mardi 19 janvier 2016

Le Fou et l'Assassin, tome 1, Robin Hobb

J'ai attendu longtemps que ce roman sorte en poche. J'ai failli craquer plus d'une fois sur le GF, mais je n'avais pas envie de dépareiller ma collection de l'AR comme j'ai pu le faire avec La Roue du Temps. Et puis, enfin, j'ai craqué, presque le jour de la sortie du poche. J'ai vite fini le livre en cours pour me plonger une nouvelle fois dans les Six-Duché et retrouver Fitz, ce personnage que j'aime tant.

Le Fou et l'Assassin, tome 1, Robin Hobb

Editeur : J'ai lu
Collection : Fantasy
Année de parution : 2016
Titre en VO : Fitz and the Fool, book 1, Fool's Assassin
Année de parution en VO : 2014
Nombre de pages : 414

A lire si :
- Vous avez lu et aimé les deux premiers cycles de l'Assassin Royal
- Vous voulez des mystères
- Vous aimez Fitz

A ne pas lire si :
- Vous avez du mal avec les héros qui s’apitoient  un peu trop sur leur sort...
- Vous voulez de grands voyages

Présentation de l'éditeur : 

Fitz, l'assassin royal, est à la retraite et coule des jours paisibles, entouré de sa femme Molly et de ses enfants. Un soir, trois inconnus se présentent en se disant ménestrels puis s'enfuient dans une tempête de neige, tandis qu'une messagère disparaît soudainement sans avoir remis son message à Fitz. Quinze ans plus tard, Fitz se désole de n'avoir aucune nouvelle du Fou...

Mon avis

Le dernier tome du second cycle de l'Assassin Royal était paru en 2006 en France, nous laissant triste de ne pouvoir continuer à suivre Fitz et les siens. Pourtant, Robin Hobb avait laissé les fans en attende, disant qu'il était possible qu'elle revienne dans cet univers. Elle l'a fait une première fois, côté Aventuriers de la Mer avec La cité des Anciens (il faut savoir que les ADLM se lisent entre les deux cycles de l'AR si on ne veut pas se spoiler sur les ADLM), mais toujours rien du côté des Six-Duchés. J'en étais venue à croire qu'elle n'y reviendrait pas. Mais c'était mal la connaitre, elle qui aime tant Fitz. Et voilà, en 2014, sort enfin le début du troisième cycle, et cette année, la première partie du tome 1 VO en poche. J'étais joie lorsque je l'ai appris. Un peu moins lorsque j'ai compris, rapidement, qu'en France, on allait encore nous offrir ce tome VO en deux tomes VF... Je déteste cette façon de faire. Il faudrait peut-être voir à arrêter de prendre le lecteur français pour des vaches à lait. L'argent est peut-être le nerf de la guerre, mais je pense que Pygmalion et J'ai Lu, de grandes maisons d'édition, ne sont pas à quelques euros près. Car pour moi, tout cela n'est qu'une question de sous, s'en prendre en compte le lecteur en considération et j'avoue que cela m'ennuie. Bon, pas au point d'attendre encore un an ou deux pour lire ce début de cycle. Malheureusement lorsqu'on est fan, on ne se refait pas... Il n'empêche donc que je râle tout de même beaucoup sur ce choix éditorial... Je pourrais d'ailleurs en parler durant des heures et des heures, mais là n'est pas le sujet de cette chronique, n'est-ce pas. 

A partir de maintenant, attention, lecteur, il risque fortement d'y avoir des spoilers.

Pas mal d'année ont passé entre Adieux et Retrouvailles, dernier tome du second cycle et ce premier tome du troisième. Fitz a finalement épousé Molly, s'est installé avec elle à Flétrybois et semble couler des jours heureux loin de Castelfer et de ses intrigues politiques. Pourtant, il faut croire que le destin aime s'acharner sur lui. S'il ne veut plus des intrigues et des mystères politiques, ceux-ci se rappellent régulièrement à lui. Et cela s'en parlait de sa vie personnelle où Molly vieillit et pire semble petit à petit perdre la tête. Effectivement, elle va se penser enceinte durant presque deux ans pour finalement accoucher d'une minuscule fillette. 

Je l'ai dit, je le redis, le retour de Fitz m'a beaucoup plu. Parce que le personnage et l'univers autours a été un coup de coeur à la lecture de l'Assassin Royal et que jusqu'à maintenant, peu de saga fantasy m'ont fait cet effet (si ce n'est La Roue du Temps bien sur, Fils de Brume de Sanderson ou l'Ange de la nuit de Weeks). J'ai toujours eu beaucoup de tendresse pour lui, malgré ses défauts et les quelques défauts que je trouve aux deux premiers cycle. C'est vraiment un personnage qui se révèle très humain, plutôt torturé (mais ça c'est aussi parce qu'il le veut bien) mais surtout très attachant (et cela depuis le tout début). Parfois tête à claque, il n'en reste pas moins un héros agréable à suivre. Surement parce que pour beaucoup, on le connait depuis son enfance. Mais il n'y a pas que lui. D'anciens personnages sont présent, Molly, bien sûr, mais aussi Umbre ou encore Kettricken et Devoir et aussi Ortie, la fille de Fitz et Molly qu'on a appris à connaitre durant le second cycle. Si certains ne font qu'une apparition, parfois un peu plus, je suis ravie de découvrir ce qu'a pu devenir Ortie ainsi que les autres enfants de Molly. Le grand absent physiquement reste le Fou, mais je ne me fais pas de soucis pour lui. Quant à Oeil de Nuit dont je pleure toujours la mort, il reste lui aussi très présent. Pour les nouveaux, je dois bien dire que j'apprécie déjà la petite Abeille, seconde fille de Fitz et Molly et qu'il me tarde d'en découvrir plus sur elle, tout comme sur un autre personnage qui devrait être plus présent dans le tome 2. 

Au niveau de l'histoire, je dois dire qu'on est plutôt bien servi là aussi. Même si Fitz reste à Flétrybois la plupart du temps, on ne reste pas bien loin des intrigues de Castelfer. Sans parler du fait que même à Flétrybois, il se passe pas mal de chose. Si pour le moment, c'est plutôt une partie "introduction" (nouveau cycle, nouveaux personnages, nouvelles intrigues), Robin Hobb arrive à nous embarquer dès les premières pages. Mais le découpage VF (oui, j'y reviens) fait que l'intrigue est coupée sûrement au plus mauvais moment et que forcément, on ne comprend pas tout ce qu'il peut se passer (l'histoire de la messagère par exemple me semble être plus importante que ce qu'elle ne pourrait du coup). Oui, je n'ai pas fini de râler sur ces histoires de découpages....

Et au final, me revoilà prise dans les aventures de Fitz sans même m'en rendre compte. D'ailleurs, j'ai comme une envie de reprendre les deux premiers cycles (et peut-être même les ADLM tant qu'à faire)(mais j'ai déjà tellement de livres à lire...). Je dois avouer que j'avais un peu peur de ce que ce cycle donnerait. La peur de reprendre le même schéma que le premier ou le second, de ne pas avoir quelque chose de totalement neuf, en fait. Finalement, même si le schéma ne différent pas forcément des autres cycles, on est agréable surpris par la tournure que semble prendre les choses.

Pour conclure, je n'aurais qu'une chose à dire, vivement que J'ai lu sorte la suite !

samedi 16 janvier 2016

Le Guide de Madame Chaix, Terry Pratchett

Ce livre m'a fait de l'oeil à cause de sa jolie couverture imitant les vieux carnets mais surtout parce qu'il fait parti des ajouts au Disque Monde. Tout le monde le sait, j'adore, que dis-je, j'aime, le Disque Monde et je ne peux donc pas résister.

Le Guide de Madame Chaix, Terry Pratchett

Editeur : L'atalante
Collection : La Dentelle du Cygne
Année de parution : 2015
Titre en VO : Mrs Bradshaw’s Handbook
Année de parution en VO : 2014
Nombre de pages  : 144

Présentation de l'éditeur :

Publié avec l'approbation de M. Moite von Lipwig, directeur du Chemin de fer d'Ankh-Morpork et des plaines de Sto, voici le précieux.Guide illustré du chemin de fer de Mme Napoléonie Chaix. Au siècle de l'Anchois, avec le développement foudroyant du chemin de fer, il est désormais possible de voyager confortablement d'Ankh-Morpork à la cité de Quirm, à travers les plaines de Sto vers Gros-Chou et, au-delà, l'antique Zemphis, jusqu'à l'exotique Ohulan Cutash sur les contreforts des montagnes du Bélier. Au cours de vos périples, ce guide sera votre indispensable compagnon. Depuis les préparatifs du voyage et les informations pratiques quant aux usages du chemin de fer, il vous aidera à découvrir de nouvelles contrées, des paysages fascinants et des curiosités locales rarement dangereuses. Mœurs, traditions, artisanat, pratiques culinaires, spécialités pittoresques, tout au long d'itinéraires commentés et saupoudrés d'anecdotes, il vous conseillera aussi sur les commodités d'hébergement et de restauration pour toutes espèces de toutes tailles.

Mon avis

Il existe un certain nombre de livre hors roman qui traite du Disque Monde. L'univers de Sir Pratchett étant extrêmement large et surtout documenté dans les romans que l'auteur avec l'aide de quelques autres personnes, a écrit des encyclopédies, des livres de cuisines ou autres. Le Guide de Mme Chaix fait donc partie de cette collection d'ouvrage qui permet de s'aventurer un peu plus dans l'univers. Il vaut d'ailleurs mieux le lire en ayant au moins une petite connaissance du Disque Monde, ou mieux, en après avoir avoir lu Déraillé (Ce que je je n'ai pas encore fait, bien sur...). Ce n'est donc pas un bouquin à mettre entre les mains d'un novice. Attention aussi si vous voulez y retrouver l'humour des romans classiques du Disque Monde, il n'y est pas aussi présent.

Mme Chaix, veuve de son état, ancienne élève de l'école pour jeune fille de Quirm, s'est prise de passion pour le cheval de fer. Elle nous livre donc dans son guide, qui semble d'ailleurs être une commande de Chemin de Fer Hygiénique d'Ankh-Morpok et des plaines de Sto (le CFHAM-PS) pour voyager avec le train. Ainsi, elle va suivre les principaux trajets que celui-ci nous offre, allant d'Ankh-Morpok à Quirm puis à nouveau d'Ankh-Morpok aux montagnes du Bélier, en passant par les plaines de Sto. Elle va nous décrire alors les diverses gares, les villes traversées, le chemin pour y aller, le tout avec quelques conseils utiles pour ceux qui n'ont pas encore pris le train.

Forcément, le guide peut ne pas plaire. Il est assez répétitif, mais il faut dire que le décors pourrait l'être aussi avec ses champs de choux à perde de vue, où ces villages qui semblent tous être pareil. Oui, de temps en temps, on s'ennuie à la lecture de ce guide. Heureusement, il y a quelques moments bien sympathiques, comme les étranges fêtes qui peuvent être données dans les villages ou villes, ou encore des particularités des habitants ou même de certains voyageurs. Et puis les illustrations du guide sont pleines de détails amusants, tout comme les quelques affiches qu'ajoute Mme Chaix à ses propos. Il en va de même pour les noms des villes et villages, souvent à base de jeux de mots.

Pourtant, il manque quelque chose au Guide. Il lui manque vraiment l'humour Pratchett, celui auquel nous sommes habitués. Mme Chaix n'est pas forcément amusante, et même si les choux offrent des moments de sourire (non pas de rire) grâce à leur grande variété, je n'ai pas vraiment souris ou ris durant ma lecture, pourtant instructive sur le Disque Monde. C'est vraiment là un point qui me gêne un peu, parce que du coup, je reconnais moins la patte Pratchett. 

Au final, c'est un petit livre sur l'univers du Disque Monde qui peut être intéressant mais pour qui il manque trop de "Pratchett" dedans. Il n'en reste pas moins qu'il est intéressant pour les amateurs de l'univers qui veulent se plonger dedans. Bref, une lecture en demie-teinte pour moi.

lundi 11 janvier 2016

Leviatemps, Le Diptyque du temps, Tome 1, Maxime Chattam

J'ai toujours dit que le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire était le plus vieux livre de ma PAL, ben en fait non. Le plus vieux, c'est Léviatemps. En fait, il est resté deux ans chez ma mère, le temps qu'elle le lise et que je me souvienne le lui avoir prêté... C'est aussi, pour le coup, mon premier Chattam (alors qu'elle en a lu d'autre, elle).

Leviatemps, Le Diptyque du temps, Tome 1, Maxime Chattam

Editeur : Pocket
Collection : Thriller
Année de parution : 2012
Nombre de pages 570

A lire si : 
- Vous voulez un livre qui mêle thriller, fantastique (un peu) et historique
- Vous voulez des personnages plutôt complexes mais tant que ça au final

A ne pas lire si :
- Vous voulez beaucoup de sang, de bagarre, d'horreur
- Vous voulez vraiment voir l'exposition universelle de 1900

Présentation de l'éditeur : 

Paris, 1900. L'Exposition universelle bat son plein. Mais loin des artères lumineuses, au cœur de la ville, c'est un sang noir qui bat au diapason. Et coule inexorablement, au rythme des crimes commis par un tueur... diabolique. Plusieurs filles de joie, déjà, en ont été victimes. Choqué par l'immobilisme de la police, l'écrivain Guy de Timée arpente les rues sordides, et même les égouts, dans sa traque insensée du monstre. Chaque minute compte... et tue. 

Mon avis

Je connaissais les livres de Maxime Chattam de réputation. Ma maman en lisant quelques-uns et me disant toujours qu'ils étaient très bien. Sauf que moi, à ce moment-là, j'avais plutôt tendance à ne pas lire de thriller. Ce n'est que lorsque l'envie m'en pris que je m'achetais Léviatemps qui attérit presque directement chez elle... Mauvais calcul pour la peine, il y resta un long long moment avant que, ne faisant le tri chez elle, je me souvienne de lui. Le problème d'avoir trop de livres dans sa PAL... Bref, j'ai enfin fini par le lire, rapidement qui plus est (le fait d'avoir le premier tome du fou et de l'assassin de mme Hobb dans mes étagères aidant aussi). 

Maxime Chattam nous entraîne donc dans le Paris du début du vingtième siècle, au moment de l'exposition universelle. On suit alors Guy de Timée, romancier qui s'est enfuie de chez lui dans l'espoir de réussir à remonter la barre et d'écrire son grand roman policier. Il a élu domicile au Boudoir de soi; une maison close. Là, il semble vivre une vie presque tranquille jusqu'à ce que l'une des filles ne soit retrouvée assassinée devant la porte du lupanar. Comme la police ne semble ne rien vouloir faire, lui, Faustine, une autre courtisane et Martial Perotti, un jeune inspecteur amoureux de la victime, vont mener leur propre enquête. Celle-ci va les mener à découvrir le pire de l'homme mais aussi de la capitale.

Je dois avouer que rien que pour l'exposition universelle de 1900, j'avais envie de lire ce bouquin. Mais l'action ne se déroule pas que dans l'exposition et la découverte d'un autre Paris, plus crasseux, plus noir, ne m'a pas déplu, loin de la même. J'ai apprécié que l'on ne voit pas que les beaux quartiers (on les voit très peu d'ailleurs, au final), mais plutôt les rues et les quartiers loin des guides touristiques. Il en va de même pour les personnages. Ici pas de bourgeois, de personnes riches, à la place un panel de courtisane, un écrivain, un jeune inspecteur de police, des gagne-misères, bref, une fois encore on est loin de ce que Paris et les autorités voulaient montrer lors de cette année 1900. Et c'est là tout le charme du roman, voir ce que la plupart des personnes n'auraient surement pas vu à l'époque (disons plutôt, ne pas jouer au touriste du temps, quoi).

Et puis, il y a l'enquête en elle-même. Non parce que dans un thriller, si l'enquête est nulle, le background peut être génial, les personnages aussi, le roman perd beaucoup d’intérêt (tout comme si je comprends trop vite après qui on court). Or, là, j'ai apprécié le parallèle entre l'enquête et la recherche du roman parfait de Guy de Timée, encore plus lorsqu'il compare l'analyse du tueur à celle d'un futur personnage. J'ai aussi grandement apprécié les moments où lui, Faustine et Perotti déduisent de leurs découvertes la personnalité d'Hubris (le tueur donc). En plus de cela, Maxime Chattam se sert des débuts de la police scientifique et des techniques qu'elle peut utiliser (datation par rapport aux larves d'insectes, graphologie, étude de la personnalité par rapport à la symbolique)(que des choses franchement intéressantes). Au final, cela nous permet de rentrer réellement dans l'enquête, de toujours vouloir en savoir plus sur Hubris. Et tout comme Guy, nous voilà à être obsédé par cette personne, ce mal incarné.

Enfin, l'écriture de l'auteur. Il ne fait pas dans les grandes envolées lyriques, a un style pas quelconque mais presque au niveau de la construction de ses phrases et de son roman. En fait, niveau style, il pourrait presque ne pas se démarquer et pourtant... Pourtant, il entraîne rapidement, quelques effets de style, des introductions de chapitre assez sympa, des fins qui donnent envie de lire le suivant et surtout, une manière de décortiquer le personnage ou le lieux qui donne vraiment envie d'en savoir plus. Comme quoi, il n'y a pas besoin de faire compliquer pour réussir à attraper le lecteur. 

Au final, c'est une découverte qui m'a plu. L'intrigue est bien menée, les personnages sont intéressants et ce décors exceptionnel. Sans parler du mélange entre le thriller, l'historique mais aussi le fantastique, présent mais pas trop. Autant le dire, je vais surement pousser un peu plus ma découverte des romans de Chattam.

dimanche 10 janvier 2016

Le Journal de Frankie Pratt, Caroline Preston

La couverture de ce livre m'a intrigué à la librairie. Il m'a encore plus intrigué lorsque je l'ai un peu feuilleté. Forcément, il n'en fallait pas plus.

Le Journal de Frankie Pratt, Caroline Preston

Editeur : Pocket
Collection : /
Année de parution : 2015
Titre en VO : The Scrapbook of Frankie Pratt
Année de parution En VO : 2011
Nombre de pages : 233

A lire si :
- Vous voulez vous immergé dans les année 1920
- Vous voulez un journal intime original par sa composition

A ne pas lire si :
- Vous voulez beaucoup d'écrit.

Présentation de l'éditeur : 

1920. Frankie Pratt a 18 ans. Elève prometteuse, lectrice avertie, la jeune fille rêve de devenir écrivain. Avec une machine à écrire Corona et une fantaisie d'archiviste, elle se lance dans le récit de ses aventures sous forme de scrapbook. Tour à tour étudiante, danseuse de charleston amateur, rédactrice de potins à grands tirages, amoureuse éperdue de mauvais garçons, elle nous entraine dans son sillage, du New York de la prohibition au Paris des années folles.

Mon avis

Frankie Pratt reçoit de sa mère un carnet de scrapbook alors qu'elle a 17 ans. Elle se met en tête d'y écrire son journal intime à l'aide de la Corona de son père décédé. Nous voilà donc à la suivre dans sa vie de tous les jours, une vie qui aurait pu être calme si Frankie avait été moins curieuse et moins passionnée. Or ce n'est pas le cas, et rapidement, il va lui arriver un petit paquet d'aventure, nous plongeant ainsi dans les années 1920, le journal commençant en 1920 et finissant vers 1928. 

Si la partie "littéraire" se lit rapidement et reste parfois beaucoup trop évasive sur ce qu'elle peut vivre, si elle est parfois imparfaite (mais reste toujours dans l'optique d'un journal intime, ce qui ne rend cela que meilleur au final), la partie scrapbook, les collages et images, est la plus interessante (pour moi en tout cas). L'auteure a réuni beaucoup de pièces de cette époque pour pouvoir illustrer parfaitement son histoire (elle parle d'environ 300 vendeurs ebay tout de même). 

Je dois dire que j'ai beaucoup apprécié pouvoir regarder tout cela, vu comme j'apprécie pouvoir me plonger dans une époque comme celle-ci. On retrouve dans le livre beaucoup de petite chose de la vie domestique, surtout lorsque Frankie est encore lycéenne ou étudiante (en fait, dès qu'il n'y a pas d'homme dans sa vie). Sans parler du Paris des années 1920, de la librairie Shakespeare and co ou encore des bars et café pour expatriés. Je dois dire que Caroline Preston a vraiment fait un boulot de dingue et que cela se ressent vraiment, que se soit dans la vie de Frankie ou dans celle des personnes qu'elle va rencontrer. 

On croise un certain nombre de personnalités, la famille Wolf, dont la fille va la prendre sous son aile pour un temps et le fils va devenir son confident, Lorraine, l'aventurière qui épousera un prince russe ou encore James Pingree, le premier amour de Frankie, un homme marié et plus vieux qu'elle. Tout ce petit monde permet aussi de mieux comprendre les moeurs de l'époque. 

Au final, c'est un roman graphique vraiment très très sympathique, et particulièrement immergeant. Il se lit rapidement (quelques heures, deux à trois) mais se regarde longuement. Il y a toujours des détails à découvrir. Bref, une très belle découverte.

lundi 4 janvier 2016

Orgueil et Préjugés, Jane Austen

Le premier roman de 2016 est donc pour moi un classique. Je commence donc plutôt pas mal cette année, surtout que je l'ai lu rapidement. Mais faut dire que Austen, ça se lit vite tellement c'est prenant.

Orgueil et Préjugés, Jane Austen

Editeur : Folio
Collection : Classique
Année de parution : 2007 pour cette édition
Titre en VO : Bride and Préjudice
Année de parution en VO : 1813
Nombre de pages : 480

A lire si :
- Vous aimez les romances dites classiques
- Vous aimez les histoires dans les histoires
- Vous aimez l'angleterre du 18ème

A ne pas lire si :
- Vous voulez de la romance "moderne"
- Vous voulez beaucoup d'action

Présentation de l'éditeur : 

Orgueil et préjugés est le plus connu des six romans achevés de Jane Austen. Son histoire, sa question, est en apparence celle d'un mariage: l'héroïne, la vive et ironique Elizabeth Bennett qui n'est pas riche, aimera-t-elle le héros, le riche et orgueilleux Darcy ? Si oui, en sera-t-elle aimée ? Si oui encore, l'épousera-t-elle ? Mais il apparaît clairement qu'il n'y a en fait qu'un héros qui est l'héroïne, et que c'est par elle, en elle et pour elle que tout se passe.

Mon avis

Après ma lecture de Raison et Sentiments en mai dernier, je languissais de retrouver Jane Austen avec ce qui doit être son roman le plus connu. Je partais sans aucun ressentiment d'aucune sorte pour ce livre, n'ayant vu aucune des diverses adaptations ayant été réalisées (chose que je risque fortement de faire dans des temps futurs). Je m'attendais donc à maintes et maintes choses, surtout venant de Darcy, cet homme qui a fait s'émouvoir un nombre impressionnant de lectrices. Quant est-il donc ?

Orgueil et Préjugés nous amène à la suite d'Elisabeth Bennet et de sa famille. L'arrivée en ville d'un jeune homme, M. Bingley et de son ami M. Darcy met toute la communauté en émois. Sans parler de celle de la milice. Rapidement, Jane, l’aînée des Bennet attire l'attention de Bingley, tandis qu'Elisabeth voit en son ami un homme peu digne de confiance à l'orgueil un peu trop exacerbé. L'histoire va donc se porter sur les deux sœurs et leur relation, mais pas que. Le livre comporte plusieurs intrigues secondaires qui sont toutes aussi intéressantes.

Comme pour son premier roman, Austen nous dresse le portrait d'une Angleterre rurale bourgeoise. Certains médisant racontent qu'elle ne connait que cela et donc ne peut pas écrire sur autre chose. Parait même qu'elle manquait d'imagination... Je crois plutôt qu'elle écrivait sur ce qu'elle connaissait bien et que cela fait la force de ses romans. Car, Austen joue avec les travers de son époque et le fait parfaitement à mon gout. Ici, elle nous parle de ces premières impressions (qui a d'ailleurs été le premier titre du roman) qui peuvent parfois être particulièrement mauvaises et donner mauvaises opinion sur une personne. C'est ainsi que Lizzy voit en Darcy un véritable goujat ou que Darcy voit en la famille Bennet et donc en Lizzy elle-même, des gens plutôt vulgaire (mais quand on voit mme Bennet et ses deux plus jeunes filles, on comprend parfaitement le côté vulgaire de certaines...).  Mais il faut passer outre cela pour découvrir les personnages tels qu'ils sont réellement et c'est là le plus intéressant du livre, leur évolution (bien plus que de savoir si Lizzy et Darcy vont finir marier ou  non).

Niveau personnages, nous en avons un certain nombre et je dois dire qu'Austen m'a bien faire rire avec pas mal d'entre eux. Si Lizzy et Darcy sont interessants par leur évolution, les autres apportent un côté assez humoristique aux récits (Collins est juste énorme, je trouve)(Lady Catherine aussi dans son genre). Je trouve juste dommage que sur les cinq soeurs Bennet, finalement nous ne nous en voyons réellement que trois (j'avais le même sentiment sur Raison et Sentiment) et qu'on ne voit pas assez les Gardiner qui me semblent être plus interessants que les parents Bennet. Mais je suppose qu'il fallait faire un choix.

En plus de cela, Austen garde la même fraîcheur que pour son premier roman. Elle garde aussi tout son humour et son ironie, n'hésitant pas d'ailleurs à parodier quelques auteurs ou style bien connus de l'époque et qu'elle semble soit apprécié soit ne pas du tout aimer. Elle fait de même avec ses personnages, les tournant facilement en dérision, pour notre plus grand bonheur. Elle se permet aussi, avec Lizzy, un début de féminisme, ce qui pour l'époque était plutôt rare vu que la femme était à l'époque particulièrement soumise à son mari ou à son père. De plus, le discours indirect libre nous offre une nouvelle fois une intrigue où le lecteur en sait plus que les personnages et me fait m'écrier à chaque fois (parce que nous on sait, mais que Lizzy ne voit rien, elle), ce qui ajoute forcément à l'ironie du récit et à la parodie de certaines oeuvres.

Au final, j'ai pris grand plaisir à lire Orgueil et Préjugés et j'avoue comprendre pourquoi il est tant apprécié. Même si j'avoue ne pas avoir été forcément ultra touché par Darcy (mais avoir apprécié son côté sombre, à savoir Wickham)(tout comme Lydia est celui de Lizzy d'ailleurs) ou par Elisabeth (je vais me faire des ennemis, je sens), j'ai aimé ma lecture de leur histoire et de toutes celles qui se retrouve à la croisée.

samedi 2 janvier 2016

A ton nom, Damien Saez

Le premier livre de l'année, et mon âme de fangirl crie tout ce qu'elle sait. Je suis tombée sur le livre, trop court, à la librairie la semaine dernière, je n'ai pas pu m'empêcher de le prendre (depuis le temps que je le cherchais). Je suis retombée en adolescence à sa lecture. 

A ton nom, Damien Saez

Editeur : Actes Sud
Collection : le souffle de l'esprit
Année de parution : 2001
Nombre de pages : 53

A lire si : 
- Vous aimez Saez

A ne pas lire si :
- Vous ne l'aimez pas

Présentation de l'éditeur : 

En moins d'un an, avec un seul et premier album vendu à plus de deux millions d'exemplaires, Damien Saez - vingt-quatre ans, auteur, compositeur, chanteur du groupe Saez - est devenu l'une des voix les plus écoutés des adolescents. Ses textes se font écho de la solitude et de la révolte de toute une génération privée d'idéologie et de rêves.
Ce livre de Damien Saez contient les paroles inédites de quelqu'unes des chansons de son prochain album (note de moi : il s'agit des textes de God Bless, son second album sorti en 2002).

Mon avis

Comme je le disais en introduction, ce n'est pas l'auteure impartiale du blog qui va parler aujourd'hui, mais l'adolescente et l'adulte qu'elle est devenue et qui connait par coeur les textes de Saez. En 1999, à la sortie de Jeune et Con, son premier album, j'avais treize ans, mal dans ma peau, mal dans ma tête.  Forcément, il m'a parlé. J'ai depuis, continué à suivre ce qu'il a pu écrire, chanter, je suis allée le voir en concert, je suis capable de chanter ses quatre premiers albums sans le moindre problème... S'il reste un chanteur de ma jeunesse, c'est bien lui. Je continue encore à l'écouter, au moins un album par semaine. C'est marrant parce que de mes chanteurs de jeunesse, ne reste finalement que lui. Vous comprendrez donc que je ne vais pas être objective.

Le petit recueil se compose d'une partie de ses premières chansons. Elles n'y sont pas toutes, et ce sont les plus engagées. Forcément, il en manque que j'adore plus que tout. L'autre partie, fort courte au final, est une espèce d'autobiographie/pensée sur ce qu'il pensait en 2001, sur le monde qui nous entourait et nous entoure encore d'ailleurs. C'est assez noir, il n'a jamais eu une vision agréable de ce qui nous entoure. Cela pourrait déplaire, tout comme ses textes. Mais personne n'est parfait.

La partie chanson regroupe donc douze textes. En 2001, année de la sortie du recueil, quatre d'entre elles étaient déjà sorties dans Jeune et Con (d'ailleurs, Jeune et Con n'est pas entière dans le recueil), les huit autres étaient donc inédites. C'est marrant, certaines n'avaient pas le même nom que dans God Bless (Solutions était entre l'Union par exemple). J'ai lu toutes les chansons avec les airs dans la tête, en fredonnant d'ailleurs certaines (ce qui a le don d'agacer Chéri, pourtant aussi fan que moi). Comme je le disais, ce sont les textes engagés que l'on retrouve. Je regrette forcément la non apparition d'autres (Jours Etranges, Montée la-haut, Allélujah, No place for us, Je veux qu'on baise sur ma tombe, St Petersbourg) mais je comprends aussi le choix éditorial et surtout la place de celle-ci par rapport aux petits textes autobiographiques/pensées qu'elles entourent. Je pense aussi qu'elles font parties de ces chansons qui permettent de comprendre Saez, le jeune Damien Saez. Forcément, en vieillissant, et même si le combat est le sensiblement le même, son engagement à légèrement changer.  

Pour la partie Autobiographie/pensée, je suis restée un peu bête en la lisant, pas que ce qu'il dit ne me plait pas, juste que 15 ans plus tard, je ressens les mêmes choses que lui en 2001 et que finalement, rien n'a vraiment changé. C'est aussi la partie que certain ne verront pas du même yeux, forcément. Il ne mâche pas ses mots, écrit comme il pense et s'en prend régulièrement à tout notre système. Le tout est écrit dans un style proche de ce qu'il peut faire pour ses chansons, liant parfaitement le tout.

Vous l'aurez compris, j'ai aimé ma courte lecture. L'aurais-je apprécié si Damien Saez avait eu une autre place dans ma vie ? Je ne serais le dire. Peut-être pas. Il me semble que c'est vraiment un recueil pour les fans, ceux qui ont connus les premiers albums, le personnage tel qu'il l'était à ce moment-là. 

Maintenant, il ne me reste plus qu'à trouver/acheter sa biographie, Damien Saez à corps et à cris de Romain Lejeune aux éditions Braquage pour finir de combler mon petit coeur de fan. 

Le Jeu de l'Assassin, Hearts and Thrones, tome 1, Amy Raby

Chers lecteurs, je vous souhaite une très bonne année 2016, qu'elle soit remplie de lectures et de bons moments.

Le Jeu de l'Assassin est le dernier livre fini en 2015. Et il n'est pas forcément le plus inoubliable non plus. Je ne sais même plus comment il a atterri dans ma PAL, surement à cause de l'OP 1000K de Bragelonne. 

Le Jeu de l'Assassin, Hearts and Thrones, tome 1, Amy Raby

Editeur : Bragelonne
Collection : 
Année de parution : 2014
Titre en VO :Heart and Thrones, book 1: Assassin's Gambit
Année de parution en VO : 2013
Format : Epub

A lire si :
- Vous voulez de la romance qui prend de la place
- Vous voulez un peu de fantasy quand même

A ne pas lire si :
- Vous voulez de la fantasy à l'état pur

Présentation de l'éditeur :

Vitala Salonius est un assassin surentraîné et une femme aussi attirante que dangereuse oeuvrant pour la libération de son peuple. Sa mission : séduire l’empereur avant de lui porter le coup fatal.Dirigeant d’un pays au bord du chaos, Lucien Florian Nigellus ne baisse jamais sa garde. Sa vie étant menacée à chaque instant, il ne peut se le permettre, même devant cette éblouissante courtisane de passage au palais. Pourtant, Vitala pourrait bien le distraire un instant de ses préoccupations – et combler d’autres besoins…Un assassin n’a pas le droit de succomber à sa proie, Vitala le sait depuis l’enfance.Or Lucien ne ressemble pas au tyran sanguinaire qu’elle s’est imaginé. Prise entre ses convictions et un sentiment plus trouble, Vitala hésite. À qui ira sa loyauté ?

Mon avis

Oui, j'ai lu la quatrième de couverture avant de commencer ma lecture. Heureusement d'ailleurs, sinon, j'aurais été vachement surprise quand même. J'aime particulièrement la fantasy, tout le monde qui passe par ici le sait, un peu moins la romance. Pas que je n'aime pas, juste que ce n'est pas mon genre de prédilection, loin de là. Bref, je savais donc à quoi m'attendre et j'étais assez curieuse de voir ce que le mélange allait donner. 

Amy Raby nous sert donc une histoire de fantasy. Ce qui est déjà sympa, c'est qu'elle en connait les codes, et que si l'on enlève la romance, c'est plutôt pas mal comme histoire, même si déjà vu. L'assassin qui finit par aider sa cible, un royaume au bord de la rupture, des complots. Bref, pour le coup, c'est sympa, ça avance pas mal et ça reste agréable à lire malgré des moments qui vont bien trop vite. C'est un peu dommage. Moins que lorsqu'on se rend compte que si on enlève justement la romance entre les deux personnages principaux, il ne reste plus grand chose de la partie fantasy. 

Parce que oui, la romance prend une très grande place. Vitale rencontre Lucien, ils tombent rapidement amoureux l'un de l'autre, s'aident mutuellement pour remettre Lucien sur le trône ou pour aider Vitala à surmonter son passé. Même dans les pires moments pour eux, il faut forcément avoir des passages sur leurs sentiments réciproques ou une scène un peu olé olé. Alors, si on aime la romance, ça ne dérange pas. Si comme moi, ce n'est pas forcément votre tasse de thé et que vous préférez la fantasy, ça devient vite lourd. Ca le devient encore plus lorsque les personnages ne sont plus définis que par leur amour réciproque que par leurs actions. Pour les parties au lit, elles sont présentes, mais pas forcément ultra nombreuses et ne dérange en rien, même si parfois, elles sont gratuites. 

J'ai beaucoup aimé Vitala pourtant, cette femme qui petit à petit comprend les enjeux pour son peuple si elle aide Lucien, qui s'interroge pas mal sur son propre rôle et ce qu'elle va devenir. J'ai apprécié son caractère lorsqu'elle est comme ça. Moins lorsque Lucien est à ses côtés, où elle devient une simple amoureuse qui ne réfléchit plus beaucoup. Lucien est un peu plus complexe mais tout aussi aveugle que Vitala lorsqu'ils sont ensembles. Dommage, vraiment. Pourquoi faut-il que lorsque deux personnages sont amoureux, ils deviennent subitement stupides ? Faudra m'expliquer ça. Quant aux autres personnages du livre, ils sont quasiment inexistants et peu exploités. 

Au final, je ne dirais pas que je n'ai pas aimé, puisque ce serait faux. Le mélange fantasy/romance aurait pu être mieux géré, avec des personnages un peu moins pris par leurs sentiments amoureux et des passages moins rapides. En plus de ça, l'écriture d'Amy Raby est plutôt agréable à lire. Mais autant vous le dire, je ne lirais pas les deux autres tomes de la série, vu que je n'ai pas trouvé ce premier tome super génial au final, un moment sympa de lecture, mais sans plus quoi. Par contre, pour ceux et celles qui préfèrent la romance à la fantasy, je pense que vous pourrez y trouver votre compte.