lundi 19 juillet 2021

Le Fardeau d'un Marches-Mondes, partie un : le Miroir, La Légende des Ombres, tome 1, M.A.D.

Je suis toujours très étonnée lorsqu'on me propose de lire un roman. Malgré mes quelques années de blogging et de bookstagram, j'ai du mal à me voir comme une influenceuse (ce que je ne suis pas) à qui l'on propose des produits. Et je suis surtout toujours ravie que l'on puisse me faire confiance. Je remercie donc M.A.D. pour la dite confiance.

Le Fardeau d'un Marches-Mondes, partie un : le Miroir, La Légende des Ombres, tome 1, M.A.D.

Editeur : M.A.D.
Collection : /
Année de parution : 2018
Format : PDF 

A lire si : 
- Vous voulez une histoire jeunesse
- Vous aimez bien quand des élèments du réel se mêlent à la fantasy

A ne pas lire si : 
- Vous voulez avoir toutes les réponses

Présentation de l'éditeur  

Tout commence par la mort du Héros.
Après sa chute d’un immeuble, Matt se réveille dans Le Miroir, monde dans lequel les Humains se réincarnent sous la forme d’enfants de 4 ou 5 ans. Seulement voilà, Matt, lui, n’a pas changé d’apparence et a conservé sa mémoire… Plongé dans un univers qui s’apparente à celui décrit dans ses anciens romans de fantasy, Matt va devoir suivre une formation ardue pour maîtriser les runes et l’art du combat afin de devenir un Ombre d’Elite et faire face aux Démons.
La menace est réelle et plane aussi bien sur le Monde des Humains que sur celui des Ombres et des autres peuples du Miroir.

Mon avis

Je ne vais pas vous mentir, bien qu'intriguée par ce que M.A.D. m'avait dit de son roman, je partais avec un méchant apriori. L'auteur m'a présenté le livre comme un roman proche de ce que peuvent être Harry Potter et Eragorn. Or, si les aventures du sorcier à lunettes me plaisent, ce ne fut pas du tout le cas pour Eragorn dont je n'ai jamais dépassé le premier tiers du premier roman. On le sait, en lecture, comme ailleurs, les aprioris, c'est pas super. Et c'est pour ça que j'ai décidé de lire le roman (parce que, de toute façon, selon moi, on peut pas faire pire qu'Eragorn).

Matt est un jeune homme comme la plupart d'entre eux. Si ce n'est qu'il a été adopté et que ses cheveux sont naturellement blancs alors qu'il n'a que 16 ans. Sa vie aurait pu être somme toute plutôt normale. Sauf qu'il va croiser des petits frappes et que, voulant les fuir, il va tomber d'un immeuble, entrainant sa mort. Et son réveil dans le Miroir, un monde plutôt étrange où les humains se réincarnent après leur mort. Mais, là encore, rien ne se passe comme prévu pour Matt, au lieu de renaitre sous l'apparence d'un enfant sans mémoire, il reste le même. Une anomalie qui ne passe pas totalement inaperçue. Aidé par Dijhnai, un Ombre (un des habitants du Miroir), il va devoir comprendre ce qu'il se passe dans ce nouveau monde. Et pour ça, rien de mieux que d'intégrer la plus prestigieuse école formant les Ombres.

Le Miroir est un roman jeunesse d'apprentissage qui nous entraine dans un univers assez complexe. On est dans un monde clairement fantasy, avec des elfes, des nains, des démons etc... tout en gardant pas mal d'élèment plus commun (nos héros portent des jean's par exemple en plus de leur armure). Le mélange est pour le moins audacieux (on est pas dans un Harry Potter où Poudlard se situe toujours dans notre monde, mais bien dans un autre monde) et fonctionne plutôt pas mal. Il y a un côté très "conte" dans ce monde du Miroir et j'apprécie particulièrement l'explication à cela. Pourtant, je trouve que parfois, l'auteur en fait trop. Il y a parfois trop de chose, trop d'informations. Cette première partie est une introduction et parfois, elle se veut plus que ça. Et j'avoue que je m'y suis parfois un peu perdue dans le trop plein de nouveauté (l'école et son fonctionnement, le train runique, la magie, les diverses population, les légendes émaillant ce monde (fort interessantes d'ailleurs)). Mais ce défaut est rapidement rattrapé par l'énergie qu'insuffle l'auteur dans son roman.

Une énergie que l'on ressent énormément grâce aux personnages. Plus particulièrement à l'un d'eux. On part ici sur le trio de base pour ce genre de roman. Nous avons Matt, le jeune homme qui découvre, Elyana, la fille du groupe et Djihnai, le bout en train (on va dire ça comme ça). Oui, c'est assez classique comme construction, surtout qu'on y ajoute un mentor pour le moins mystérieux. Mais comme on dit, c'est dans le vieux pot qu'on fait la meilleure confiture. Le trio fonctionne bien et est entrainé par un Djihnai des plus amusant. Le jeune homme a été le petit plus du roman pour moi. Sous des abords de je m'en foutiste et de fainéant, il cache bien plus que ça (d'ailleurs, l'auteur nous en dit juste pas assez à son sujet je trouve). Ce garçon illumine le roman. Bon, faut dire aussi que par son caractère et son rôle, il prend quand même pas mal de place. Assez pour éclipser le héros du roman, Matt. Enfin, éclipser, pas tout à fait non plus. Matt reste le personnage important du roman. Petit bémol par contre pour le rôle d'Elyana qui pour l'instant, n'est pas beaucoup présente.

Enfin, reste l'intrigue qui semble de prime abord bien compliquée. Pour tout dire, je pense personnellement que le fait que ce premier tome soit publié en deux parties n'aide pas tout à fait (mon aversion pour ce genre de pratique n'aide pas non plus, on est bien d'accord). On aurait pu espérer une simple intrigue à base de prophétie, de gentils contre méchants et puis basta. Il n'en est rien. On a l'intrigue principale qui commence à se dévoiler, qui est Matt, ce qu'il va devoir entreprendre et puis, il y a les secondaires qui vont avec, pourquoi leur mentor est si mystérieux et en quoi la guerre qui a eu lieu si longtemps avant est si importante pour la suite, qui est Djihnai ? Le fait de n'avoir qu'une partie du premier tome, même s'il a sa propre intrigue, ne permet pas de voir la totalité de celle du tome en entier. C'est bien dommage parce que, franchement, ce que l'on découvre donne vraiment envie. C'est intriguant et mystérieux. On se trouve à tourner les pages et à toujours en vouloir/savoir plus. Le tout est en plus entrainer par un style prenant, au ton moderne et des dialogues parfois fort amusant.

J'ai l'impression de mettre beaucoup attardé sur les défauts du roman alors que je l'ai beaucoup aimé. C'est un roman jeunesse de fantasy prenant, avec de bons personnages et une intrigue qui donne vraiment envie. J'avoue être très curieuse et vouloir connaitre la suite. C'est une découverte fort sympathique et je remercie encore son auteur de m'avoir fait confiance et de me l'avoir confié.

vendredi 16 juillet 2021

Astrevise, Skyward, tome 2, Brandon Sanderson

Il était temps que je lise le second tome de Skyward, même si maintenant je râle qu'on aura pas le prochain avant un moment. Et puis, ça me change un peu de ma relecture de Fils-de-Brume (que je ne vais pas tarder à continuer d'ailleurs).

Astrevise, Skyward, tome 2, Brandon Sanderson

Editeur : Le livre de poche
Collection : 
Année de parution : 2021
Titre en VO : Skyward, book 2: Starsight 
Année de parution en VO : 2019
Nombre de pages : 630

A lire si :
- Vous voulez du Young-Adult qui flirte gentiment avec l'adulte
- Vous aimez les IA un peu bizarre
- Vous voulez des phases de vol passionnantes

A ne pas lire si :


Présentation de l'éditeur : 

Spensa est devenue pilote et s’est engagée dans la guerre sans fin qui oppose les derniers survivants de l’espèce humaine, menacée d’extinction, aux Krell, un mystérieux peuple extraterrestre. Ayant réussi à faire réhabiliter la mémoire de son père, accusé injustement de trahison, Spensa est maintenant membre à part entière de la Force de Défense Rebelle.
Alors qu’elle vient tout juste de commencer à prendre la mesure de ses nouveaux pouvoirs cytoniques, Spensa reçoit d’une extraterrestre mourante, Alanik, les coordonnées de la station spatiale Astrevise, où se trouve la clé de la survie de l’humanité. Elle décide d’infiltrer le lieu et se trouve malgré elle piégée dans des intrigues politiques qui la dépassent. 

Mon avis

J'avais très envie de lire la suite de Skyward. J'ai tellement aimé le premier que j'avais déjà eu plusieurs fois envie de le relire (alors que je l'ai lu seulement en novembre de l'année dernière, mais ça me fait toujours ça avec Sanderson (là, je me relirais bien Elantris par exemple si je n'avais pas Fils-de-Brume à finir). Du coup, quand j'ai enfin eu fini de lire mes quelques obligations (pour cause de challenge) et que mes problèmes de santé se sont enfin fait la malle, je me suis un peu jetée dessus. 

On se retrouve quelques mois après la bataille d'Alta II qui cloture le premier tome. L'humanité est toujours boqués sur Détritus par les Krell mais à commencer à prendre pieds sur les plateformes entourant la planète, première ligne de défense de celle-ci. Spensa et l'escadrille Skyward (je suis désolée, je n'arrive pas à la nommer Vers les Etoiles comme en français, je ne sais pas pourquoi)(alors que je lis en VF et que dès que je voyais le nom, mon cerveau faisait le switch sans même que je ne m'en rende compte)). Un jour, lors d'une attaque, Spensa et Kimmalyn sauvent une extraterrestre. Celle-ci donne les coordonnées d'Astrevise, une immense station spatiale de la Supériorité à Spensa. La jeune femme va s'y infiltrer pour essayer de découvrir les secrets de l'hyperpropulsion mais aussi de ses pouvoirs. Elle ne se doute pas qu'elle va devenir un pion dans l'échiquier politique...

Spensa est enfin devenue pilote. Mieux (enfin pas trop pour elle), elle est devenue une héroine. Suite à ses actions durant Skyward, elle a pu réhabiliter la mémoire de son père et pense vivre une vie enfin à peu prés normale aux commandes de son vaisseau. Ou pas, donc. Parce que Spensa est une cytonique, quoique cela puisse réellement dire. Parce que sa planète est toujours la cible de la Supérioté et, surtout, parce que les Fouilleurs, un ennemi pire que tout le reste, sont toujours présent, quelque part dans le nulle part. Pour répondre à toutes ses questions sur ce qu'elle est mais aussi pour sauver Détritus, elle va prendre la place d'Alanik, une extraterrestre, et infiltré une station spatiale. 

On la découvre alors un peu plus posée que ce qu'elle nous a déjà montrer. Bon, Spensa reste Spensa. Elle est têtue, casse-cou, parfois peu sûre d'elle. Elle a un peu arrêter de déclamer de grandes phrases un brin barbare contre ses amis et ennemis aussi. Mais globalement, c'est bien elle. J'aime beaucoup cette nouvelle Spensa qui réfléchit un peu plus avant de se lancer (bon pas toujours beaucoup, on va quand même le dire). Sa relation avec M-Bot aussi évolue dans le roman. L'IA du vaisseau prend de plus en plus conscience de lui-même et cela déstabilise les deux personnages. J'aime toujours autant l'IA, qui garde une fraicheur apaisant dans le monde de brute où vit la jeune femme. Et puis, il y a les nouveaux venus. Car, si Spensa est séparée de son escadrille, elle va en trouver une autre, faite presque entièrement d'extraterrestre. On y trouve Hesho et son équipage, des sortes de gerbilles-renard. Hesho, leur capitaine (et roi aussi) remplace un peu Spensa dans les envolées lyriques. Il y a aussi Vapeur, un être fait d'odeur ou encore Morriumur, um dione pas encore né (iel est le peut-être résultat de l'accouplement de ses parents, mais je vous laisse découvrir).

L'histoire, elle, semble banale et un peu répétitive dans les phases de vol. Elle est surtout là pour nous faire comprendre les erreurs/horreurs des guerres et ce qui en découle, et surtout la manière dont l'on peut percevoir l'autre, que se soit justement l'autre-ennemi ou juste l'autre-étranger (vous m'excuserez les termes un peu vastes).  J'ai grandement apprécié l'emploi des pronoms neutres tout le long du roman pour les extraterrestres non genrés (les diones ou les varvax par exemple), le cas des diones étant des plus intéressants puisqu'ils sont clairement nonbinaires tout le long de leur vie, se définissant par exemple par parent droit ou parent gauche lorsqu'ielles ont des enfants (j'ai aussi découvert le mot onclante pour parler des oncles et tantes dans ce cas, j'ai beaucoup aimé). Sur ce point Mélanie Fazy a fait un formidable travail de traduction que l'on peut vraiment apprécié. La différence et son acceptation est vraiment au centre de toute l'histoire et c'est franchement sympa.

Mais est-ce que ce roman n'a pas de défaut ? Ben si, pour moi, par contre, il en a un. Il est un poils long. Alors oui, Sanderson est un pro du pavé, mais il est aussi capable de faire court (Légion, qui est juste génial, en est la preuve). Par contre, il semble qu'il ne soit pas tout à fait capable d'écrire un roman de taille plus commune. Ici, parfois, il parle trop. Certains passages sont trop longs à mon gout. 

Au final, on s'en doute malgré quelques longueurs, c'est un coup de coeur de mon côté. J'ai toujours autant envie de voler dans l'espace avec Spensa (j'ai pas parlé de ça, mais les vols spatiaux sont plutôt cohérent dans leur ensemble par rapport au fait que ce soit dans du vide (pas de bruit, inversion des poussées pour freiner etc...)). J'ai beaucoup apprécié aussi que ce Young-Adult se penche sur la non binarité et les genres et qu'il le fasse de manière assez intelligente (il y a aussi une partie sur le transhumaniste)(et ça, même si ça veut surtout pour les races extraterrestres, j'aurais peut-être voulu voir certaines choses chez les humains, mais comme on les voit pas beaucoup beaucoup). Bref, vivement la suite (la série est prévue sur quatre bouquins, le troisième aurait du sortir en VO au printemps, il le serait en novembre, ce qui fait qu'on l'aura surement fin d'année 2022 voir début 2023)


lundi 12 juillet 2021

Le Prince Caspian, Le Monde Narnia, tome 4, C.S. Lewis

 Je rattrape mon retard du Narnia Readathon. Le mois dernier, je n'ai eu ni le temps ni le courage de lire le tome prévu. Avant de commencer celui de ce-mois, je me suis remise à jour. L'avantage de Narnia, c'est que ça se lit vite, et qu'il m'a fallu une après-midi pour me remettre à jour.

Le Prince Caspian, Le Monde Narnia, tome 4, C.S. Lewis

Editeur : Gallimard
Collection : Jeunesse
Année de parution : 2005
Titre en VO :The Chronicles of Narnia 
Année de parution en VO : 1998
Nombre de pages : 869

A lire si :
- Vous voulez de la fantasy jeunesse

A ne pas lire si :
-Vous voulez un roman long
- Vous n'aimez pas le manque de nuance

Présentation de l'editeur : 

Peter, Susan, Edmund et Lucy sont sur le point de se séparer pour entamer une nouvelle année scolaire. Ils attendent le train qui doit les conduire en pension quand, tout à coup, ils sont transportés dans le pays de Narnia où ils ont régné autrefois. Mais si, pour eux, une année seulement s'est écoulée, dans leur ancien royaume des siècles ont passé. Le palais royal est en ruines. Parviendront-ils à ramener la paix dans le monde magique de Narnia ?

Mon avis

Le Prince Caspian a toujours fait parti de mes tomes préférés de Narnia. Pourtant, je n'en garde qu'un très vague souvenir, la faute au film, qui en est tout de même assez différent. J'étais donc ravie de relire ce tome-ci et de retrouver enfin le plaisir de lire Narnia.

Le Prince Caspian se passe des années, des siècles même, après que les enfants Pevensie combattirent la sorcière blanche. Narnia est sur le déclin. Les Telmarin ont pris le pouvoir et, petit à petit, les animaux ont arrêté de parler, les humains ont pris toute la place et on en est même venu à oublier Aslan. C'est dans ce royaume qu'à grandit Caspian. Nourri des récits de l'ancien Narnia, c'est un garçon idéaliste. Lorsqu'il découvre que son oncle a tué son père, alors roi, et compte faire de même avec lui, il s'enfuit. Il monte une rebellion avec ce qu'il reste de l'ancien Narnia. Malheureusement, le peuple narnian est encore faible et ils perdent la guerre. Alors que tout semble perdu, Caspian souffle dans la trompe de la reine Suzanne.  Au même moment, les enfants Pevensie attendent sur le quai de la gare. Ils sont soudainement attiré à Narnia...

On suit d'abord les enfants Pevensie dans leur redécouverte de Narnia. Là où ils avaient laissé un monde prospère et chaleureux, ils ne trouvent qu'une île, paradisiaque mais une île quand même, des ruines et un verger. Il va leur falloir un moment avant de se rendre compte qu'il se trouve à Cair Paravel des siècles après leur règne. Un décalage qui ne leur fera pas que du bien d'ailleurs. S'ils se souviennent de leur Narnia, le paysage de celui-ci a changé, tout autant que les habitants. Le contraste entre les souvenirs et la réalité donne quelque chose de mélancolique à l'histoire, chose qu'on ne trouve pas forcément dans les tomes précédents. Il y a aussi cette impression de paradis perdu qui revient assez souvent de leur côté. Du moins, jusqu'à ce qu'Aslan refasse son apparition et qu'ils rencontrent Caspian.

Côté Caspian, on est sur une histoire de conte assez classique. Un enfant qui a grandit nourri par les histoires de sa nourrice et qui va finir par les vivre. Il reste un personnage assez candide, même lorsqu'il se veut héroique. Mais surtout, il est souvent particulièrement effacé face à Peter, Suzanne, Edmund et Lucy. A tel point qu'on oublie parfois que le roman se nomme Prince Caspian et pas "le retour des Pevensie". Je trouve dommage cette mise en arrière du personnage. Il a tellement plus à y gagner.

D'ailleurs, c'est là que le film dépasse le roman pour moi. Dans le film, Caspian a un vrai rôle. De plus, j'aime particulièrement l'opposition entre lui et Peter qui n'existe pas dans le roman. Le film se devait d'être plus spectaculaire, plus long aussi. Il réussit cela parfaitement et surtout, il ne dénature pas l'histoire (on y retrouve les points importants, tout en y ajoutant des scènes plutôt sympathiques (l'attaque du chateau de Caspian par exemple)).

Au final, c'est un tome qui reste assez classique dans sa construction mais que j'apprécie toujours autant. Et puis, j'aime toujours autant Caspian, même si on ne le voit pas assez à mon gout. 

mercredi 7 juillet 2021

Hors-Sol, Pierre Alféri

 J'ai croisé la route de ce roman un peu par hasard à la libraire alors que je cherchais totalement autre chose (que je n'ai pas trouvé d'ailleurs). Sa quatrième m'a intrigué, son feuilletage aussi. Du coup, je l'ai embarqué.

Hors-Sol, Pierre Alféri

Editeur : Folio
Collection : SF
Année de parution : 2021
Nombre de pages : 416

A lire si 
- Vous aimez avoir tous plein de petits récits qui forment une grande histoire

A ne pas lire si :
- Vous souhaitez un vrai fils rouge narratif

Présentation de l'éditeur : 

2103. An quarante de la nouvelle ère. Ce qui reste de l’humanité survit dans des nacelles suspendues au-dessus de la Terre. Dans la haute atmosphère, où l’air est encore respirable, de frêles esquifs rattachés à un mystérieux Navire Amiral abritent d’étranges survivants. La surface de la Terre, en surchauffe, voit se succéder épidémies et cataclysmes. Il a fallu se faire à la vie suspendue entre ciel et terre. Les minuscules communautés inventent une nouvelle vie, chacune mal soudée par un hobby qui les rassemble. On ne mange plus, on s’imprègne. On surgèle les mourants, et plus haut, des « aristechnocrates » surveillent, et plus haut encore le Navire Amiral se tait.
Hors sol est un grand roman poétique d’anticipation qui, de nacelle en nacelle, invite le lecteur à explorer une nouvelle vie humaine dans le ciel autour de feu la Terre. On y retrouve surtout les tendances les plus folles de notre société contemporaine : écartèlement des classes, saccage du vivant, insularisation et hyperconnexion, dérives transhumanistes, hédonisme sexuel et indifférence…

Mon avis

Comme je le disais, j'ai été intrigué par la quatrième de couverture du roman. Suite aux déréglements climatiques, l'humanité a dut fuir la Terre. Pour cela, elle a organisé une lotterie pour choisir ceux qui iraient sur Mars. Mais alors que le Navire Amiral décolle, le voilà subissant une avarie et les humains à son bord se trouve dispatchés à 13 000 mètres de la terre dans des nacelles. Nous allons découvrir la vie des diverses nacelles quarante ans après le départ du Navire Amiral et de son avarie.

Pour faire cet instantanée, l'auteur va nous ouvrir les portes des nacelles de diverses manières. Nous allons donc suivre des articles de blog, des mails, des conversations, lire des poèmes, des journaux, "voir" certaines interactions etc... Le tout forme donc une sorte de guide sociologique et anthropologique de la vie en nacelle en l'an 40 de l'Epoque. Ainsi, nous allons découvrir les diverses nacelles (mais pas toute), leur mode de fonctionnement, le peu d'interaction entre humains du fait de la distance entre les diverses nasses, mais aussi les glacelles, nacelle réfrigérée où l'on congèle les vieux et les mourrants dans l'idée de pouvoir les sauver plus tard, la gymnasse (pour faire de la gym donc), la cassinasse (nacelle casino) ou encore la lupanasse (nacelle lupanar). 

Le roman avait beaucoup pour me plaire. D'ailleurs, j'étais ultra enthousiaste au début de ma lecture. Et puis, le soufflé est légèrement retombé pour finir par vouloir rapidement terminé ma lecture et passé à autre chose. Il a manqué, pour moi, un vrai fil rouge narratif dans cette histoire. Il y en a pourtant quelques uns. Le mystère de la mort des occupants de toute une nacelle (qui ne sera pas élucidé, ne rêvons pas) occupe un peu de notre temps mais sans plus. Après, ce ne sont que succession de moment, parfois reliés entre eux, souvent non. On finit par s'y perdre.

Autre chose qui a finit par me déranger, ce sont, eh bien, les idées que veut véhiculer l'auteur. J'ai eu beaucoup de mal avec certaines. Ses personnages soient soient accros aux réseaux sociaux, soit complètement déconnectés de la réalité, soit obsédé par telel ou telle chose (le sexe et la mort étant pas mal présent). Parfois, j'ai eu l'impression de lire un Damasio dans sa mauvaise période (je trouve, que notre ami Damasio vieillit très mal et devient de plus en plus aigris, de plus en plus "boomer" aussi). Et c'est là que j'ai fini par décrocher. Parce que je n'arrive tout simplement pas à imaginer le même futur que lui. Ce qu'il voit comme des défauts, comme un avilissement de l'humanité, c'est ce que nous vivons déjà et que nous arrivons à surpasser. En fait, le problème, c'est qu'il réfléchit comme un homme de 58 ans pour qui s'était mieux avant (enfin, c'est comme ça que je le vois). 

Au final, ce fut donc une deception. Le roman aurait pourtant pu me plaire, il m'a plu par sa forme, moins par son fond. Il reste intéressant à lire dans la mesure où il est rare de tomber sur ce genre là, cet amoncellement d'instant de vie qui forme un tout cohérent, une image d'un monde et d'un temps précis. 


mercredi 30 juin 2021

Les Nuages de Magellan, Estelle Faye

 J'entame une période SF. J'ai une pile à lire dans le genre (avec plutôt du Space Opéra dedans d'ailleurs mais pas que) qui a tendance à grossir depuis un moment. Il est temps de la vider un peu. Et je commence avec Estelle Faye, dont j'ai aimé Un éclat de Givre. Je me doutais que j'allais apprécié, je ne pensais juste pas que ça serait à ce point.

Les Nuages de Magellan, Estelle Faye

Editeur : Folio
Collection : SF
Année de parution : 2020
Nombre de pages : 306

A lire si :
- Vous voulez du Space Opera sans gros combat spatial
- Vous voulez une histoire de transmission

A ne pas lire si :
- Vous voulez des gros combats.

Présentation de l'éditeur : 

27ème siècle. L’Humanité s’est étendue à toute la Voie Lactée. La nouvelle frontière, ce sont désormais les Nuages de Magellan, mais les Compagnies ont fini par renoncer à tout projet de colonisation, préférant les affaires aux rêves d’exploration spatiale. Deux siècles auparavant, l’humanité a pourtant maîtrisé l’énergie sombre, une ressource quasi illimitée, mettant ainsi fin aux guerres pour les énergies fossiles. Ont suivi plusieurs siècles de liberté, d’exploration, d’avancées… Puis, insidieusement, de nouveaux jeux de pouvoir et d’influence se sont mis en place, conduisant à la multiplication des hors-la-loi. Depuis, un mythe court la galaxie : des pirates auraient créé sur Carabe, une planète perdue, une république idéale, hors d’atteinte du pouvoir des Compagnies. Dans l’un des derniers postes frontières avant les Nuages, Dan, une jeune serveuse idéaliste, chante du blues dans un bar pseudo texan tout en rêvant d’aventures stellaires. Elle est fascinée par Mary, une cliente taciturne dont on dit qu’elle serait peut-être une ex-pirate… Les Nuages de Magellan n’ont pas dit leur dernier mot !

Mon avis

J'ai pris ce livre parce que j'ai aimé, énormément, un Eclat de Givre. J'avais très envie de retrouver la plume d'Estelle Faye et de la découvrir sur un Space opera, genre que je ne connais pas assez à mon goût (d'ailleurs, pour la peine, je suis en train de lire Space Opera ! chez les Moutons electriques qui retrace l'histoire du genre de sa création jusqu'à Star Wars, et c'est particulièrement intéressant)(mais on en reparle dès que je l'aurais fini). 

Tout commence par Ankhou, un port spatiale et la grève des pilotes contre le monopole des Compagnies sur les voyages spatiaux. La répression du mouvement est violente, terriblement. Ankhou, les pilotes, ses habitants, tout est détruit par les armées des Compagnies pour faire un exemple. A plusieurs années lumières de là, Dan, serveuse de son état, découvre les images avec horreur. Alors que la soirée devient une veillée funéraire, elle va chanter pour l'Ankhou. Une prestation un peu trop remarquée qui va l'obliger à fuir et à se cacher dans la navette de Mary Reed, une de ses clientes. Or, la femme fuit elle aussi les compagnies et entraine sans le savoir Dan dans son sillage. Les deux femmes vont devoir cohabiter pour s'en sortir. Petit à petit, Mary s'ouvre à la jeune serveuse. Elle est en réalité Liliam Rochelle, capitaine d'un vaisseau pirate légendaire et peut-être la dernière pirate à savoir où se trouve Carabe, planète de toute les libertés.

Commençons par nous débarrasser des choses que je n'ai pas totalement apprécié dans le roman. Parce que, oui, il y a des choses que je n'ai pas forcément aimé. La première, c'est une limite assez poreuse entre le jeunesse et l'adulte. Cette limite, on la doit au personnage de Dan, à sa jeunesse (elle doit avoir une vingtaine d'année, peut-être moins) et à son rôle d'apprentie auprès de Liliam. On la doit aussi à quelques passages bien trop vite expédiés. Et ça, c'est peut-être la seconde chose que j'ai moins apprécié. Le roman passe parfois trop vite sur certains points. Après, tout cela est forcément purement subjectif. J'ai une grosse tendance à aimer les pavés qui prennent leur temps et parfois, me trouver avec un livre de 300 pages dans les mains, ça me fait bizarre (surtout que j'ai justement enchainé les gros pavés ces derniers temps).

Maintenant que c'est fait, passons à tout ce que j'ai aimé. Déjà, il y a tout le worldbuilding, comme on dit en anglais, tout l'univers du livre donc. Que se soit les vaisseaux spatiaux et leur écosystème ou les planètes et planétoïde aux histoires riches que l'on va visiter à la suite de Liliam et Dan, j'ai aimé la manière dont tout est mis en place. Mais surtout, tout concorde à mettre en place les thèmes principaux du roman. Rien n'est laissé au hasard, tout nous ramène, d'une manière ou d'une autre à Carabe, cette planète légendaire libre de toutes attaches aux Compagnies. Et franchement, il y a de quoi dire sur le monde, que se soit sa mythologie (la Première Terre, la découverte de l'énergie sombre, la conquête de l'espace avec les Nuages de Magellan comme limite, les lois de bio et cyber éthique etc...), les cultures abordées ou la politique.

Et parlons donc des thèmes. Il y a, bien sûr, la liberté. Celle de partir explorer l'espace, celle de faire ce que l'on veut, de ne pas subir le joug des Compagnies (et donc du capitalisme), de vivre sa vie comme on l'entend. On le retrouve dans chaque histoire des personnages, principaux comme secondaires. Mais c'est Liliam et Dan, et elles seules, qui porte l'autre thème principal, celui de la transmission. Que j'ai aimé suivre les récits de l'ancienne pirate. Ils ont quelque chose de poétique, de doux et de mélancolique aussi. J'ai aimé voir Dan les écouter presque religieusement et commençait à entrevoir sa propre liberté. Les deux s'entremêlent pour nous donner le récit de la Grande Piraterie.

J'ai apprécié que ce récit soit un récit au féminin. J'ai aimé Liliam et Dan, la relation qui se lie entre elle de maitre à élève puis un peu plus que ça. Ca faisait un bon moment que je n'avais pas vu ce genre de relation dans un roman. Et puis, il y a aussi la relation que l'on découvre petit à petit dans les souvenirs de Liliam, celle de la pirate avec sa capitaine, la légendaire Sol Saint-Clair. Oh, bien sûr, il y a des personnages masculins, mais ils ne sont pas parmi les protagonistes principaux et ça fait du bien. Parce que, oui, et re oui, la SF et le space opera, ça peut aussi être au féminin, et même queer et très bien l'être, comme nous le prouve ici Estelle Faye. 

Pour conclure, c'est un space opera des plus plaisants qu'Estelle Faye nous livre ici. J'ai vraiment eu un gros coup de cœur pour l'univers et les thèmes, le tout allié au style de l'autrice que j'apprécie déjà beaucoup. Vraiment, je trouve qu'il nous faut plus de SF comme celle que propose l'autrice dans nos vies. 

lundi 28 juin 2021

We hunt the Flame, Hafsah Faizal

 J'avais très mais alors très envie de découvrir ce roman, premier tome d'une duologie, the Sand of Arawyia. J'en avais entendu beaucoup de bien et son histoire me plaisait énormement. Alors, je me suis lancée pour le mois de la fantasy. Et il m'aura fallu plus d'un mois pour le lire. Pourquoi, c'est ce qu'on va voir.

We hunt the Flame, Hafsah Faizal

Editeur : Farrar, Straus and Giroux
Collection : /
Année de parution : 2019
Format : AZW

A lire si :
- Vous voulez un monde d'inspiration arabique (basé sur le moyen-orient)
- Vous aimez les quêtes

A ne pas lire si 
- Votre niveau d'anglais est plutôt moyen (franchement, j'ai galéré)

Présentation de l'éditeur : 

People lived because she killed.
People died because he lived.
Zafira is the Hunter, disguising herself as a man when she braves the cursed forest of the Arz to feed her people. Nasir is the Prince of Death, assassinating those foolish enough to defy his autocratic father, the king. If Zafira was exposed as a girl, all of her achievements would be rejected; if Nasir displayed his compassion, his father would punish him in the most brutal of ways.
Both are legends in the kingdom of Arawiya—but neither wants to be.
War is brewing, and the Arz sweeps closer with each passing day, engulfing the land in shadow. When Zafira embarks on a quest to uncover a lost artifact that can restore magic to her suffering world and stop the Arz, Nasir is sent by the king on a similar mission: retrieve the artifact and kill the Hunter. But an ancient evil stirs as their journey unfolds—and the prize they seek may pose a threat greater than either can imagine.
Set in a richly detailed world inspired by ancient Arabia, We Hunt the Flame is a gripping debut of discovery, conquering fear, and taking identity into your own hands.

Mon avis

Comme je le disais, j'ai lu ce roman dans le cadre du mois de la fantasy. Bon, j'ai mis plus d'un mois à le lire, du coup, je ne le compte pas dans le challenge. Je l'avais choisi pour la catégorie "Et commençons le périple", qui englobait autant le voyage dans le roman que le dépaysement pour le lecteur. We hunt the Flame nous entraine dans un monde fortement inspiré par le moyen-orient, celui que l'on imagine quand on pense aux Contes des Milles et unes nuits par exemple (enfin, pas tout à fait non plus, on va voir ça plus tard). 

Si j'ai mis autant de temps à le lire, c'est pour deux raisons. La première est personnelle et vous la connaissez puisque j'en ai déjà parlé. Il s'agit de mes problèmes de santé, de la fatigue qui va avec et de mon manque flagrant de concentration. Sur un roman comme celui-ci, ça ne pardonne pas du tout. La seconde en découle forcément. Le niveau de langage est plus exigeant que ce que j'ai pu lire pour le moment en VO. Entre les termes arabes, dont la signification n'est donnée qu'une seule fois dans le texte (merci le lexique que l'on peut trouver ici) et le niveau de la VO, j'ai parfois du relire certain passage plusieurs fois pour bien comprendre. Autant vous dire que pour le coup, j'espère grandement que le roman soit traduit en français pour pouvoir le lire sans la barrière de la langue (et j'espère tout autant que la traduction gardera les mots arabes dedans). 

Passons à présent au roman en lui-même. Zafira est the Hunter, déguisé en homme, elle part chasser dans the Arz, une forêt maudite et dangereuse pour pouvoir nourrir son peuple. De son côté Nasir est le fils du Sultan. Il est surtout son assassin, le Prince of Death. Tous les deux sont enfermés dans leur rôle et tous les deux sont devenus des légendes dans le royaume d'Arawyia. Alors que l'Arz grandit de jour en jour, Zafira par en quête d'un ancien artefact perdu qui pourrait le faire reculer. De son côté, Nasir est commandité par son père pour retrouver the Hunter, s'emparer de l'artefact puis tuer sa proie. Mais rien n'est simple et un ennemi commun se tapit dans l'ombre.

J'ai clairement adoré l'univers du roman. Le monde imaginé par l'autrice a été maudit voilà des années. Les califats composant le royaume, aux nombres de six, ont vu leur climat changé. Ainsi, Demenhur, le califat où vit Zafira est envahi par la neige. Au milieu de ses califats se trouve l'île de Sharr, destination finale de Zafira et Nasir dans le roman. Les descriptions de l'autrice font qu'on s'y croit vraiment et le dépaysement est, du coup, réel pour moi. La partie fantasy s'intègre parfaitement, faisant de ce monde quelque chose de foisonnant et merveilleux (même si, on va pas se mentir, y vivre doit pas être simple du tout). J'ai aussi aimé toute sa mythologie, passionnante et bien documentée ici. Autre chose ultra appréciable, ce sont les petits ajours de l'autrice, par exemple le mariage de Yasmine, la meilleure amie de Zafira et quelques autres scènes de vie. Bref, l'univers est génial et rien que pour lui, j'ai adoré lire le roman. 

Ensuite, il y a les personnages. J'ai de suite accroché avec Nasir. Le prince de la mort est un personnage comme je l'ai apprécié. C'est un homme déjà brisé par la vie, qui n'a plus beaucoup d'espoir. Il obéit à son père par peur de devenir miséricordieux et que le Sultan ne le punisse pour ça en blessant (ou pire) les rares personnes qu'il aime. Chose qu'il a déjà faite d'ailleurs. Nasir n'ose donc plus aimé, ni même espérer. Sa rencontre avec Zafira va un peu changer tout ça. Pour elle, j'ai eu un peu plus de mal avec elle au début. Disons qu'elle parait presque trop forte. Et puis, rapidement, l'autrice nous fait part de ses défauts, de ses faiblesses et là, j'ai commencé à bien plus l'apprécier. C'est d'ailleurs une chose récurrente ici, les personnages, qui ont tout pour être ultra fort, ont tous d'énormes fêlures.  Ce sont ces fêlures qui les caractérisent et qu'ils vont, tous autant qu'ils sont, tentés de réparer avec l'aide des autres. Et cela que se soit pou Nasir et Zafira, ou pour le reste du groupe, Altair (général du Sultan que Nasir doit aussi assassiné à la fin de leur mission), Benyamin (un safin, un être immortel semblable à un elfe de Tolkien) ou encore Kifah (une guerrière redoutable à la lance). 

Enfin, il y a la quête. Une quête qui parait plutôt banale de prime abord. Pour rappel, le groupe cherche un artefact ancien qui devrait, d'une manière ou d'une autre briser la malediction pesant sur Arawyia. Or, la quête va mener le groupe à bien plus que ça. Même si on reste sur de la fantasy classique ici, tout cela reste passionnant. J'aime le mélange de la quête fantasy et de la rencontre avec des ennemis que nous voyons rarement en fantasy occidentale (coucou les ifrits par exemple). 

Au final, j'ai beaucoup aimé ce que j'ai lu (et compris du roman). Je regrette vraiment de l'avoir lu dans cette période pas top pour moi par contre (j'ai souvent pensé l'arrêter pour le reprendre plus tard). Je vais attendre un peu avant de me lancer dans le second tome par contre (justement pour que j'aille mieux et que je puisse me concentrer dessus). C'est un roman vraiment envoutant qui mérite d'être découvert. 

lundi 14 juin 2021

Le Puits de l'Ascension, Fils-de-Brume, tome 2, Brandon Sanderson

 J'ai mis un petit moment avant de finir les quelques 1000 pages de ce second tome. Faut dire que le début du mois n'a pas été génial pour moi. J'ai eu (et j'ai toujours) beaucoup de mal à me concentrer à cause d'une fatigue constante. Pas vraiment  le meilleur moment donc pour ce pavé, heureusement que je le connaissais déjà donc.

Le Puits de l'Ascension, Fils-de-Brume, tome 2, Brandon Sanderson

Editeur : Le livre de poche
Collection : Fantasy/Orbit
Année de parution : 2012
Titre en Vo : Mistborn, book 2 : The Well of Ascension 
Année de parution en Vo : 2007

A lire si :
- Vous avez aimé le tome 1
- Vous aimez les personnages assez complexes
- Vous aimez les parties plus politique
A ne pas lire si :
- Vous voulez découvrir tout un pays, un monde
- Vous voulez du "vrai" voyage initiatique, au sens premier du terme
 
Présentation de l'éditeur

Le Seigneur Maître est tombé.
La guerre peut commencer.
En mettant fin au règne brutal et millénaire du tyran, ils ont réalisé l’impossible.
À présent, Vin la gamine des rues devenue Fille-des-Brumes, et Elend Venture le jeune noble idéaliste doivent construire un nouveau gouvernement sur les cendres de l’Empire. Mais trois armées menées par des factions hostiles, dont celle des monstrueux koloss, font le siège de Luthadel. Alors que l’étau se resserre, une légende évoquant le mystérieux Puits de l’Ascension leur offre une lueur d’espoir.
Et si tuer le Seigneur Maître avait été la partie la plus facile ?
 
Mon avis

Le Seigneur Maitre est mort. Vive le roi. Après la Chute, Vin, Elend et la bande de Kelsier ont pris la direction des opérations, comme le voulait Kell. Elend est donc devenu roi, a mis en place une Assemblée, a créé la plupart des lois qui régissent son nouveau royaume, le tout aidé par les autres. Mais la petite utopie du jeune homme tourne court. Pas même un an après la Chute, Straff Venture, autoproclamé roi du Dominat Boréal assiège Luthadel avec l'espoir d'y trouver l'atium du Seigneur Maitre. Il n'est d'ailleurs pas le seul à avoir eu l'idée. Cett, roi du dominat de l'ouest, apparait peu après. Pris en tenaille, la bande va tout faire pour que sauver Luthadel. Pendant ce temps, alors qu'elle fait tout pour garder Elend en vie, Vin perçoit d'étranges vibrations dans les brumes qui pourraient provenir du Puits de l'Ascension. Et si son pouvoir permettait de sauver la ville et ceux qu'elle aime ?

Lors de ma première lecture, j'avais adoré le fait que la Chute soit réellement un élément perturbateur, que l'utopie d'Elend n'en soit finalement pas une, que tout le monde galère après la fin de l'Empire Ultime qui avait permis mille ans de paix même si celle-ci était tout de même bien tyrannique. Forcément, c'est un élément que j'apprécie toujours autant. Il est même fort possible que je l'ai encore plus apprécié à cette seconde lecture. J'aime particulièrement tout ce qui concerne la politique dans Fils-de-Brume et ici je suis servie. L'avantage de savoir ce qu'il va se passer (même si je gardais un souvenir un peu plus vague que pour le premier tome) c'est que j'ai pu me penché sur le pourquoi ça se passe. Redécouvrir les erreurs commises par les uns et les autres, les complots, etc...  

Si l'on pense d'ailleurs que cette partie est là pour mettre en valeur Elend, qui devient personnage principal dans ce tome, ce n'est pas tout à fait le cas. Ou alors, c'est juste parce que c'est une relecture et que je me suis penchée sur les détails et sur les autres personnages. Non, je n'ai pas totalement laissé le jeune roi de côté, je l'aime toujours autant. Mais disons que ses interactions avec les autres sont des plus intéressantes. Parce que durant une bonne partie du roman, jusqu'à l'arrivée de Tindwyl, je dirais, Elend reste toujours égal à lui-même. Ce sont les autres qui le poussent. C'est à cause d'eux qu'il n'arrive pas à se détacher de l'image de Kelsier et du poste de chef de bande qu'il a pris un peu par hasard. On redécouvre la petite bande de voleur sous un autre jour. Les interactions entre eux ne sont plus tout à fait les mêmes durant une bonne partie du roman, à l'image de ce qu'il se passe pour Elend. Tant que la bande ne fait pas front commun, Elend galère dans son rôle de roi. En fait, tant que Kelsier est toujours là dans leur esprit à tous, rien ne se passe comme il faut. Je ne m'étais pas totalement rendu compte du rôle de Kelsier dans ce second tome. Bien sûr, son "fantôme" est toujours présent, ce qui est normal. Mais en réalité, même en étant mort, il tient toujours les rênes d'une manière ou d'une autre (Attention Spoiler : Bon, forcément, je sais que Kelsier n'est pas mort, c'est quelque chose qu'on apprend plus tard et qui éclaire forcément pas mal de chose en fait dans le cosmere). Chose que l'on ressent aussi bien avec Elend ou avec Vin.

En parlant de Vin, passons un peu à elle. Dans ce tome, elle est assez distante par rapport aux autres. Elle s'isole, se pose un certain nombre de questions, sur elle, sur sa relation avec les autres et plus particulièrement Elend, sur ce qu'était le Seigneur Maitre. L'arrivée de Zane, le Fils-de-Brume de Straff va encore plus la perturbée. Vin, petit à petit, prend la place de Kelsier. Or, pour évoluer réellement, elle doit, elle aussi, s'éloigner de son ombre. Devenir elle-même. La présence de Zane l'y aide beaucoup. C'est lui qui va la perturber tout le long du roman, lui qui va la faire réfléchir à ce qu'elle veut être. Parce qu'ils ne sont pas si différent l'un de l'autre, parce qu'elle aurait pu devenir comme lui. Zane est une sorte de miroir pour Vin et leur relation n'en devient que plus intéressante. Mais surtout, on commence réellement à voir le lien avec tout le Cosmere. J'en ai déjà parlé avec la fin du premier tome, là, c'est encore plus évident. Tous les passages concernant Vin, Sazed et le Puits de l'Ascension sont en lien avec le Cosmere. La prophétie du Héros des Ages, la manière dont elle est travaillée sur ce tome, tout ça ne peut que faire partie de la mythologie complète de l'univers de l'auteur. C'est assez amusant du coup de redécouvrir tout ça après avoir lu plusieurs ouvrages de l'auteur (l'une des premières occurrences à cette mythologie se trouve dans le troisième tome de Fils-de-Brume, justement).  Vin et Zane ne sont pas l'opposé de l'autre pour rien, tout comme, pour ceux qui ont lu les premiers tomes des Archives de Roshar, Dalinar est l'ennemi des Neantifères et plus précisément d'Odium...

Je pense que je vais m'arrêter là pour ce tome, mais j'ai encore tout plein de chose à dire dessus. Je m'arrête sur ces points là parce que, pour moi, ils font partis de plus importants et que je risque de me répéter par rapport à mon premier avis (surtout concernant les personnages, et les 150 dernières pages (moins d'émotion parce que je savais, mais tellement toujours aussi prenantes). Et ça, même si je peux vous parler de mes théories sur les vitraux dans Fils-de-Brumes mais aussi dans les divers récits de l'auteur (ainsi que dans les fanarts), si je peux parler de la série durant des heures (idem pour le rapport entre elle et les autres séries que je connais de l'auteur). Je trouve déjà cet avis assez long (mais pas assez développé pour autant, mais au bout d'un moment, je vais finir par spoiler et le livre et le reste de la série et vous ennuyez à mort. 

Et donc, pour finir lisez Fils-de-Brumes !