mardi 17 mai 2016

Arsène Lupin, Gentleman Cambrioleur, Maurice Leblanc

Cette année, je l'ai déjà dit, je découvre les classiques. Arsène Lupin en fait parti. Il était temps que je découvre le célébre voleur, autrement qu'en personnage secondaire dans divers autre roman (le Paris des Merveilles de Pierre Pevel ou Penny Cambriole de Cécile Duquenne).

Arsène Lupin, Gentleman Cambrioleur, Maurice Leblanc

Editeur : Bibebook
Collection : /
Année de parution : 2015
Format : epub

A lire si :
- Vous voulez des nouvelles
- Vous voulez des énigmes

A ne pas lire si:
- Vous vous attendez à un roman

Présentation de l'éditeur :

Vif, audacieux, impertinent, rossant sans arrêt le commissaire (qui ici, en l’occurrence, s’appelle l’inspecteur Ganimard), traînant les cœurs après lui et mettant les rieurs de son côté, se moquant des situations acquises, ridiculisant les bourgeois, portant secours aux faibles, Arsène Lupin, gentleman cambrioleur est un Robin des Bois de la «Belle Epoque».Un Robin des Bois bien français : il ne se prend pas trop au sérieux, ses armes les plus meurtrières sont les traits d’esprit ; ce n’est pas un aristocrate qui vit comme un anarchiste mais un anarchiste qui vit comme un aristocrate. Arsène Lupin, après plus d’un demi-siècle, n’a pas vieilli. Il ne vieillira jamais en dépit de son chapeau haut de forme, de sa cape et de son monocle.

Mon avis

Il y a des personnages qui nourrissent l'imagination française. Arsène Lupin en fait parti. Depuis sa création par Maurice Leblanc en 1905, il fut l'objet de multiples adaptations (cinéma, téléfilm, manga et j'en passe). C'est donc l'un de ces personnages que l'on pense forcément connaitre (un peu comme les Mousquetaires de Dumas). Sauf que bien sur, on ne le connait pas si bien que cela si on ne lit pas les textes originaux.

Le "premier tome" regroupe  les neuf premières nouvelles sur le personnage, paru dans le journal Je sais tout. On retrouve ainsi L'arrestation d'Arsène Lupin, Arsène Lupin en prison, l'Evasion d'Arsène Lupin, Le mystérieux voyageur, Le Collier de la reine, La perle Noire, le Sept de cœurs, le coffre fort de madame Imbert et enfin Herlock Sholmes arrive en retard. Neuf nouvelles donc pour nous présenter le fameux voleur.

Une présentation qui commence donc par une arrestation. Alors que Lupin se rend en Amérique, il se fait arrêter à la sortie du paquebot. Une première aventure qui ne montre pas forcément tout le potentiel du héros mais qui n'en reste pas moins agréable à lire. Pour voir le fameux potentiel, il faut attendre la seconde nouvelle puis les suivantes. Là, il va nous montrer toute son ingéniosité, celle qui a fait de lui ce si grand personnage. Il faut dire que Maurice Leblanc est plutôt fort en énigme mais aussi en narration. C'est un peu notre Conan Doyle à la française, un Conan Doyle dont il emprunte d'ailleurs le personnage de Sherlock Holmes, en le renommant Herlock Sholmes (les aventures de Holmes ayant commencé à être publiées en France en 1906).

Il y a pas mal de chose à dire sur ce premier recueil de nouvelles. La première c'est le changement de narrateur. C'est assez perturbant de passer d'un texte à la première personne par Lupin, puis à la troisième, puis à la première par Leblanc puis re à la troisième... C'est assez perturbant mais pas dérangeant. On s'y habitue à force. Ce changement de narration donne par contre à certaines nouvelles plus d'importance que d'autres, puisqu'on entre parfois dans la tête même de Lupin et qu'on comprend du coup un peu mieux ses motivations. Il en va de même lorsque Leblanc utilise sa propre narration et nous offre en épilogue des nouvelles une partie de son entretien avec Lupin (dans la nouvelle Le coffre-fort de Madame Imbert, où il explique d'ailleurs s'être bien fait rouler par les Imbert). Autre chose d'un peu déroutant, c'est la chronologie. Si les trois premières nouvelles se suivent, d'autres racontent des aventures passées. Là encore, on s'y fait (le coffre-fort de Madame Imbert étant son premier cambriolage (si on ne compte pas le Collier de la Reine, qu'il a volé à l'âge de sept ans). Bref, ce ne sont que quelques petits problèmes dans la cohérence du recueil, qui ne sont pas forcément gênante.

Surtout que tout le reste est bon. J'ai beaucoup aimé le personnage de Lupin. Avec tous ses déguisements, son sens du spectacle et de l'humour, on s'attache facilement à ce cambrioleur même si parfois, il parait un peu trop sûr de lui. Les personnages plus secondaires sont plutôt bons eux-aussi bien qu'en retrait la plupart du temps. Les énigmes aussi sont intéressantes. Lupin use de beaucoup de subterfuges et autres pour arriver à ses fins. On se demande souvent comment il peut faire pour arriver à voler ce qu'il convoite sans se faire prendre (le plus intéressant pour cela reste Arsène Lupin en prison, où il arrive à faire son cambriolage tout en étant en prison). J'adore du coup me prendre la tête pour comprendre avant que Leblanc ne nous donne la réponse (j'ai échoué quelques fois, je l'avoue). Le tout est particulièrement bien ficelé, décris de manière précise et assez surprenant pour certaines résolutions. J'ai apprécié le style de l'auteur qui même cent ans plus tard, ne perd rien de sa modernité.

Au final, c'est un fort bon début entre Arsène Lupin et moi qui devrait aboutir à une lecture de plus d'ouvrage de Leblanc (j'ai le choix ; 39 nouvelles, 17 romans). 

mardi 10 mai 2016

Le Prisme Noir, Le Porteur de Lumière, tome 1, Brent Weeks

J'avais adoré l'Ange de la nuit de Weeks. Il me fallait à un moment ou un autre que je me lance dans son autre série, le Porteur de Lumière. J'en avais lu du bon et du moins bon. Il fallait donc que je me fasse mon propre avis dessus.

Le Prisme Noir, Le Porteur de Lumière, tome 1, Brent Weeks

Editeur : Bragelonne
Collection : fantasy
Année de parution : 2013 en epub
Titre en VO :  Lightbringer, book 1: The Black Prism
Année de parution en VO : 2010
format : epub

A lire si : 
- Vous voulez un premier tome qui ne soit pas forcément initiatique
- Vous voulez une magie un peu différente de ce qu'on peut voir
- Vous voulez des héros qui ne sont pas tout blanc

A ne pas lire si :
- Vous voulez une série ressemblant à l'Ange de la Nuit
- Vous n'aimez pas quand c'est long à démarrer
- Vous n'avez pas peur de vous perdre un peu dans les intrigues secondaires

Présentation de l'éditeur : 


Plus la lumière est vive, plus l’ombre est profonde.
Gavin Guile est le Prisme, l’homme le plus puissant du monde. Empereur et magicien, il est le gardien d’une paix bien fragile.
Et d’un terrible secret.
Les Prismes ne vivent jamais vieux, et Gavin sait exactement combien de temps il lui reste : cinq ans… et cinq missions impossibles à accomplir.


Mon avis

Il est souvent compliqué pour un auteur de passer le cap du second livre, ou ici de la seconde série. On voudrait mieux faire et parfois on s'y perd. Or Weeks avait déjà mis la barre très haute (pour moi en tout cas) avec son Ange de la Nuit. Sa seconde trilogie devait donc être à la hauteur et même meilleure. Sauf que...

Ça partait bien pour moi. Nouvel univers, nouveaux personnages. On retrouve ce que j'avais apprécié dans l'Ange de la Nuit. Weeks est capable, il le prouve une nouvelle fois, de créer des univers foisonnant, que se soit géographiquement (même si on reste dans les mêmes coins pour le moment), politiquement ou encore religieusement. C'est toujours quelque chose d'agréable et j'adore me plonger dans des univers qui me semblent cohérent rapidement (et pour ceux qui ont la version papier, parait même qu'il y a une carte (pas disponible en epub)). Et pour ce nouvel univers, il part aussi sur un nouveau système de magie, étroitement liée à la religieux aussi. J'ai apprécié que les créateurs (les magiciens donc) créent à partir du spectre lumineux. C'est un genre de magie qu'on voit peu et qui est toujours intéressante à mettre en place. Surtout qu'elle est importante dans l'histoire, que se soit pour les personnages, puisque la plupart sont des créateurs, et pour l'histoire en elle-même, puisqu'elle est étroitement lié au statut de Gavin, le héros.

Gavin qui m'a assez plu. Gavin est le prisme, le représentant d'Orholam (le dieu principal) sur terre. Il est censé avoir un rôle important, plus qu'un simple représentant divin, il est l'homme le plus puissant du monde. En réalité, il est plutôt une sorte de marionnette pour le Spectre, haut conseil des créateurs, et plus particulièrement du Blanc. Un rôle qui lui sied guère et il le fait bien sentir. C'est un personnage comme j'ai tendance à les apprécier, beaucoup de faiblesse cachées par pas mal de bravade, une force intérieure immense mais la non possibilité de vraiment l'utiliser. Bref, un personnage tout en nuance que nous allons découvrir malheureusement un peu trop rapidement. A côté de lui, on trouve Kip, adolescent plutôt boulet, fils bâtard de Gavin (enfin, c'est plus compliqué, mais je vous laisse découvrir). Il est là pour la partie initiation, la sienne mais aussi celle du lecteur puisque c'est avec lui que l'on va découvrir un peu plus précisément le fonctionnement de la magie. C'est le genre de personnage qu'on aime à découvrir même si parfois il s'avère un peu trop lourdeau pour moi. On retrouve aussi Liv, jeune fille venant du même village que Kip, déjà à la Chromerie. Malheureusement, si Liv parait intéressante, surtout sur le point complot de l'histoire, elle n'est pas assez développée pour l'instant. Côté femme, il y a aussi Karris, ancienne fiancée de Gavin, devenue depuis Garde Noire. Ici encore, je trouve dommage qu'elle ne soit pas encore suffisant développé, Weeks préférant pour l'instant (j'espère) s'occuper des hommes. Les autres personnages, plus secondaires, promettent eux-aussi. Mais même soucis, Weeks s'attardent plus sur Gavin et Kip que sur les autres. Et personnellement, surtout en comparant avec l'Ange de la Nuit, ça me dérange un peu. Il a déjà prouvé qu'il pouvait développer plusieurs personnages en même temps, pourquoi ne pas l'avoir fait ici ?

Arrive enfin la partie un peu gênante, le déroulement de ce premier tome. Déjà, Weeks prend son temps, mais vraiment, pour présenter Gavin et les autres ainsi que son univers. A tel point qu'on arrive rapidement à se demander où il veut en venir. Ce qui est assez étrange vu qu'il écrit toujours d'une manière très vive et que l'action reste présente à chaque page. Heureusement, on finit par comprendre. Ensuite, si l'Ange de la Nuit (pardon pour la comparaison à chaque fois, mais c'est quand même des choses ultra flagrante) avait une histoire somme toute basique avec quelques intrigues, ici, il a essayé de mettre plus de complot, plus d'intrigues. Et il semble s'y perdre, beaucoup même. Du coup, il perd aussi le lecteur. Il laisse aussi en suspens à la fin de ce tome trop de question. Sans parler du fait qu'avec toutes ces intrigues en plus de la principale (qui a déjà mis du temps à se mettre en place), on en oublie parfois un peu trop l'essentiel. Après, il est fort possible que les tomes suivants permettent de mieux comprendre pourquoi il se perd à ce point (ça arrivait avec l'Ange de la Nuit, où une information qu'on ne comprenait pas au départ avait beaucoup d'importance dans un des deux autres tomes).

Au final, je dois bien dire que malgré les quelques déconvenues rencontrées, Le Prisme Noir reste un bon premier tome de fantasy. Il y a énormément de bonnes idées, des personnages intéressants et une écriture particulièrement efficace. Après, il reste un premier tome et il est fort possible que mon avis sur celui-ci change avec la suite. Surtout que la dernière partie m'a beaucoup plu. A suivre donc.


lundi 9 mai 2016

Memorex, Cindy Van Wilder

Memorex, c'est un peu le roman dont j'attendais avec impatience la sortie. Cindy Van Wilder est très forte pour faire sa propre pub sur twitter (et celle des autres aussi, voir I.R.L. d'Agnès Marot). Mais surtout, parce que j'ai beaucoup beaucoup beaucoup aimé les Outrepasseurs et je voulais voir ce qu'elle était capable de faire avec un sujet anticipation et sans surnaturel.

Memorex, Cindy Van Wilder

Editeur : Gulf Stream
Collection : Electrogène
Année de parution : 2016
Nombre de pages : 403

A lire si : 
- Vous voulez de l'anticipation
- Vous voulez du huis-clos
- Vous voulez une héroine géniale

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les flashback

Présentation de l'éditeur 

2022. Cela fait un an que la vie de Réha a basculé. Un an que sa mère est morte dans un attentat contre sa fondation, Breathe, qui promeut un art contemporain et engagé. Un an que son père, un scientifique de génie, ne quitte plus Star Island, l'île familiale. Un an qu'Aïki, son frère jumeau, son complice de toujours, s'est muré dans une indifférence qui la fait souffrir. Le jour de ce sinistre anniversaire, la famille est réunie sur l'île : c'est le moment de lever les mystères, les tabous, les rancoeurs que Réha ressasse depuis un an. Au cœur de l'énigme : Memorex, la multinationale pharmaceutique de son père, ainsi que ses expérimentations sur la mémoire. Des expérimentations qui attisent les convoitises de personnages puissants et sans scrupules, prêts à tout pour accomplir leurs rêves les plus fous.

Mon avis

Comme je le disais, Memorex fait parti de ces livres qui ne sont pas encore écrit (ou fini d'écrire) et qu'on veut déjà lire. Cindy Van Wilder en a beaucoup parlé, et moi, j'ai adoré le pitch et les extraits qu'elle a pu nous fournir (alors que je n'aimais pas du tout le titre provisoire). Et puis, on a eu la couverture, et elle m'a donné encore plus envie. Et enfin, jour de la sortie, il était là, chez ma libraire, bien en vu et surtout ultra attirant. Bref, il a fini dans mon panier et je l'ai ouvert dès le soir. Je l'ai fini dimanche dans la journée.

Je ne parlerais pas trop de l'histoire pour ne pas trop spoiler. Je trouve la quatrième de couverture très bien pour ça, elle n'en dit pas des masses, poussant le lecteur à lire le bouquin. Dans les grandes lignes, nous avons donc Réha, dix-sept ans, qui un an plus tôt a perdu sa mère lors d'un attentat contre la fondation de celle-ci. Depuis, sa vie a changé. Réha s'est repliée sur elle-même, même si elle veut donner le change, son jumeau a fait de même et son père s'enferme dans son île privée. Île où ils vont se retrouver pour le premier anniversaire de la mort de leur mère. Mais rien ne se passe comme prévu... Alors que le danger est bien présent, Réha va petit à petit apprendre ce qu'il a pu se passer un an auparavant.

J'ai envie de commencer par Réha. Réha, dix-sept, des rêves détruits, que nous allons suivre durant une bonne partie du livre. Première chose à dire sur elle, elle est métisse. Alors, ça n'apporte pas forcément plus au livre en lui-même (une scène surtout où il est question de racisme). Par contre, personnellement, ça m'a apporté un petit vent de fraîcheur. Parce que le white washing, c'est sympa un moment mais avoir de beaux personnages qui ne sont pas blancs, c'est cool aussi. Et Réha est un beau personnage. Un bon aussi. Ce bout de femme a vécu l'un des événements les plus traumatisants qu'il puisse exister (perdre sa mère, morte dans ses bras) et essaie tant bien que mal de reprendre le dessus. Elle se révèle être un personnage avec beaucoup de faiblesse, beaucoup de noirceur aussi en elle. J'aime ce genre de personnage qui essaie sans y arriver réellement. J'aime ce genre de personnage a qui l'on peut facilement s'identifier même s'il lui arrive des choses qui n'arriveront pas à tout le monde (l'attentat, la prise d'otage, le reste...). Et puis, j'ai beaucoup apprécié son évolution. 

Elle n'est pas le seul personnage intéressant. Pour qu'un Young-adult fonctionne, il ne faut pas juste un bon personnage principal. Il faut que les autres suivent. Et c'est bien le cas ici. La famille de Réha, son père et son jumeaux, sont très bien foutus eux-aussi. Surtout que ces deux-là ont droit à des flashbacks et deviennent des personnages de premier plan. Le père, bien qu'il puisse paraître assez inhumain sur le coup, est un personnage complexe comme je l'ai apprécie, ni blanc ni noir, tout en nuance et avec des motivations que je peux parfaitement comprendre. Aïki, le jumeaux de Réha, est, pour moi en tout cas, le personnage le plus intéressant, plus particulièrement dès qu'on a accès à ses flashback. Malheureusement, vous expliquez pourquoi serait spoilé, alors je vous laisse le découvrir. Autour d'eux, il y a aussi Holly, petite amie d'Aïki, que Réha nomme Petite Miss Parfaite durant un long moment. Bien que vu uniquement par Réha, son évolution, et celle de la vision qu'à Réha d'elle, est vraiment sympathique à suivre. Comme quoi, les miss parfaites ne sont pas forcément si parfaites que ça (ou encore plus qu'on ne le pense). 

Enfin parlons un peu de l'histoire. Parce que même si les personnages sont importants, même si tout se base ou presque sur leur évolution face aux événements, il faut bien que les dits événements soient à la hauteur. Et ils le sont. J'ai beaucoup apprécié le départ, très ordinaire et puis petit à petit la montée en puissance de la tension. Tout s’enchaîne rapidement dans le huis-clos qu'est Star Island. On passe les pages les unes après les autres, avec une certaine difficulté à lâcher le livre (personnellement, si le vendredi, fatiguée, je n'ai lu qu'une cinquantaine de page, le lendemain, j'ai lu plus de la moitié du bouquin sans m'en rendre compte). Les flashback présents, point de vue d'autres personnes que Réha, sont tout autant addictifs. Sans parler des divers thèmes abordés. Celui du deuil d'abord, que Réha a tant de mal à supporter et qu'elle vit différemment des autres membres de sa famille (chaque deuil est unique), le traitement de la mémoire après un traumatisme et puis l'autre, dont je ne parlerais pas forcément et qui révèle assez de la SF (spoiler (merci de surligner pour lire) le combat que mène le père de Réha contre la mort et qui va le pousser à "recréer" son fils grace à un corps cybernitique et surtout le transfert de sa mémoire dans le dit corps) fin du spoiler). Sans parler de l'amour toujours présent, qu'il soit amical ou familial.

Le tout donne donc un super roman Young-adult à la fin plutôt ouverte. J'ai aimé tellement de chose dessus, les thèmes, les personnages, le tout (la référence à IRL aussi tiens). J'avoue avoir du mal à lui trouver des défauts, peut-être des explications parfois un peu trop rapide sur certain point, ou le fait que je trouve le roman trop court (question de goût ça, mais je serais bien restée plus longtemps en compagnie de Réha). Pour conclure, je dirais juste que c'est un nouveau coup de cœur.

mercredi 4 mai 2016

Nom de code : Verity, Elizabeth Wein

Ce qu'il y a de bien avec les opérations Bragelonne, c'est que j'ai toujours un livre à lire même des mois plus tard. Celui-ci, j'ai mis un moment à le sortir de la PAL et à le lire aussi. Disons qu'il ne me disait pas grand chose, par peur de tomber sur un genre que je n'apprécie pas des masses, ou dans le pathos le plus insupportable. Qu'en est-il réellement ?

Nom de code : Verity, Elizabeth Wein




Editeur : Castelmore
Collection : /
Année de parution : 2014
Titre en VO : Code Name Verity,
Année de parution en VO : 2012
Format : epub

A lire si : 
- Vous voulez une histoire d'espionnage et de résistance
- Vous voulez une belle amitié
- Vous voulez voir la seconde guerre mondiale autrement que par les militaires

A ne pas lire si :
- Vous voulez un documentaire sur la seconde guerre mondiale
- Vous voulez beaucoup d'action

Présentation de l'éditeur : 


Il me reste deux semaines à vivre. Ensuite, je sais que vous me tuerez. C'est le sort que vous réservez à tous les espions que vous coincez, non ? Alors autant coopérer, si ça peut m'éviter les interrogatoires brutaux du capitaine SS von Linden. Je vais vous livrer tout ce que je sais de l'effort de guerre britannique : les codes, les lieux, les modèles d'avion... Tout a commencé le jour où j'ai rencontré Maddie.
Le pilote qui m'a conduite jusqu'en France, c'était elle. Nous avons tenté une invasion en tandem. Nous formions une équipe du tonnerre.


Mon avis

Nom de code : Verity m'avait plu au moment de son acquisition grâce à la période de son histoire. La seconde guerre mondiale est tout de même fort proche de nous et elle reste pour beaucoup la pire chose qui est pu arriver dans toute l'Histoire (et on comprend parfaitement pourquoi). J'ai d'ailleurs dans ma famille un grand oncle qui fut envoyé dans les camps de concentration (il en a fait trois au total). C'est une période encore très fraîche dans nos mémoires et qu'il faut malheureusement pourtant rappeler à certain. Et pourtant, malgré cela, j'ai mis des mois et des mois à le sortir de la PAL. Et j'ai mis longtemps avant de réussir à dépasser la première partie, à tel point que j'ai carrément failli l'abandonner. La faute à la fin de la quatrième de couverture qui m'annoncer une sorte de sismance voire carrement de la romance. Et ça, ça a tendance à me faire un peu peur, surtout que j'ai toujours l'impression que l'on va tomber dans le mièvre. Vive les préjugés, je suis d'accord, mais bon.

Le roman se découpe en deux parties, et la première a été très longue à lire. Nous y découvrons une jeune femme anglaise, récemment arrêtée par la gestapo et qui, suite à torture, à passer un marché avec les officiers de celle-ci. Elle va leur livrer tout ce qu'ils demandent. Commence alors pour elle des jours et des jours à écrire tout ce qu'elle sait sur les avions et les bases anglaises. Pour cela, elle va remonter assez loin, raconter l'histoire de Maddie, son amie, la pilote qui l'a mené en France, et comment, elle en est arrivée à son arrestation. 

Et là où cela à pécher pour moi, c'est clairement dans la narration. Parce qu'il faut avouer que ce qu'elle nous raconte est particulièrement intéressant et que l'autrice a essayé le plus possible de coller avec la réalité historique. Ainsi, nous découvrons grâce à cette jeune femme, toutes ces personnes dans qui ont œuvré pour l'effort de guerre derrière les armées, que se soient les opératrices radios, les pilote de l'ATA (air transport auxiliary) ou encore la WAAF (woman's auxiliary Air Force). Malheureusment, le tout est écrit de manière à mettre la larme à l'oeil du lecteur la plupart du temps et se transforme en machin un peu trop mièvre à mon gout. Sans parler du fait que le tout est assez impersonnel et qu'on ne peut avoir le temps de s'attacher à Maddie, ou même à la narratrice durant les passages où elle nous parle du traitement que lui font subir les nazis. Alors, souvent, j'ai eu envie de refermer le roman et de laisser tomber. Et cela jusqu'à bien 40% de celui-ci. Et puis, d'un coup, tout va soudainement plus vite et notre narratrice devient enfin un peu plus intéressante. Et à partir de là, alors que j'avais mis presque deux semaines pour lire ces 40%, j'ai mis deux jours pour finir le bouquin.

Pourquoi ? parce que la narratrice et le style change. Bienvenue à Maddy et à la Résistance. Au niveau historique, c'est toujours particulièrement intéressant. Maddy se retrouve en France, doit en sortir et pour cela, elle doit compter sur l'un des réseaux sur place. C'est encore un autre aspect de ces hommes et femmes de l'ombre que l'autrice nous présente ici. Avec les résistants, nous avons forcément un peu plus d'action et des scènes bien moins mièvres mais tout aussi triste que dans la première partie. Mais surtout, cette seconde partie permet d'apprécier un peu plus la première. Parce que Julie, la narratrice, l'espionne anglaise prise par les allemands, se révèle réellement. Alors qu'on aurait pu avoir tendance à la détester pour lâcher autant d'information, on comprend petit à petit son véritable but. Sans parler que la vision de la sismance entre elle et Maddie, vu par cette dernière, est bien plus forte. Ou que les personnages étoffent un peu plus (forcément, ce n'est plus un rapport mais le récit de Maddie). 

Au final, je suis donc fort mitigée sur ce livre. J'ai aimé toute la partie historique, malgré les approximations et les erreurs, j'ai aimé la seconde partie, la manière dont le tout s'emboite au final. J'ai moins apprécié la première partie et là est le problème. J'ai failli tout lâcher parce que je n'y arrivais pas avec le style du récit. C'est bien dommage, vu que je pense ne pas être la seule que cela peut déranger. A cause de cette première partie, j'ai donc failli passer à côté du livre.


mardi 26 avril 2016

I.R.L., Agnès Marot

Cela faisait un moment que je voulais découvrir Agnès Marot, la faute à Cindy Van Wilder qui n'hésite pas à en faire la promo sur twitter. Il faut dire qu'elles sont amies dans la vraie vie et que des amies comme ça, c'est juste génial. Bref IRL sortant ce mois-ci, le thème étant plus que sympathique, j'ai décidé de me lancer afin. 

I.R.L., Agnès Marot

Editeur : Gulf Stream
Collection : Electrogène
Année de parution : 2016
Nombre de pages : 442

A lire si : 
- Vous voulez de l'anticipation
- Vous aimez jouer au Sim's
- Vous voulez une héroine attachante

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas naviguer dans la ligne temporelle
- Vous voulez de la romance pure et dure

Présentation de l'éditeur : 

Chloé Blanche a grandi à Life City. Comme tous ses habitants, elle ignore qu'ils sont filmés en permanence. Elle ignore qu'ils sont un divertissement pour des milliers et des milliers de foyers. Elle ignore qu'ils sont les personnages de Play Your Life, l'émission qui fait fureur hors de Life City, IRL. Elle ignore surtout à quel point ils sont manipulés. Lorsqu'elle rencontre Hilmi, le nouveau à la peau caramel, elle tombe immédiatement amoureuse. Mais ceux qui tirent les ficelles ne le lui destinent pas. C'est ainsi qu'elle découvre la nature de tous ceux qui vivent à Life City : les personnages d'un immense jeu vidéo

Mon avis

Avant de commencer l'avis sur le livre lui-même, parlons un peu de l'objet. Déjà, j'adore la couverture. On ne le voit pas ici, mais elle est recouverte en vernis selectif de colonne de 0 et 1 (pour les non informaticiens ou les non-geek, il s'agit donc du code binaire, comme on peut le voir dans Matrix en vert sur fond noir). C'est super sympathique. Après la tranche est de couleur un peu rose (comme les rectangles qui entourent le nom du livre et de l'auteure), donnant un petit côté girly qui suite à la lecture va parfaitement à Chloé, je trouve. L'objet est donc beau et agréable au touché. Je parle rarement de tout cela alors que c'est tout de même important dans un livre, je trouve. Je devrais le faire plus souvent. En tout cas, Gulf Stream fait de beaux objets livres (les Outrepasseurs de Cindy Van Wilder sont magnifiques). 

I.R.L est un roman d'anticipation à tendance Young-Adult. Chloé, l’héroïne, vit à Life City. Adolescente banale, rien ne semble la prédestinée à quelque chose de grand. Et puis, elle rencontre Hilmi, jeune homme qui l'a fait vite craquer. En même temps, elle reçoit d'étrange mail et découvre qu'elle est filmée H24. Elle va vite découvrir qu'elle et les habitants de Life City sont en fait des IA, des personnages de Play Your Life, une émission qui fait fureur IRL. A partir de là, commence l'aventure pour Chloé, celle qui devrait la mener, et mener toutes les IA vers la liberté.

J'avoue avoir beaucoup de mal à choisir par quoi commencer. Il y a beaucoup de chose à dire sur ce roman-là. Ce n'est pas juste un roman Young-Adult d'anticipation. C'est un roman qui est même plutôt actuel, qui fait beaucoup réfléchir sur notre utilisation des nouvelles technologies, notre dépendance à tout cela et la liberté. Actuel donc par les questionnements sur la liberté informatique. En tant qu'informaticienne moi-même, ça me parle forcément. Nous sommes à l'époque du Big Data, des clouds, de la loi informatique permettant la collecte d'information sur les usagers. Toute notre vie ou presque, nos habitudes de consommation, des données plus personnelles, se trouvent sur internet, plus ou moins protégés (scandale des photos de charme de star ou autre). On ajoute à tout cela un jeu qui occupe tous le monde, une téléréalité en "mieux" où ce ne sont pas des personnes réelles que l'on observe mais des IA, jouées par de vrais personnes. Et on se demande jusqu'où peuvent aller ces personnes. Après tout, qui n'a pas tué pour s'amuser son sim's ? Et si les personnages du jeu étaient au final tout aussi humain voire même plus finalement que ceux qui les jouent ? Ce sont des questions que c'est posé Agnès Marot et qu'elle nous pose avec IRL. Elle le fait de manière intelligente, en essayant de faire réfléchir le lecteur, en le menant sur des pistes qu'il n'aurait peut-être pas suivi tout seul. Le cheminement de Chloé vers la liberté, cette envie qu'elle a de sauver les autres, de libérer son monde mais pas que du PDG de Play Your Life permet vraiment de se rendre compte à quel point les nouvelles technologie peuvent parfois être dangereuse. Je regrette d'ailleurs un peu qu'on ne voit presque que le mauvais côté de tout cela (coucou l'informaticienne spécialiste en base de données qui te parle là)(sur un thème pareil, faut dire que ma spécialité m'aide aussi beaucoup à prendre pas mal de recul)(le recul étant une chose importante sur ce genre de livre, ne pas tout prendre pour argent comptant, sortir les bonnes informations et réfléchir, surtout réfléchir). Mais je travaille là-dedans et Agnès Marot est autrice (je ne dis pas qu'elle ne s'y connait pas, loin de là, juste que c'est mon boulot et que je connais les risques mais aussi les avantages). Il est donc normal qu'elle n'est pas forcément pensé à tout et surtout qu'elle utilise seulement ce qu'il lui faut pour mettre en place ce qui est pour moi le thème principal de son roman, la recherche de la liberté et les dérives des réseaux.

Elle utilise d'autre thèmes, à l'importance un peu plus minimes dans son roman mais dont il faut parler aussi (quand je vous dis qu'il y a beaucoup de chose dans ce roman). Il y a celui de l'adolescence pas toujours facile, avec une Chloé un peu beaucoup perdue, pas vraiment gâté par la vie, comparée régulièrement à sa meilleure amie Elsa pour qui tout est simple. Tout cela fait très réel, même si Chloé n'est vraiment pas gâté par la vie (un peu trop même parfois, mais c'est le jeu). On retrouve le premier amour, les premiers déceptions lié à celui-ci. Et puis, dans la seconde partie du roman, c'est la célébrité soudaine, les paillettes et les belles robes et tout ce qui va autour. Si Chloé apprécie tout cela dans une certaine mesure, elle se rend aussi compte du caractère éphémère de tout cela et des dangers que cela peut entraîner et en même temps... En même temps Chloé est une jeune femme qui parfois se laisse abuser par les paillettes, par les gens aussi. C'est un personnage qui a ses failles, qui n'est pas toute puissante. 

D'ailleurs, passons aux personnages. Chloé, l’héroïne, est bien pensée, elle n'est pas parfaite (elle a même des poignets d'amour)(oui, je relève, parce que finalement, on a l'impression que ce genre de physique est rare en littérature alors que pas du tout), elle ne cherche pas à l'être non plus. Elle est mue par ses rêves, par son désir de liberté, par l'amour aussi (celui pour Hilmi, celui pour sa mère) comme beaucoup de jeunes de maintenant. Bref, c'est un personnage ordinaire à qui l'on peut facilement s'identifier. Autour d'elle, les autres personnages sont tout aussi intéressant. J'ai beaucoup apprécié l'évolution de Link, comprendre ce qu'il a pu se passer dans sa tête pour en arriver là (la jalousie, envers Hilmi, envers Play Your Life qui lui enlève son père...). J'ai moins accroché avec Whisper ou avec Hilmi par contre, parfois trop lisses à mon gout. Mention spéciale pour Cindy, personnage pas forcément plus développé que les autres mais qui apporte beaucoup de douceur à l'histoire. Des fois, des personnages comme ça, j'en voudrais plus souvent.

Et pour finir, on parle des références ? Parce qu'il y en a beaucoup et qu'elles sont fort bien choisies. Bien sur, il y a les Sim's (et j'ai envie d'y rejouer), mais aussi le Truman Show, un film que je recommande. On retrouve aussi Pygmalion et Galathée et dans la veine créateur\créature, Frankeinstein, ce qui résume plutôt pas mal la relation entre Chloé et Link (lui amoureux de sa création, elle qui se rebelle contre le tout). D'autres références sont présentes (certaines sont expliqués à la fin du livre), comme 1984 d'Orwell (forcément, vu le thème) ou les livres qu'a pu lire Chloé et qui détermine son caractère mais aussi quelques autres à la pop culture (le film Moulin Rouge par exemple). Le tout ancrant un peu plus le livre dans le présent malgré le côté anticipation.

Bon, je crois avoir presque tout dit. J'ai surement du oublier des choses, mais je crois qu'il veut mieux, ainsi le lecteur peut se faire son avis à la lecture. En tout cas, ce premier pas dans l'univers (les univers plutôt) d'Agnès Marot m'ont beaucoup mais alors beaucoup plut. Je dois avouer que je ne m'attendais pas forcément à un livre si bon. Un coup de cœur au final pour un livre qui me parle énormément.

vendredi 15 avril 2016

Alouettes, Testament, tome 2, Jeanne-A debats

En regardant un peu ce qui avait pu sortir en numérique, je suis tombée sur Alouettes, le tome 2 de la série Testament sorti fin mars. Comme j'avais beaucoup aimé le premier et que cela me donnait l'occasion de retrouver Navarre, je me suis jetée dessus.

Alouettes, Testament, tome 2, Jeanne-A Debats

Editeur : ActuSF
Collection : /
Année de parution : 2016
Format : epub

A lire si :
- Vous avez aimé le premier tome
- Vous voulez une réécriture de Roméo et Juliette
- Vous aimez l'humour

A ne pas lire si :
- Vous voulez de la bit-lit à l'américaine
- Vous n'aimez pas qu'en presque tout tourne autour du sexe

Présentation de l'éditeur :

Je m’appelle Agnès, et je suis orpheline. Ah ! Et sorcière, aussi. Mon oncle m’a engagée dans son étude notariale. Ne croyez pas que le job soit ennuyeux, en fait, ce serait plutôt le contraire. En ce moment, tout l’AlterMonde est en émoi à cause d’une épidémie de Roméo et Juliette. Imaginez : des zombies tombant amoureux de licornes, des vampires roucoulant avec des kitsune, des sirènes jurant un amour éternel à des garous. Et tout ce beau monde défile dans notre étude pour se passer la bague au doigt. Mais la situation commence à sérieusement agacer les hautes autorités. Et comme l’AlterMonde n’est pas Vérone, à nous de faire en sorte que cette fois l’histoire ne se termine pas dans un bain de sang...

Mon avis

L'Héritière, le tome 1 de la série, m'avait beaucoup plu. J'avais adoré y retrouver Navarre, et découvrir les autres personnages. Du coup, j'avais très envie de les retrouver tous et cela depuis un moment. C'est donc chose faite avec un second tome tout aussi jouissif que le premier, voire même plus.

Nous retrouvons Agnès trois ans après l'Héritière et dans un état pas forcément super. Il faut dire que trois ans plus tôt, elle en a bavé et qu'elle s'est laissé submerger par tout cela. Alors, elle noie sa dépression dans l'alcool, la bouffe et les aventures sans lendemain. Et puis, arrive un couple de Romeo et Juliette à l'étude. Tout se serait bien passé s'ils étaient les seuls. Une épidémie semble touché presque tout l'AlterMonde. Agnès et ses compagnons vont devoir comprendre ce qu'il se passe et surtout arrêter le tout.

Commençons un peu par les personnages du roman. J'apprécie toujours Agnès, cette femme qui aurait presque pu être n'importe quelle femme. Elle doute, s'enivre (d'alcool ou de sexe), vit comme elle peut, comme elle le sent surtout. C'est une femme avec des faiblesses, rien à voir avec une superhéroine et c'est quelque chose que j'aime beaucoup en elle. Il en va de même avec les autres personnages. Navarre ou Zalia ont beau être des êtres surnaturels avec des pouvoirs, ils ont ce côté très humains qui fait qu'on les apprécie de suite. Mais le personnage qui m'a le plus touché dans ce tome, reste Géraud. Autant dans le premier tome, il m'avait plu mais sans plus. Par contre, là, il est se retrouve un peu au centre de tout et il parait lui aussi soudainement parfaitement humain (encore plus vers la fin du roman où j'ai eu beaucoup de peine pour lui d'ailleurs). On trouve bien sur de nouveaux personnages, dont Sylvain, un faune qui va un peu aider Agnès à remonter la pente ou encore Atropos, la kère dont le rôle m'a parfois semblé un peu flou, ou même Ogier, le premier Romeo (la visite du musée Beaubourg avec lui mettra en rogne les amateurs d'art contemporain). Et j'allais oublier Herfauges, qui même si nous ne le voyons que trop peu physiquement est toujours bien présent.

Ensuite, il y a l'histoire, une sorte de réécriture de Romeo et Juliette à la sauce AlterMonde. On tourne pas mal autour de l'amour et plus particulièrement du sexe qui va avec. D'ailleurs, Agnès passerait presque pour une obsédée parfois (les autres aussi d'ailleurs). Personnellement, ça ne me dérange absolument pas, surtout que le tout va parfaitement avec l'intrigue. Une intrigue bien foutue que nous découvrons petit à petit et qui n'a pas arrêté de m'étonner et qui donnerait envie de lire certaines de ses nouvelles si je ne l'avais pas déjà fait (à savoir celle du recueil Lancelot chez actuSF par exemple). Une intrigue qui sert aussi à Jeanne-A Debats pour parler de pas mal de chose. Elle s'y fait féministe, mais aussi anti slut-shaming, contre les grossophobes (oui Agnès a pris des kilos entre les deux tomes et alors ???). Elle s'en prend aussi à la connerie humaine et au terrorisme soit disant au nom de dieu. Elle n'y va pas par quatre chemin, donne son opinion (lisant son blog de temps à autre, il me semble réellement que ce n'est pas juste l'opinion de ses personnages. D'ailleurs, si cela avait été le cas, ça se serait senti). C'est d'ailleurs pour ses opinions que je partage sans mal que j'apprécie les écrits de Jeanne-A Debats. 

Au final, c'est un bon tome à l'intrigue intéressante, à l'humour très présent (j'ai ris, ça m'était pas arrivé depuis un moment)(et souvent en plus). J'aime toujours autant l'écriture de Jeanne-A Debats, ses opinions sur pas mal de chose (qui passe vraiment bien avec le tout) et ses personnages. Le seul défaut du livre ? Il est trop court. J'aurais bien passé plus de pages en compagnie de la petite troupe.




lundi 11 avril 2016

Capitaine Albator : Dimension Voyage, tome 1, Leiji Matsumoto et Kouiti Shimaboshi

Vous avez de la chance lecteur, je voulais commencer cet avis avec la chanson de Bernard Minet pour Albator 84. Mais cela aurait été un peu malvenu, vu que Dimension Voyage est en fait Albator 78 en animé.

Capitaine Albator : Dimension Voyage, tome 1, Leiji Matsumoto et Kouiti Shimaboshi

Editeur : Kana
Collection : /
Année de parution : 2016
Titre en VO :  Captain Harlock - Jagen Kôkai, book 1
Année de parution en VO : 2015
Nombre de pages : 160

A lire si :
- Vous êtes fan d'Albator
- Vous voulez découvrir le fameux pirate de l'espace

A ne pas lire si :
- Vous voulez les dessins originaux de Matsumoto
- Vous avez peur d'une redite avec les premiers manga du capitaine, datant de presque 40 ans maintenant

Présentation de l'éditeur : 


Il revient...! (et vous ne voulez pas que j'ai la chanson dans la tête, moi !!!)

On le dit hors-la-loi, traître, lâche ayant abandonné la Terre livrée à la corruption et à l'anarchie.
Alors qu'il est sans doute le seul espoir de l'humanité !
Le danger approche et un seul homme se dresse face à la menace sylvidre : Albator !


Mon avis

En 1984, débarquait Albator 84 sur nos télés. Je n'ai découvert la série que plus tard, étant née en 86. Je devais avoir quoi, quatre/cinq ans, pas plus, lorsque j'ai découvert Albator. Et je suis tombée amoureuse du pirate. Dans les rêves de la gamine que j'étais, je m'envolais avec lui à bord de l'Arcadia pour sauver la planète. Et depuis cette époque, j'avoue ne pas avoir beaucoup changé d'avis sur Albator. J'ai découvert la première série animé, les séries faisant partie du même univers (Galaxy Express 999 ou encore Gun Frontier pour ne citer que celles-là) et j'ai pris beaucoup de plaisir à regarder le film sorti il y a quelques temps (même si je le trouve trop court, et parfois trop fouilli). Bref, on pourrait presque dire que je suis une fan. Presque parce que jusqu'en 2013 (année de sortie du film et donc de l'intégrale des vieux tomes), je n'avais pas lu les mangas. Il faut dire qu'ils ne sont pas forcément simple à trouver en France (sauf si on trouve les tomes chez un bouquiniste ou d'occasion). 

C'est donc avec une grande nostalgie pour un animé qui m'avait fait entré de plein fouet dans la SF (suivrons Macross, puis plus tard Neon Genesis Evangelion pour ne citer qu'eux) que je me suis lancée dans ce premier tome de Dimension Voyage.

Capitaine Albator : Dimension Voyage n'est pas une nouvelle aventure d'Albator. Ça peut déranger ceux qui ont lu les premiers mangas, ceux dessiner par Matsumoto lui-même, moi ça ne me dérange pas, ne l'ayant pas lu (mais il est dans ma wishlist depuis un moment, il faudrait que je me le commande (avec l'intégrale de Queen Emeraldas aussi)). Dimension Voyage reprend la trame contre les Sylvidres. Pour ceux qui n'ont vu que les animés, c'est donc l'histoire d'Albator 78 (sans les parties et personnages trop enfantins...). La seule différence étant donc qu'il n'est pas dessiné par Matsumoto. C'est Kouiti Shimaboshi qui est au dessin et c'est d'ailleurs là sa première série. Le dessin est beau, il me semble un peu plus détaillé que celui du maître, disons plus moderne aussi (il y a quand même 38 ans entre les deux). Il respecte grandement le design de base. Des personnages élancés, de longues chevelures qui volent, un Albator qui ressemble bien à celui des animés, voire même du film, et puis des personnages secondaires petits et souvent bien moins détaillés que le héros, Kei Yuki (Nausicäa) ou Tadashi. Même si Matsomoto n'est pas à la plume, on ne se sent finalement pas dépayser.

Pour l'histoire n'ont plus, finalement. On retrouve dès le début les thèmes qui sont chers à l'auteur, la recherche d'un idéal, la nostalgie, mais aussi l'écologie (bon d'accord, on peut moins, mais elle est là quand même). Bon, vu que c'est une redite du premier manga, ce n'est pas forcément étonnant, vous me dirait. 

Mais que pensez alors de ce manga, de cette nouvelle série pas si nouvelle que ça ? En fan d'Albator, je dirais "foncez", juste pour retrouver le capitaine pirate et son vaisseau (alors oui, je suis autant amoureuse de l'Arcadia que de son capitaine). Après, avouons que pour le moment, avec un seul tome, il est difficile de voir jusqu'où va aller la similitude avec l'original. Pour ceux qui ne connaissent pas encore Albator, c'est plutôt un bon début aussi, même si rien ne vaux l'original à la base. En tout cas, je suis pour ma part ravie de retrouver Albator, et je dois bien avouer que j'en aurais lu un peu plus si j'avais pu (le second tome serait prévu pour juillet il me semble)(pas du tout sûre de moi sur le coup).