que l'histoire de la femme ne s'est faite que par l'homme et que c'est pour cette raison qu'elle est ce qu'elle est en 1949 (et de nos jours, parce que cela n'a pas beaucoup changé à vrai dire). 

La première partie (biologie, psychanalyse et matériaslisme) a été un peu compliqué à lire, je dois l'avouer. Manquant de plusieurs points de référence et surtout ne connaissant pas forcément les auteurs, scientifiques et philosophe cités par de Beauvoir. Elle m'a aussi semblé pour le coup un peu trop pleine de généralité, style on enfance des portes ouvertes. Je suppose que c'est surement parce que je ne découvre pas le féminisme et que forcément ce qu'elle énonce, je le connais. Elle reste tout de même particulièrement intéressante surtout lorsqu'on découvre que finalement, l'image de la femme n'a été traité quasiment que par des hommes. S'appuyant sur les dires des dits hommes, de Beauvoir tente de les contredire et y arrive bien souvent. Il n'empêche que rien que dans cette partie, elle a tout dit de la place de la femme dans le monde humain. C'est celle que l'homme veut bien lui faire prendre.

La seconde partie est intéressante aussi puisqu'elle définit la place de la femme dans le monde par rapport à l'histoire. C'est là qu'on se rend compte à quel point les évolutions technologiques et matérielles ont façonnés l'humanité et l'image qu'elle se fait de ses membres. Et déjà dans cette partie historique, on commence à entrevoir les mythes de la femme. A chaque évolution (la cueillette, l’acquisition de la propriété...), le rôle de la femme perd de sa nature presque divine (dans le sens où elle est la terre elle-même, où elle personnifie celle-ci) pour en arriver à la place qu'elle tient au moment de l'écriture de l'essai.

Enfin, la dernière partie est intéressante puisqu'elle parle du mythe même de la femme. Si on peut trouver longue toute la partie sur comment elle est vu par les écrivains, elle n'en reste pas moins la partie qui prouve que l'image de la femme se construit aussi par les arts et par les hommes. Elle choisir des auteurs de son époque (ou du siècle précédent), plutôt connus et surtout lus par pas mal de monde. Elle montre par rapport à leurs œuvres de quelle manière la femme est vue (et à part pour Stendhal, ce n'est pas joli-joli) et comment cela peut donc être vu pour le commun des mortels. On découvre alors qu'il n'y a pas une vision de la femme mais plusieurs et que peu sont bénéfique pour la femme elle-même. Puis, dans un court chapitre, elle passe au mythe plus quotidien. Un chapitre que j'aurais voulu un peu plus long mais qui présage surement de ce que sera la seconde partie.

IL y a beaucoup de chose intéressante dans ce premier tome et d'autre qui le sont un peu moins. Je déplore qu'elle ne parle que de l'occidentale, de la femme française (un peu de l'américaine aussi). Le peu de fois où la femme orientale apparaît, elle est fort peu traitée ou alors pour dire que les orientaux sont pires que les occidentaux (une pointe de racisme chez de Beauvoir ?). Mais même s'il manque la femme orientale ou la femme africaine, ce que de Beauvoir énonce n'en reste pas plus vraie. La Femme est l'Autre, un être dont l'homme a besoin pour se définir mais qu'il ne peut considérer comme son égale jusque là. Il existe bien une séparation entre les deux sexes, dut aux mythes qui les entourent tous deux. D'ailleurs, il est appréciable de voir que dans les derniers chapitres du livre, de Beauvoir annonce bien qu'il en va de même pour l'homme par rapport à la femme. Les deux sont des étrangers qui permettent de se définir entre eux. Il n'en reste pas moins qu'à cause de la vision patriarcale du monde, et cela depuis quasiment le début de l'histoire de l'humanité, la femme semble être en dessous de lui dans la hiérarchie qu'il a lui-même construit. Pourtant, ce n'est au final pas le cas. Mais pour le moment, de Beauvoir ne propose pas vraiment de solution. Elle pose surtout les bases. Des bases que tout le monde devrait connaitre pour un peu mieux comprendre ce qu'il se passe à notre époque, car ce qui était vrai en 1949 l'est toujours en 2018 (malheureusement).

Au final, ce premier tome est un très bon début pour comprendre pourquoi le féminisme existe et pourquoi la femme est oppressée par l'homme depuis des millénaires. Il n'accuse pas vraiment (si ce n'est dans la partie Mythe), il dresse seulement un constat. Un constat que tous devrait lire et sur lequel tous, homme et femme, devraient réfléchir. Rien qu'avec ça, je pense qu'on pourrait pas mal avancer. C'est un essai à lire, que l'on soit femme ou homme, qui fait réfléchir et surtout (et malheureusement dirais-je) qui reste encore d'actualité. 

J'ai hâte de me plonger dans le second tome, même si cela ne sera pas pour de suite. Il faut le temps de digérer la tonne d'information que l'on trouve dans ces 408 pages.

vendredi 13 avril 2018

Dix petits nègres, Agatha Christie

J'ai récupéré il y a quelques temps quelques livres de madame Christie. Je ne l'ai pas lu depuis mon adolescence et j'avoue ne garder que de très très vague souvenir de ses lectures. D'ailleurs, je commence avec un des livres que j'ai lu mais dont je ne me souvenais absolument pas, les Dix petits nègres (qui en plus de ça doit être un des plus connus...).

Dix petits nègres, Agatha Christie

Editeur : Edition du Masque
Collection : /
Année de parution : 2013
Titre en VO : Ten Little Niggers
Année de parution en VO  : 1939
Format :epub

A lire si :
- Vous aimez le mystère
- Vous aimez chercher pendant un long moment qui peut être le tueur

A ne pas lire si :
- Vous voulez des réponses rapides
- Vous n'aimez pas les huis-clos

Présentation de l'éditeur : 

Dix personnes apparemment sans point commun se retrouvent sur l'île du Nègre, invités par un mystérieux M. Owen, malheureusement absent. Un couple de domestiques, récemment engagé, veille au confort des invités. Sur une table du salon, dix statuettes de nègres. Dans les chambres, une comptine racontant l'élimination minutieuse de dix petits nègres. Après le premier repas, une voix mystérieuse s'élève dans la maison, reprochant à chacun un ou plusieurs crimes. Un des convives s'étrangle et meurt, comme la première victime de la comptine. Une statuette disparaît. Et les morts se succèdent, suivant le texte à la lettre. La psychose monte. Le coupable se cache-t-il dans l'île, parmi les convives ?

Mon avis

Je sais avoir lu une première fois Dix petits nègres lorsque je devais avoir dix ou douze ans. Malheureusement pour moi, je ne garde aucun souvenir de cette première lecture. Enfin malheureusement, pas tant que ça, puisque je peux le relire à présent sans savoir qui est le meurtrier, ce qui n'est pas plus mal. En même temps, peut-être que si je m'en souvenais, j'aurais lu le roman d'une autre manière, cherchant les indices pour retrouver sa culpabilité. Bref, je préfère tout de même redécouvrir le roman sans me prendre la tête "comment j'ai pas vu ça la première fois". Mais revenons à nos moutons, où plutôt à nos dix petits nègres.

Huit personnes sont invités à venir passer des vacances sur l'île du Nègre. Elles ne se connaissent pas le moins du monde, ne savent pas réellement qui les a invités. Pire encore, en arrivant sur l'île, leur hôte n'est pas là, seuls s'y trouvent le couple de domestique. Mais dès la première soirée, les vacances tournent court. Un étrange enregistrement leur reproche des crimes. Et tout aussi rapidement, la première des dix personnes sur les lieux meurt dans d'étranges circonstances. Très vite, elle est suivie par d'autres. Pour ne rien arranger, une tempête éclate. La suspicion est à son comble, tout le monde pourrait être le meurtrier. 

Si les Dis petits nègres est un roman hyper connu, je pense vraiment que c'est pour tout l'aspect psychologique de la chose. Autant j'adore chercher des indices sur qui tue qui, autant, ici, j'ai surtout apprécié voir comment les divers personnages se rendent tous complètement parano les uns et les autres. C'est drôlement bien fait, la tension monte à chaque chapitre, chaque nouvel événement. La psychologie des personnages nous est révélée petit à petit de la même manière. On découvre alors ce que la nature humaine peut faire de pire dans ce genre de cas et on se retrouve plutôt proche des archétypes qu'on pourrait trouver dans les récits apocalyptiques de maintenant (la vieille bigote, celui qui veut tout diriger, celui qui vire complètement barge et j'en passe...)(sauf que là, pas d'apocalypse à proprement parler, et ça fonctionne super bien). Mais, en même temps, cela pose le problème du stéréotypes des personnages. Ils sont tous ce qu'ils devraient être sans la moindre petite déviation. C'est un peu dommage, puisque du coup, nous n'avons pas la moindre surprise sur ce qu'ils vont faire. Heureusement que le meurtrier reste secret jusqu'à la fin du roman.

Il est aussi intéressant de voir et de savoir surtout, que madame Christie, bien souvent, ne savait pas qui précisément qui serait le meurtrier au moment où elle commençait son livre (elle devait bien en avoir une idée mais pas complètement en fait). Pourtant, dans ce roman-là, je suppose qu'elle le savait dès le début, voir très rapidement pour pouvoir suivre à la lettre la comptine des dix petits nègres qui rythme les meurtres dans l'île. Au du moins qu'elle devait avoir une petite idée entre certains personnages. Ce qui fait, pour moi du moins, que tout son développement, sa façon de faire avancer son histoire est presque extraordinaire. Pourtant, connaissant la fin, je me rends compte qu'au final, il était plutôt facile de trouver le meurtrier. Les indices étaient bien là, mais tellement absorbé par le mystère et les personnages, je n'ai pas su les voir de suite (et pourtant, sont gros, les indices justement). 

Au final, j'ai pris plaisir à redécouvrir ce roman et à suivre le mystère de l'île au Nègre. Le livre comporte quelques défauts pour moi, les personnages trop stéréotypés et du coup un peu léger, une fin qui enlève tout le mystère (même si j'avoue que j'ai adoré savoir qui est le meurtrier au final) ou encore des passages un peu trop rapide. Il n'en reste pas moins un classique dans le roman policier et un divertissement appréciable. 

mardi 3 avril 2018

Les Hommes-Brouillard, Aude Reco

J'avais envie ce week-end d'une lecture rapide. Comme j'ai quelques nouvelles dans le kindle, je me suis lancée avec celle-ci, récupérée en octobre. 

Les Hommes-Brouillard, Aude Reco

Editeur : Autoédité
Collection : /
Année de parution  2017
Format : AZW

A lire si :
- Vous avez une vingtaine de minutes devant vous
- Vous voulez de la SF douce

A ne pas lire si : 
- Vous voulez une nouvelle qui fait peur

Présentation de l'auteure : 

Une frégate organique volante, une ville désertée et une brume qui empeste l’œuf pourri.
Dans une cité autrefois vivante, le capitaine d’un navire marchand et son lieutenant partent en quête d’une lumière capable d’alimenter une étrange cargaison.

Mon avis

Aude Reco est une auteure hybride, aussi bien édité par voix "classique" qu'autoédité. Si je n'ai pour le moment pas lu un seul de ses textes, je dois bien avouer que ces divers univers m'inspirent assez. Alors, pourquoi ne pas commencer par une nouvelle, histoire de voir si j'accroche avec son écriture.

Les Hommes-Brouillard est une nouvelle de science-fiction plutôt soft. Je veux dire par là que le côté SF est bien présent mais qu'il n'est pas forcément l’élément le plus remarquable de la nouvelle ni le plus envahissant. Il permet de mettre en place l'univers et puis, on pourrait presque l'oublier. C'est quelque chose que j'apprécie, que le genre ne prenne pas toute la place dans la nouvelle, qu'il se fasse un peu oublier pour en venir à l'histoire elle-même. 

Ici, nous suivons Aram, capitaine d'une frégate organique (que j'aurais peut-être voulu voir un peu plus mais format court oblige, l'auteure devait se concentrer sur autre chose) et son lieutenant Nazani. Alors qu'ils arrivent près d'une cité normalement bien vivante, ils découvrent une ville endormie et un étrange brouillard qui pue l’œuf pourri. Tout cela ne dit rien qui vaille au capitaine, surtout qu'il n'est pas là juste pour son bon plaisir. Il a besoin de rencontrer quelqu'un devant lui fournir de quoi alimenter sa cargaison.

Il y a deux choses qui m'ont marqué dans cette nouvelle. La première, c'est la facilité qu'à le lecteur a entré dans l'univers. L'auteure ne perd pas de temps à nous faire une description de celui-ci. On entre directement dans l'action tout en découvrant petit à petit ce qui le compose. Et ce n'est absolument pas déroutant puisque particulièrement bien foutu. Un seul bémol à cela, un paragraphe que j'aurais peut-être voulu un peu plus développé sur la compagne du capitaine et ce qu'elle fait. Mais en même temps, cela fait partie du mystère de la cargaison du navire et puis, comme je le disais, le format court ne permet pas toujours de faire plaisir à tous les lecteurs. La seconde, ce sont les descriptions dans la nouvelle. On se croit vraiment à la suite d'Aram dans cette ville endormie. Elles sont particulièrement vivantes et servent à merveilles le côté très mystère de la nouvelle. 

Mais si j'ai beaucoup aimé, certaines choses m'ont moins plus. Le côté ultra mystérieux de la marchandise, de la mission même d'Aram est mis en avant et pourtant, ce n'est pas l'important dans la nouvelle. Pourquoi le mettre en avant de cette manière si c'est au final pour ne pas en parler ? J'avoue que cela m'a un peu perturbé. Ensuite, il y a la fin de la nouvelle. Je ne saurais trop dire pourquoi mais elle m'a semblé un peu trop facile. Enfin, cela n'enlève rien au fait que j'ai beaucoup aimé ce que j'ai lu.

Pour finir, j'ai apprécié cette petite lecture. J'ai découvert une auteure avec un style plaisant qui n'hésite pas à nous donner de supers descriptions sans en faire trop (sans vouloir m'avancer, je pense que le fait qu'elle écrive aussi du gothique y fait beaucoup). La nouvelle m'a plu, elle est pleine de qualité et j'avoue qu'elle me donne bien envie de m'offrir le recueil dont elle est tirée. Bref, une bonne découverte.