lundi 11 avril 2016

Sans Forme, Une aventure d'Alexia Tarabotti, le Protectorat de l'ombrelle, tome 2, Gail Carriger

En 2013 (oui ça date), je lisais le premier tome du Protectorat de l'Ombrelle. J'avais aimé, plutôt beaucoup même. Et puis, ne trouvant pas les autres tomes chez ma libraire et ayant la flemme de les faire commander, j'avais un peu abandonné. Que cela ne tienne, je reviens à la série, en format numérique cette fois.

Sans Forme, Une aventure d'Alexia Tarabotti, le Protectorat de l'ombrelle, tome 2, Gail Carriger

Editeur : Orbit
Collection : /
Année de parution : 2012
Titre en VO :  The Parasol Protectorate, book 2: Changeless
Année de parution en VO : 2010
Format : epub

A lire si
- Vous voulez une héroine qui n'a pas sa langue dans sa poche
- Vous voulez une aventure dans un chateau écossais

A ne pas lire si :
- Vous voulez beaucoup de transformation de loup-garou
- Vous n'aimez pas avoir beaucoup de scène se passant dans un lit

Présentation de l'éditeur :

Miss Alexia Tarabotti est devenue Lady Alexia Woolsey. Un jour qu'elle se réveille de sa sieste, s'attendant à trouver son époux gentiment endormi à ses côtés comme tout loup-garou qui se respecte, elle le découvre hurlant à s'en faire exploser les poumons. Puis il disparaît sans explication... laissant Alexia seule, aux prises avec un régiment de soldats non-humains, une pléthore de fantômes exorcisés, et une reine Victoria qui n'est point amusée du tout. Mais Alexia est toujours armée de sa fidèle ombrelle et des dernières tendances de la mode, sans oublier un arsenal de civilités cinglantes. Et même quand ses investigations pour retrouver son incontrôlable mari la conduisent en Écosse, le repère des gilets les plus laids du monde, elle est prête !

Mon avis

J'ai une mémoire particulièrement sélective qui fait que je ne me rappelle que de ce que je veux bien. Ca peut être terriblement ennuyeux la plupart du temps. Par contre, pour la lecture, c'est terriblement pratique. Ainsi malgré trois ans sans avoir lu la suite de Sans Âme, je ne me sens absolument pas perdu en commençant le second tome. Pour tout dire, j'apprécierais que cette sélection soit aussi valable pour le reste, ma mémoire n'étant pas des plus pratique dans la vie quotidienne. Bref, assez parlé d'elle, passons au roman.

Sans Forme commence quelques temps après Sans Âme. Alexia a épousé Conall Maccon et s'est installé à Woolsey avec lui. Elle est aussi devenue Muhja de la reine. Sa vie est presque normale entre son métier et sa nouvelle place de femelle Alpha. Mais lorsqu'une étrange épidémie d'humanisation touche Londres, rien ne va plus. Et tout s'accèlère lorsque Lord Maccon doit partir en écosse régler la succession de son ancienne meute qui vient de perdre son alpha. Contre toute attente, elle décide de le suivre, accompagnée d'Ivy, de sa sœur Félicité, de Tunstell, le porte-clé de son époux mais aussi d'Angélique sa bonne et de Mme Lefoux, une française inventrice. Il semblerait que l'épidémie est quelque chose à voir avec la meute écossaise.

Dès le départ, nous retrouvons une Alexia égale à elle-même. C'est un personnage que j'aime beaucoup de part sa franchise parfois trop brute et son sens de la répartie. Elle fait toute la saveur de cette série. Sa nouvelle vie de femme mariée n'a pas du tout changé son caractère ni sa faculté à se mettre dans le pétrin et à se servir de son ombrelle en plus de son intelligence pour s'en sortir. Face à elle, Lord Maccon reste le loup-garou qu'il est, c'est à dire un chef de meute qui ne compte que sur lui pour protéger son petit monde. Cela donne des dialogues délicieux lorsqu'il oublie de prévenir sa femme de certaines choses, comme par exemple, l'installation de militaires garous dans le parc de leur demeure ou un départ en Ecosse... Forcément, elle ne va pas se laisser faire, elle aussi prend finalement à cœur son rôle de femelle Alpha.

L'aventure est passionnante même s'il manque parfois d'un peu d'action. Mais rien que le voyage en dirigeable vaut le coup, sans parler de Kingair Castle, château digne d'un roman gothique. Le fait de ne pas forcément avoir de créatures surnaturelles (du moins de les humaniser) apporte aussi un petit plus. On se concentre sur les personnes plus que sur les pouvoirs. Bon, à vrai dire, depuis le début de la série, Gail Carriger s'attache plus aux caractères de ses personnages qu'à l'action. C'est une chose que j'apprécie, surtout en bit-lit où souvent, on nous sort des personnages un peu fades aux histoires d'amour tout aussi fades et beaucoup d'action pour faire passer le tout. Ici, ce n'est pas le cas, et tous les personnages sont caractérisés (parfois à la limite du stéréotype) et les interactions entre eux sont souvent géniales (Lord Maccon et Sidheag ou encore Alexia et Félicité). C'est vraiment tous ce qui fait le sel de ce tome et qui a fait, en plus d'un mystère plutôt sympathique à résoudre, que j'ai eu du mal à décrocher du roman (et l'humour aussi).

Enfin, il y a aussi toute l'ambiance, très steampunk du livre. C'est quelque chose qui m'avait fort plus dans le premier tome et qui me plait toujours autant dans celui-ci. Les inventions sont particulièrement présente (l'étherographe par exemple, qui tient une grande place) mais aussi le dirigeable (on ne connait pas plus steampunk que ce moyen de locomotion). Ensuite, il y a toute la partie victorienne, surtout vu du côté de la mode et des conventions (et là, ça donne aussi des dialogues fort sympathiques). Bref de quoi me réjouir.

Et puis arrive la fin, dont je me doutais déjà à cause de tous pleins de petits indices glissés ça et là. Une fin qui donne envie de lire direct le tome trois (ce que je me suis retenue de faire, j'avoue, mais qui ne tardera pas)(oui enfin, je mettrais pas trois ans pour lire la suite quoi...). 

Au final, je suis donc ravie d'avoir repris la lecture de cette saga, trop longtemps abandonnée. Je me demande d'ailleurs pourquoi j'ai attendu autant de temps pour m'y remettre.


vendredi 8 avril 2016

Spin, Nina Allan

Cela fait un petit moment que j'ai cette novella dans ma PAL. Il était temps que je la sorte, surtout que ma libraire ne m'en a dit que du bien

Spin, Nina Allan

Editeur : Tristram
Collection : Souple
Année de parution : 2015
Titre en VO : Spin
Année de parution en VO : 2013
Nombre de pages : 85

A lire si :
- Vous voulez un texte court mais pas simpliste
- Vous voulez une réinterprétation d'un mythe

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose de long

Présentation de l'éditeur :

Léila Vargas, la jeune héroïne grecque de Spin, quitte un jour son village natal pour s’établir dans la grande cité moderne d’Atollville. Extraordinairement sensible et douée, Léila excelle dans l’art de la tapisserie et des panoramas. Cette sensibilité, doublée d’une forme aiguë de clairvoyance, lui vient peut-être de sa mère, disparue quand elle était enfant. Dans le tourbillon de la vie citadine, Léila est abordée par une femme, Nashe Crawe, dont le fils Alkandros est frappé d’une maladie mortelle. Elle propose à Léila une importante somme d’argent, persuadée que ses dons lui permettront de « tisser un autre avenir » pour son fils... Réécriture du mythe d'Arachné et Athéna, le récit envoûtant de Spin est aussi une magistrale réflexion sur la création artistique et ses sortilèges.

Mon avis

J'aime bien les novellas, ça permet de lire quelque chose d'un peu plus long qu'une nouvelle sans être un roman, d'entrer dans un univers dans lequel on ne restera finalement pas trop longtemps et surtout de découvrir des auteurs plutôt sympa facilement. C'est donc un format que j'apprécie et dont je ne me lasse pas. Malheureusement, j'en lis finalement très peu, vu qu'on en trouve peu en format papier (et qu'en numérique, j'ai tendance à prendre de gros pavés). Alors, quand ma libraire m'a parlé de Spin (qu'elle m'a carrément mis dans les mains, comme souvent)(je crois qu'elle a compris que je n'arrivais pas à refuser ce genre de bouquin-là), je l'ai pris. 

Spin, c'est l'histoire de Léila Vargas, une jeune femme grecque ayant un don pour la broderie et la tapisserie. Elle quitte son village natal et ses souvenirs pour vivre sa vie à Atollville. Mais le passé la rattrape d'une étrange façon. Nashe Crawe, riche femme d'un tireur d'élite, lui demande d'utiliser ses dons pour sauver son fils en lui tissant un autre avenir. Des dons que Léila rejette et dont elle ne veut pas entendre parler.

La novella reprend le mythe d'Arachné (non je ne spoile pas, c'est quand même écrit dans la quatrième de couverture). Un mythe que je connais peu, je l'avoue. Elle mélange habilement le futur (décors holographique et j'en passe), le présent (les vieilles routes de la Grèce en bus) mais aussi le passé en la présence des Sybilles et des croyances mythologiques. J'ai beaucoup aimé ce mélange d'ailleurs, qui permet de ne pas se sentir trop perdu dès le départ. J'aime aussi que tout ne soit pas complètement moderne ou futuriste, permettant ainsi de bien reconnaître le pays et surtout sa culture. Une culture particulièrement présente dans ce texte puisqu'elle se base carrément dessus.

Les Sybilles, ces femmes capables de prédire l'avenir, ont été durant des années persécutées par le gouvernement. Lorsqu'elles étaient découvertes, elles étaient exécutées. C'est ce qui est arrivé à la mère de Léila, l'héroïne du roman. Elle ne la pas connue, ne sait pas grand chose d'elle et rejette son héritage. Car héritage il y a bien. La jeune femme est particulièrement douée pour la tapisserie et possède une très grande sensibilité, tout cela lui permet d'être plus qu'une simple brodeuse, mais une artiste. Sauf que pour elle, tout cela ne peut pas être du à de probable dons. Ce qu'elle fait est de l'art, juste de l'art. Un art qui n'a rien à voir avec une hypothétique magie. Pourtant, la rencontre avec une vieille femme qui semble avoir connu sa mère puis avec Alkandros, un jeune homme gravement malade va lui faire un peu changer d'avis. L'art, son art, va devenir bien plus que ce qu'il est. La vision sur l'art de l'auteure est particulièrement intéressante, surtout lorsqu'elle fait discourir Léila et Alkandros dessus. Le récit en devient un peu plus philosophique, ce qui personnellement ne me dérange pas du tout.

Mais il n'y a pas que ça de bien dans Spin. Il y a aussi l'écriture de Nina Allan. C'est très poétique, parfait d'ailleurs avec le thème de l'histoire. Si je déplore parfois un trop grand nombre de métaphores (pourtant toujours dans le thème), la musicalité du texte est aussi de l'art (on y revient toujours dans Spin). Le texte rejoint donc le style pour nous immerger un peu plus.

Au final, j'ai donc beaucoup aimé cette novella, simple au départ et qui finalement se révéler plus compliqué que ce que je ne pensais. J'ai adoré redécouvrir le mythe d'Arachné mais j'ai surtout aimé toute la réflexion sur l'art qu'il comporte. Une belle découverte.

mardi 5 avril 2016

La Saga des Favorites, Jean des Cars

Après avoir lu l'histoire des Romanov, je me relance dans l'une des sagas historiques de Jean des Cars. Cette fois, je m'attaque aux favorites, qu'elles soient de France ou d'ailleurs.

La Saga des Favorites, Jean des Cars

Editeur : Pocket
Collection : /
Année de parution : 2015
Nombre de pages : 380

A lire si :
- Vous vous interessez à l'Histoire
- Vous voulez en savoir plus sur ces femmes qui ont fait l'Histoire dans l'ombre

A ne pas lire si :
- Vous ne voulez pas de vulgarisation

Présentation de l'éditeur : 

Après le succès de La Saga des reines, Jean des Cars signe les étincelants portraits des favorites les plus célèbres. Proches du pouvoir, et l'exerçant parfois d'une manière clandestine, elles forment un galant cortège de femmes à qui de grands hommes doivent beaucoup.
Qu’est-ce qu’une favorite ? Le mot, sans doute d’origine italienne, signifie qu’une femme « a les faveurs » d’une personne de haut rang. Elle ne se contente pas d’être une maîtresse, elle dispose de moyens, a une influence politique, économique ou artistique ; elle obtient des résultats, heureux ou calamiteux. Rien ne se fait ou se défait sans elle.
Les égéries retenues par l'auteur ont toute joué un rôle en raison de leur emprise sur un monarque, prince-président, roi, empereur, qu'il soit marié, veuf ou célibataire : Agnès Sorel, Diane de Poitiers, Gabrielle d'Estrées, Louis de la Vallière, la marquise de Montespan, Mme de Maintenon, les soeurs de Nesle, la marquise de Pompadour, Mme du Barry, Zoé du Cayla, Lola Montez, Miss Howard, Katia Dolgorouki, Blanche Delacroix, Magda Lupescu et Wallis Simpson.
Une quinzaine de portraits de femmes qui ont bousculé l'Histoire du monde. Pour le meilleur et pour le pire.

Mon avis

Je ne me lasserais jamais des livres comme celui-ci. J'aime la vulgarisation de l'Histoire autant que j'aime l'Histoire en elle-même. Surtout lorsque cette vulgarisation-là porte sur des femmes dont on entend parler en cours d'Histoire mais sans plus alors qu'elles ont souvent une importance bien plus grande que ce que l'on pense. Les favorites des rois, nous en connaissons quelques unes, surtout les françaises, mais pas toutes. On ne sait pas forcément qu'elle fut leur vie, ni même comment elles sont devenues favorites. On sait ce qu'elles ont pu faire pendant qu'elles occupaient cette fonction, et encore. 

Jean des Cars en a choisi quelques unes, les plus connues, d'autres qui le furent un peu moins, des françaises et des étrangères. Un choix que je trouve intéressant et qui en plus de cela me permet de découvrir un peu d'autres monarchies. On commence avec les favorites des rois de France de la première connue (Agnès Sorel) à la dernière (Zoé du Cayla), puis aux étrangères avec la favorite que ce soit celle du roi de Bavière Ludwig I, de l'empereur Napoléon III, du tsar Alexandre II, du roi de Belgique Leopold II, du roi de Roumanie Carol II ou encore du roi d'Angleterre Edvouard VIII. 

Si l'on découvre toutes ces femmes, leurs vies avant et après avoir attiré la tête couronnée, j'ai eu parfois l'impression que l'on s'attardait bien plus sur leurs royaux amants. Et ce qui devrait être une saga des Favorites devient une saga des rois à maîtresses. Je suis bien d'accord qu'il faut pouvoir les comprendre eux pour comprendre comment elles ont pu devenir si importantes à leurs yeux, mais parfois, c'est trop. On s'éloigne de la favorite, on ne s'interesse plus qu'au roi. D'ailleurs, deux d'entre eux ayant eu plusieurs favorites (Louis XIV et Louis XV), nous avons un "chapitre" sur eux où elles se retrouvent donc mélangées aux autres. Ainsi pour ces deux rois, nous n'avons finalement que peu d'information sur celles qui partageront leurs vies, bien plus sur eux. Mais ce n'est qu'un petit détail.

Comme pour la Saga des Romanov, Jean des Cars fait de sa saga une sorte de petit roman. Il n'hésite pas, en se basant toujours sur divers livres et experts historiques, à romancer ce qu'il écrit. Ainsi, tout ce lit plutôt facilement sans toutefois en oublier l'aspect historique réel. Et il est assez impressionnant de voir que à quel point l'amour n'est pas forcément présent, que les convenances ont eu raison de certaines histoires ou encore que finalement, c'est plus le pouvoir qui intéressait que l'homme, du moins pour certaines. Plus intéressant encore, l'inversion des rôles pour certains où la favorite prend le pas sur son amant (Miss Howard en est le plus bel exemple). 

Au final, malgré le fait que l'auteur s'interesse finalement plus aux têtes couronnées qu'aux favorites sur une bonne partie de sa saga, j'ai aimé me plonger dans toutes ces époques et épopées. C'est définitivement trop court, surtout lorsque vienne s'y mêler guerres ou intrigues mais ça donne un très bel apperçu de toutes ces femmes. Bref, une bonne vulgarisation historique qui donne envie d'en savoir un peu plus sur certaines de ces femmes.

lundi 4 avril 2016

Les Trois Mousquetaires, Alexandre Dumas

Mon envie de classique continue et grâce à Pierre Pevel et à Griffont, je me suis lancée dans les Trois Mousquetaires de Dumas.

Les Trois Mousquetaires, Alexandre Dumas

Editeur : Domaine Public
Collection : /
Année de parution : 1844 pour l'édition d'origine
Format : AZW

A lire si :
- Vous voulez de l'aventure
- Vous voulez une histoire dans l'Histoire
- Vous voulez des personnages haut en couleur

A ne pas lire si :
- Vous voulez un livre sans intrigue
- Vous voulez des beaucoup de personnages féminins

Présentation de l'éditeur : 

Le roman raconte les aventures d'un Gascon désargenté de 18 ans, d'Artagnan, monté à Paris faire carrière afin de devenir mousquetaire. Il se lie d'amitié avec Athos, Porthos et Aramis, mousquetaires du roi Louis XIII. Ces quatre hommes vont s'opposer au premier ministre, le Cardinal de Richelieu et à ses agents, dont la belle et mystérieuse Milady de Winter, pour sauver l'honneur de la reine de France Anne d'Autriche.

Mon avis

Voilà, j'ai trente ans depuis peu et enfin, j'ai lu Les Trois Mousquetaires. Enfin, j'ai lu Dumas. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ? C'est un peu la question que je me suis posée à la fin de ma lecture. Peut-être parce que je croyais connaitre l'histoire (j'ai compté, j'ai vu pas moins de sept adaptations depuis que je suis enfant(films, série, animé...)). Peu-être aussi parce que c'est un classique et que je n'avais pas forcément envie de m'y frotter (vous connaissez ma "peur" des classiques maintenant). Et puis, il y a eu Pevel et son personnage principal du Paris des Merveilles. Bon en fait, il y a eu Pevel tout court. Ca avait commencé avec les Lames du Cardinal, et Griffont est venu refaire venir l'envie de lire ce roman-là (et les deux qui vont après). Et j'ai enfin sauté le pas. J'ai lu les Trois Mousquetaires. Et je voulais plus m'arrêter.

Oui, lecteur, j'ai aimé les Trois Mousquetaires. Comment ne pas apprécier ? Alors oui, il faut passer les quelques cent premières pages qui semblent un peu longues à se mettre en route. J'avoue. L'arrivée de d'Artagnan à Paris est un poil longue. Dumas installe ses personnages, son univers. Il prend son temps pour que le lecteur ne soit pas perdu au fur et à mesure de l'avancement de l'histoire. Et puis, d'un coup, tout s’accélère et nous voilà réellement embarqué dans l'histoire aux multiples aventures. Dès l'histoire des ferrets de la reine, en passant par le siège de la Rochelle puis par Bethune, on suit d'Artagnan et ses amis dans de folles aventures, les uns plus dangereuses que les autres. Ca ne s'arrête pas pour notre plus grand bonheur. Pour le mien surtout avec le mélange d'intrigues politiques, amoureuses, de secrets bien gardés (même si forcément, on les connait), Dumas mélange tout ce que je peux aimer dans un roman. Et cela avec un bon rythme, quelque chose de très théâtral aussi (on comprend mieux pourquoi il y a eu autant d'adaptation). Rien qu'avec cela, il est difficile de s'ennuyer en lisant le roman.

Mais il n'y a pas que cela. Il y a surtout les personnages. Ils sont pour la plupart assez stéréotypés, même beaucoup. En fait, c'est aussi cela qui en fait leur force (j'aurais jamais cru dire ça un jour tiens). Ces stéréotypes sont fait pour que le lecteur reconnaisse de suite le personnage en question, mais aussi pour les rendre finalement plus humain, plus vivant. Tous, que se soient les mousquetaires, d'Artagnan, les valets, les nobles ou les bourgeois, sont fait ainsi. Et on s'attache du coup facilement à notre héros au grand cœur, à ses amis, même le taciturne Athos,  on déteste tout aussi vite Richelieu ou Milady de Winter.  D'ailleurs parlons-en de Milady, seule femme à avoir un vrai rôle dans le roman. J'avais déjà beaucoup aimé son personnage dans les multiples adaptations vues, mais là, je dois dire que j'ai encore plus aimé. Elle est l'incarnation même du mal mais pas que. Elle est l'ancêtre de Cercei Lannister, et même elle lui arrive à la cheville. J'ai aimé ce personnage qui se sert de ce que la nature lui a donné pour parvenir à ses fins sans vouloir utiliser des armes masculines. Bon d'acccord, elle s'en sert pour faire le mal, mais tout de même. Après, il est dommage qu'elle soit le seul personnage féminin intéressant parmi tous ces hommes (Constance est une cruche, il n'y a pas à dire et la reine n'est pas forcément mieux le peu qu'on la voit). 

Enfin, Dumas est un conteur particulièrement bon. Malgré l'âge du roman et les expressions utilisées datant de bien plus longtemps, tout est parfaitement clair, limpide. Comme je le disais, c'est aussi très théatral, très visuel. Les combats se déroulent sans la moindre anicroches (pour le lecteur), les scènes plus calmes aussi. D'ailleurs, il dose très bien les moments forts avec les moments plus calmes, permettant aux lecteurs de reprendre son souffle. Sans parler de son narrateur qui s'immisce dans l'histoire, et devient par la même occasion un autre personnage du livre. Enfin, l'humour est toujours bien présent, chose que j'apprécie beaucoup.

Au final, vous l'aurez compris, j'ai aimé, beaucoup beaucoup beaucoup. J'ai hâte de lire la suite (Vingt ans après et le Vicomte de Bragelonne) et même les autres livres de monsieur Dumas. 



jeudi 31 mars 2016

Le Royaume Immobile, Le Paris des Merveilles, Tome 3, Pierre Pevel

Avant de me plonger uniquement dans mon Kindle pour ce qui est du numérique, il me faut finir les livres sur mon iphone (ben oui, je ne peux pas les transférer sur le kindle, le monde est injuste). Comme il m'en reste une dizaine, j'ai le temps de pouvoir continuer à lire dessus encore un moment. Et le premier livre post-Kindle n'est autre que le troisième tome du Paris des Merveilles de Pevel. Je n'allais tout de même pas le laisser traîner dans son coin.

Le Royaume Immobile, Le Paris des Merveilles, Tome 3, Pierre Pevel

Editeur : Bragelonne
Collection :/
Année de parution : 2015
format : epub

A lire si : 
- Vous voulez un Paris des années 1909 à la touche féerique
- Vous voulez des personnages attachants et hauts en couleur
- Vous voulez une enquête entraînante 

A ne pas lire si ;
- Vous voulez voir plus de fée et autres créatures magiques
- Vous aimez qu'on vous donne toutes les pièces rapidement

Présentation de l'éditeur : 

Alors que tout le monde ne songe qu'aux prochaines élections du Parlement des Fées, Griffont doit aider un ami soupçonné de meurtre. De son côté, Isabel se trouve aux prises avec de dangereux anarchistes venus de l'OutreMonde et décidés à ensanglanter Paris pour se faire entendre. Mais ces deux affaires pourraient bien être liées, et nos deux héros ne tarderont pas à lever le voile sur un secret ancien susceptible d'ébranler le trône d'Ambremer. Un secret que convoite le Reine Noire, jumelle maléfique et ennemie acharnée de la reine des fées.

Mon avis

C'est définitif, je n'aime pas lorsqu'une série se termine. Point. Je n'aime pas ça du tout, encore moins si j'ai aimé les tomes précédents. Et donc, je n'ai pas aimé arriver à la fin de ce tome-ci, juste parce que c'est la fin de la série. 

Ce troisième tome est dans la continuité des deux autres. On retrouve bien entendu le couple Griffont/Isabelle, toujours aussi savoureux. Il n'y a pas à dire, ce sont deux personnages vraiment géniaux qui fonctionnent à merveille. On retrouve des intrigues qui s'imbriquent pour n'en former plus qu'une, un peu du passé d'Isabel et un final fort sympathique. S'y mêle aussi une histoire d'amour contrarié, des duels dignes de Dumas et des élections parlementaires. Des ingrédients qui annoncent une histoire à rebondissement dans laquelle le lecteur va se faire un plaisir de se plonger.

Cette fois, nous commençons par une chose fort simple, la prochaine élection du parlement d'OutreMonde où vont, pour la première fois, être acceptés les humains et les dragons. Forcément, tout cela ne plait pas à tout le monde et un groupe terroriste commence à faire parler de lui. Entre temps, Troisvilles, l'ancien apprenti de Griffont, provoque en duel Dalmas, un mage incarnat pour une raison qu'eux seuls connaissent et Isabel trouve un elfe noir mort dans sa rue. Oui, ça commence à faire beaucoup. Alors quand Dalmas disparaît, que Troisvilles est accusé de l'avoir tué et que la baronne doit enquêter sur l'incarnat, tout s’accélère. Parce que bien sûr, tout est lié, d'une manière ou d'une autre. Et comme nous sommes habitué (enfin comme je suis habituée), j'essaie de tous démêler et j'y suis pas trop mal arrivée d'ailleurs.

Mais l'important surtout dans ce tome, c'est l'histoire d'Isabel. Si elle est restée assez mystérieuse sur son passé durant les deux premiers tomes, ce n'est plus le cas ici. Vous vouliez savoir pourquoi elle est en froid avec Méliane, la reine des fées, vous allez enfin le savoir (et non, je ne vais pas vous le dire). On découvre une autre facette de l'enchanteresse, une facette qui m'a beaucoup plu. 

D'ailleurs, j'ai beaucoup apprécié que Pevel mette vraiment l'accent sur les personnages dans ce tome, plus que dans les deux autres. Ainsi, Troisvilles qui apparaissait à chaque fois en tant que personnage secondaires prend de l'importance et devient centre de l'une des intrigues, nous permettant de mieux le découvrir. Delveccio prend un peu plus de place lui aussi et s'il reste en retrait par rapport aux autres, il n'en est pas moins important. Quant aux ennemis, nous redisons coucou à la Reine Noire, toujours aussi machiavélique ou encore à Crèvecoeur, le crapulard déjà rencontré dans le tome 2. 

Mais, j'aurais un petit bémol à ce dernier tome. Je l'ai trouvé un peu en dessous que les deux autres. Pas de beaucoup, je l'avoue. Peut-être parce qu'habituée, j'ai vu venir ce qu'il pouvait se passer par la suite, peut-être parce que je voulais un final plus explosif ? Je ne sais pas. Il n'en reste pas moins très bon. 

Au final, voilà une série qui s'achève (réellement ? la fin est plutôt ouverte, assez pour ajouter un autre tome derrière par exemple) d'une jolie manière et qui m'aura tenue en haleine un bon moment. Je suis triste de quitter Griffont et Isabel, que j'adore vraiment beaucoup beaucoup et ce Paris des Merveilles. Je me dis qu'heureusement, j'ai encore dans ma PAL un autre Pevel, le premier tome des Hauts-Royaumes et que je retrouverais bientôt l'écriture de l'auteur.



mardi 29 mars 2016

La Machine à Explorer le Temps, H.G Wells

Je lis très rarement les grands classiques de la SF. Dès que j'ai commencé à m’intéresser au genre, j'ai lu les nouveautés, les trucs un peu plus vieux mais pas les classiques en eux-même. Et puis, cette année, j'ai décidé de lire plein de classique, et pas qu'en SF d'ailleurs. Alors autant commencer par l'un des textes un peu fondateur du genre.

La Machine à Explorer le Temps, H.G Wells

Editeur : Folio
Collection : SF
Année de parution : 2002
Titre en VO : The Time Machine
Année de parution en VO : 1895
Nombre de pages : 166

A lire si : 
- Vous voulez un récit de voyage un peu particulier
- Vous voulez un texte plutôt court mais pas forcément facile

A ne pas lire si :
- Vous voulez des grosses machines, des vaisseaux spéciaux, de la technologie de pointe

Présentation de l'éditeur : 

La terre en l'an 8701 avait pourtant toutes les apparences d'un paradis. Les apparences seulement. Car derrière ces jardins magnifiques, ces bosquets somptueux, cet éternel été où les hommes devenus oisifs n'ont à se préoccuper de rien, se cache un horrible secret.
Ainsi témoigne l'explorateur du temps face à des auditeurs incrédules. Depuis la conception de son incroyable machine jusqu'à son voyage au bout de l'Histoire, là où l'humanité s'est scindée en deux. D'un côté les Éloïs, qui vivent en surface, petits êtres gracieux, doux et décérébrés. De l'autre les terribles Morlock qui ont fuit la lumière pour s'enterrer dans un gigantesque et inhospitalier monde souterrain. Un monde où l'explorateur du temps devra s'aventurer s'il souhaite répondre à ses questions, et surtout revenir à son époque.
Inutile d'insister sur le fait qu'il s'agit d'un chef-d'œuvre. Wells demeure avec Jules Verne le grand ancêtre de la science-fiction, celui qui lui a donné ses lettres de noblesse, avec des œuvres aussi importantes que L'Île du Docteur Moreau, L'Homme invisible ou La Guerre des mondes.

Mon avis

Avec les classiques, dans n'importe quel genre, il faut toujours faire très attention. Parce qu'ils sont aimés par des nombreuses personnes, souvent même adulés, il est facile de se dire que "oui, oui, c'est sur, je vais aimer". Encore plus lorsque le thème, ici le voyage dans le temps, semble prometteur. Et puis, parce que c'est un classique, on ouvre le livre avec une certaine appréhension et on commence à le lire presque religieusement. Jusqu'à ce qu'on se rende compte au bout d'un ou deux chapitres qu'on va avoir du mal...

Car oui, lecteur, j'ai eu du mal avec cette machine à explorer le temps. J'ai eu du mal parce que c'est long à se mettre en route, c'est aussi très long une fois que c'est en route. Pas qu'il ne se passe rien. Juste que l'auteur prend son temps, décrit ce futur étrange dans lequel son explorateur du temps se retrouve et de temps à autre place un peu d'action mais pas trop. C'est surtout un texte descriptif que nous avons là. Attention, ce n'est pas un mauvais texte, loin de là. Juste qu'il manque de rythme pour moi et que, comme souvent avec ce genre de roman, je m'attendais à autre chose peut-être. 

Le texte est moderne, surtout pour un texte qui date de 1895. Pas forcément dans son style (quoique), mais dans ses propos. Après tout, la dégénérescence de l'espère humaine, cette idée que les hédonistes finiront en "simplets" et que les ouvriers, relégués dans les profondeurs de la terre prendront d'une manière ou d'une autre le pouvoir est nouvelle à cette époque-là, mais plus maintenant ( c'est là qu'on reconnait un classique). Sans parler du fait que cette anticipation n'est rien de moins qu'une vision de ce qu'il se passe au final à l'époque de son écriture. Une vision pas forcément super sympathique du capitalisme et de ce que cela donnera dans des milliers d'années. Ma vision est pessimiste mais pas non impossible, forcément. C'est ce qui fait l'une des grandes forces du roman. C'est dans ce sens surtout qu'il s'inscrit en science-fiction, et non forcément à cause de son voyage dans le temps (même si).

Et finalement pour moi, le plus gros problème, ça reste donc un narrateur pas forcément ultra sympathique et une narration plutôt longue. Wells n'écrivait pas pour faire un roman d'action plutôt pulp mais plutôt un livre à portée sociale voire même politique. La science fiction n'étant finalement là que pour donner un décors à ce qu'il veut dire. Après, on peut être d'accord ou non avec ses idées, il était quand même sacrement eugéniste le monsieur (sans parler de son penchant pour un socialisme extrême ou le fait qu'il considérait presque les gens du peuple comme des crétins)(la page wiki sur l'auteur est sympathique), il n'empêche que tout cela est écrit de manière fort intéressante.

Au final, j'ai eu donc du mal avec le livre de part sa lenteur même si j'ai apprécié le reste. La vision du futur de l'auteur est intéressante (même si les paysages m'ont semblé pour le coup plus détaillé que le reste parfois), tout comme l'évolution de l'espèce humaine en deux sortes de "races" bien différentes l'une de l'autre selon qu'elle fut sur terre ou sous terre. Je sors donc de ma lecture avec un sentiment d'insatisfaction assez gros et en même temps plutôt contente d'avoir pu enfin lire ce classique là. 

mercredi 23 mars 2016

Dragon, Thomas Day

Ai-je déjà dit que j'aimais beaucoup les écrits de Thomas Day ? Surement, oui. Quand j'ai vu ce petit livre sur les étagères de la librairie, je n'ai pas réfléchi (réfléchi-t-on réellement lorsqu'on prend un livre ?), il a attiré dans mon panier.

Dragon, Thomas Day

Editeur : Le Belial'
Collection : Une heure lumière
Année de parution : 2016
Nombre de pages : 152

A lire si :
- Vous voulez un texte court mais percutant
- Vous ne voulez pas qu'une enquête policière
- Vous aimez la violence à un certain degrés

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose de totalement imprévisible

Présentation de l'éditeur : 

Bangkok. Demain.
Le régime politique vient de changer.
Le dérèglement climatique global a enfanté une mousson qui n’en finit plus.
Dans la mégapole thaïlandaise pour partie inondée, un assassin implacable s’attaque à la facette la plus sordide du tourisme sexuel. Pour le lieutenant Tannhäuser Ruedpokanon, chargé de mettre fin aux agissements de ce qui semble bien être un tueur en série, la chasse à l’homme peut commencer. Mais celui que la presse appelle Dragon, en référence à la carte de visite qu’il laisse sur chacune de ses victimes, est-il seulement un homme ?

Mon avis

Cette année, les éditions Bélial s'offre une nouvelle collection mettant en avant des textes courts. Dragon fait parti des premiers textes de cette collection. Ce genre de roman, qui se lit vite, me plait beaucoup. Même si j'aime les longues séries ou les gros pavés, je ne suis jamais contre un petit roman, surtout si celui-ci est percutant. Bon en plus de ça, je suis fan des couvertures, créée par Aurélien Police (j'aime les illustrations d'Aurélien Police depuis très longtemps). Mais le texte est-il à la hauteur de la couverture et du format, aussi alléchants soient-ils ?

L'histoire se déroule à Bangkok dans un futur plus ou moins proche. Une Bangkok envahit par la mousson où, pour que les touristes aient les pieds au sec, on hésite pas à noyer une partie de la ville. Une Bangkok moite, humide, viciée à l'ambiance sombre. Dans cette ville, un homme s'attaque au tourisme sexuel, plus particulièrement à la pédophilie. Seul, il entre en guerre. Mais pour ne pas entacher un touriste qui renaît, même si c'est le pire de tous, les autorités lancent à ses trousses Tann Ruedpokanon afin de le tuer sans faire de trace, à la thaïlandaise. Commence alors le jeu du chat et de la souris entre le flic et Dragon.

Le livre est percutant. Percutant par sa forme, avec des numéros de chapitre qui ne se suivent pas (le livre peut être lu comme cela, ou par ordre chronologique), une violence toujours présente mais jamais gratuite (c'est souvent le cas avec Thomas Day d'ailleurs, ses textes sont violents, on est bien d'accord, mais pas juste pour l'être, il y a toujours quelque chose derrière) et une enquête bien menée, intéressante à lire. Mais il l'est surtout par son fond. Dragon réveille les consciences, ouvre les yeux sur un fléau dont on ne parle pas forcément souvent dans notre vieille Europe : la prostitution enfantine. Sur ça et sur la manière dont certains ferment les yeux, pour remettre une économie à flot (vaste sujet que le tourisme sexuel, qu'il soit enfantin ou pas). Si Dragon tue les proxénètes et les clients, c'est pour ouvrir les yeux du monde, de tout le monde. C'est pour sauver ces gamins, objets sexuels que l'on drogue ou alcoolisé afin de les rendre plus docile. Alors oui, les méthodes ne sont peut-être pas les bonnes, on ne combat pas le mal par le mal, mais en même temps, dans cette Bangkok futuriste, personne si ce n'est une ONG ne semble vouloir faire quelque chose contre cela. Et du coup, la question se pose quand même (un peu comme dans Daemone où le héros se demande s'il doit réellement devenir un assassin pour retrouver l'être aimé).

Le format de ce texte est donc particulièrement intéressant puisqu'il permet à l'auteur de ne pas appesantir sur certains aspect qui aurait desservi les thèmes. D'ailleurs, il n'y a pas que celui de la prostitution enfantine. On retrouve beaucoup de chose qui font la Thaïlande d'aujourd'hui. Tann, le héros, est à la recherche de liberté mais aussi d'un idéal amoureux en la personne du ladyboy parfait. Ainsi, nous voilà à réfléchir à la question du genre, mais aussi de la tolérance envers ces personnes. En Thaïlande, les transexuels ne sont pas des parias comme ils pourraient l'être chez nous, on dit merci au bouddhisme et au gouvernement qui n'a jamais interdit l'homosexualité d'une manière ou d'une autre (et ça, c'est franchement génial). Tann est vraiment un personnage intéressant, un personnage qui sans forcément être attachant est plutôt proche de pas mal de lecteurs par ses interrogations, ses paroles... Dragon quant à lui, est tout aussi intéressant bien que plus en arrière et plus classique dans sa construction. Il n'en reste pas moins qu'il pose la question du mal pour le mal auquel chacun pourra répondre à sa convenance.

Enfin, un dernier point pour Dragon, c'est son passage petit à petit de quelque chose qui se veut polar futuriste (et finalement surtout polar, parce que le côté futuriste n'est pas vraiment là sauf dans les description de Bangkok) à quelque chose d'un peu plus fantastique. Alors, on peut se demander ce qu'elle fait là mais en fait, je trouve qu'elle va particulièrement bien avec la culture animiste de certains thaï. Et pour tout dire, cela fonctionne très bien avec le reste de l'histoire.

Au final, j'ai beaucoup aimé ce court roman percutant que cela soit grâce au style de Thomas Day, que j'aime depuis le premier livre que j'ai pu lire de lui ou grâce à ses thèmes pas toujours simples. Le texte fonctionne à merveille, avec une petite touche de violence et de sexe jamais gratuite et quelque chose qui ne se veut pas moralisateur, mais "ouvreur d'yeux" (vous la sentez l'expression foireuse parce que je trouve pas le bon mot ?). Un très bon texte.