lundi 27 juin 2022

Sanctuaire, James Herbert

James Herbert n'est certes pas un de mes auteurs préférés mais j'avais tout de même apprécié (du moins dans mes souvenirs)(parce que quand je relis mes avis, c'est pas tout à fait le cas) les deux derniers bouquins que j'avais lu de lui. Je partais donc plutôt confiante avec Sanctuaire. Trop peut-être.

Sanctuaire, James Herbert

Editeur : Milady
Collection : Terreur
Année de parution : 2009
Titre en VO : Shrine
Année de parution en VO : 1983
Format : AZW

A lire si : 
- Vous voulez voir le pire de l'humanité
- Vous voulez avoir peur mais pas trop

A ne pas lire si :
- Vous voulez avoir peur

Présentation de l'éditeur : 

 Il fallait quelqu'un de totalement innocent pour entrouvrir les portes de l'enfer.
Alice, une petite fille sourde et muette, retrouve soudain la parole après être restée fascinée devant un chêne centenaire. Elle dit avoir été visitée par l'Immaculée Conception et se met à opérer des miracles. Très vite le chêne devient un lieu de pèlerinage pour des milliers d'incurables et Alice acquiert une réputation de sainteté? Néanmoins le mystère reste entier? Jusqu'au jour ou le prêtre du village est menacé dans sa propre église par une force inconnue. Le doute germe alors dans les esprits. D'ou provient réellement le pouvoir d'Alice.

Mon avis

Comme je le disais, je partais plutôt confiante avec ce roman. Je sentais venir l'histoire de très loin avec cette gamine qui, d'un coup, accompli des miracles et dit avoir été visité. Mieux, je voyais déjà le coup de la sorcière et de sa vengeance (oui, je spoile direct, mais en même temps, tout le monde sait que ça va parler de ça). Je m'attendais donc à quelque chose dans la veine Crickley Hall, le premier roman que j'ai lu de l'auteur. Bref, ça aurait du être sympa. Et ça ne l'a pas été tant que ça. En fait, j'aurais du me souvenir du gros point noir de Crickley Hall quand j'ai commencé Sanctuaire (et dont je me suis souvenue qu'à la fin du roman, bien entendu). Herbert est très bon pour faire ressortir le pire de ses personnages. Il capte rapidement leur psychologie et le lecteur aussi. Par contre, il a un gros problème pour distiller la partie horrifique/fantastique de son récit. Elle est quasi absente la plupart du temps et souvent, elle finit par arriver comme un cheveu sur la soupe. C'est clairement casse-bonbons, surtout que personnellement, c'était cette partie-là qui m'intéressait.

Non parce qu'imaginez donc, une petite fille sourde et muette suite à une maladie, semble être visitée par l'Immaculée Conception et recouvre ses sens perdue. Forcément, tout le monde va crier au miracle, et ça peut se comprendre. Mais quand même l'église semble vouloir prendre du recul devant ça, on se doute qu'il y a anguille sous roche. Alors quand, malgré d'autres guérisons, on assiste aussi à des évènement étranges et dangereux, on ne peut que se poser des questions. Enfin, le lecteur, parce que les personnages du roman ne voient pas grand chose et les seuls qui remarquent les incidents semblent particulièrement sceptique. Et perso, c'est là que ça a commencé à me déranger. Parce que finalement, tout l'aspect surnaturel/horrifique va passer à la trappe dans le roman. Même les miracles, c'est pour dire. 

Herbert va se pencher sur les personnages, sur l'humain. Il va prendre un certain nombre de personnage et nous montrer comment ils veulent, d'une manière ou d'une autre, se servir d'Alice et de ses miracles. J'ai parfois eu l'impression de me retrouver dans Fog (que j'avais moyennent apprécié d'ailleurs)(ça aurait du me mettre la puce à l'oreille ça). L'auteur use de l'élément étrange pour décrire le pire de l'humain. On se retrouve à suivre l'un des membres du conseil municipal, directeur d'un magasin, qui rêve déjà de s'agrandir par tous les moyens. On suit aussi sa maitresse qui, elle, rêve de s'élever dans le monde (et ça finit mal pour les deux). Le père d'Alice, non croyant, voit dans la vision de sa fille l'opportunité de se faire du fric (et ça finit mal aussi). Ils ne sont pas les seuls, bien entendu. Et ça finit toujours mal pour eux d'une manière ou d'une autre. Côté religieux, c'est plus sympathique (si on veut). Etrangement, c'est l'église qui est la plus sceptique (idée que j'ai beaucoup apprécié). Faut dire que le prêtre en fonction sent son église perdre de sa sainteté (mais ça finit mal lorsqu'il s'en ouvre aux autres) et que son remplaçant a la même impression que lui (et devenez quoi, ça va mal finir aussi). Il n'y a que du côté du "héros", le journaliste Fenn que ça va pas trop mal se passer, et encore. 

Si normalement, j'apprécie voir le pire de l'humain en roman, là, j'ai très peu accroché. Le problème, pour moi, c'est qu'ici, il n'y a rien de nouveau et que l'auteur arrive même à se répéter. Tous les hommes sont les mêmes, mauvais, cupides, égoïstes, sexistes. Pour les femmes, c'est plus simple, on a soit la putain soit la mère. Il n'y a pas de juste milieu. Alors, oui, ayant déjà lu Herbert, je savais que je tomberais sur ça. Mais là, j'aurais cru que vu le thème, il aurait fait un minimum d'effort. Ben, non, pas du tout. Il n'y a qu'à voir les deux femmes qui gravitent autour du héros. La première, Sue, est toujours montrée sous le prisme de la mère, celui de la gentille femme. Elle va même redécouvrir sa foi en Dieu et, encore mieux (oui je vais spoiler), c'est elle qui va d'une certaine manière sauvé Fenn quand la sorcière va se déchainer. La seconde, Nancy, journaliste, arrive alors que Fenn est brouillé avec Sue. Elle a droit à sa scène de sexe (ou c'est elle qui prend les devants en plus), se mêle de tout, fouille les affaires de son coup du soir et pour bien la punir de tout ça, elle va quasi devenir folle en découvrant celle qui a prit possession d'Alice (et bien sûr, ce ne sera pas vers elle que Fenn ira, hein). De même, la fameuse entité qui prend possession d'Alice est une nonne parjure, couchant avec le prêtre de l'époque et bien pire, avec une novice. Oui, l'auteur a décidé de ne pas faire dans la demi-mesure sur ce point. Et qu'on aille pas me dire que c'était l'époque qui voulait ça, hein (le livre date de 1983). 

Bref, du coup, j'en suis où dans le bouquin. Je l'ai fini sans même me souvenir comment ça finit… (Superstore étant plus sympa à regarder que Sanctuaire à finir). J'ai été déçue par le manque d'horrifique sur un sujet qui aurait pu être super dessus. J'ai encore moins supporté la place des femmes dans le roman alors qu'elles auraient pu être centrale et tellement moins patriarcale. Je n'ai pas aimé, même si je me suis forcée à le lire (j'espérais je ne sais quel revirement de situation). Il devient clair que je ne lirais plus de livres de James Herbert (et ça même si les Rats me faisaient grave envie). 

jeudi 9 juin 2022

Le Voleur de Foudre, Percy Jackson, tome 1, Rick Riordan

 Quand j'étais adolescente, je ne m'intéressais pas vraiment à la littérature de l'imaginaire de mon âge. La faute à Tolkien, lu très tôt qui me donnait l'impression que les livres jeunesses n'étaient pas assez bien pour moi (bonjour l'élitisme à cet âge-là). En plus de ça, j'étais plus branché mythologie égyptienne que grecque. Du coup, je n'ai jamais lu Percy Jackson. Comme je cherche toujours des romans qui pourraient plaire à ma fille, j'ai ramené le premier tome de la médiathèque pour le laisser trainer pendant un mois à la maison. Et finalement, j'ai fini par le lire.

Le Voleur de Foudre, Percy Jackson, tome 1, Rick Riordan

Editeur : le livre de poche
Collection : Jeunesse
Année de parution : 2006
Titre en VO : Percy Jackson and the Olympians, book 1: The lightning thief 
Année de parution en VO : 2005
Nombre de pages : 480

A lire si 
- Vous aimez la mythologie grecque (mais que vous n'êtes pas ultra exigeant)
- Vous voulez un héros souffrant de trouble de l'attention avec hyperactivité

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les récits à la première personne
- Vous ne voulez pas de voyage initiatique

Présentation de l'éditeur : 

Etre un demi-dieu, ça peut être mortel... Attaqué par sa prof de maths qui est en fait un monstre mythologique, injustement renvoyé de son collège et poursuivi par un minotaure enragé, Percy Jackson se retrouve en plus accusé d'avoir dérobé l'éclair de Zeus ! Pour rester en vie, s'innocenter et découvrir l'identité du dieu qui l'a engendré, il devra accomplir sa quête au prix de mille dangers.

Mon avis

Ne nous mentons, je ne suis pas la cible type pour la série. Je suis trop vieille et j'ai beau aimé lire du jeunesse, il y a des choses qui me font tiquer. Comme un texte écrit avec la moitié de ces verbes au passé composé. Oui, je préfère, et de loin, un texte au présent ou au passé simple/imparfait que ce maudit passé composé. Pire, ici, on a souvent un beau mélange imparfait/passé composé. J'ai toujours du mal à comprendre ce mélange. Personnellement, ça me dérange d'ailleurs dans ma lecture. Un exemple ? 
la capture d'écran ci-jointe (prise depuis la page "feuilleter" du format kindle sur amazon)(le passage est au début du roman, comme ça pas de spoiler)
Non, vraiment, moi, ça me gène. Pourquoi ne pas mettre les verbes au passé simple plutôt qu'au composé ? Les jeunes ne sont pas bêtes et comprennent très bien le passé simple, hein. De plus, ça aurait rendu la lecture plus fluide d'après moi. 
Enfin, vous me direz que je chipote un peu mais perso, c'est quelque chose qui me dérange (et qui me donne envie de passer en VO pour ne plus le rencontrer, ce problème). Passons donc à l'histoire.

Percy est donc un gamin de douze ans souffrant de trouble de l'attention avec hyperactivité (c'est clairement dit et je trouve ça juste génial vu qu'il y a finalement peu de roman qui ont ce genre de personnages et surtout qui le disent). Plutôt rebelle, avec une tendance a attiré les catastrophes sur lui, il se fait régulièrement viré des écoles qu'il fréquente. Le jour d'une sortie scolaire, il va être attaquer par sa prof de math. A partir de cet instant, la vie de Percy va se trouver bouleverser. Car Percy est un demi-dieu, le rejeton de Poséidon. Poursuivi par le Minautore, le voilà contraint de se réfugier dans la colonie des Sang-mêlées, lieu de villégiature des enfants des dieux grecs. Là, il va découvrir qu'on l'accuse d'avoir volé l'éclair de Zeux et qu'il va devoir partir en quête pour le retrouver. Accompagné de Grover, un satyre, et d'Annabeth, une fille d'Athéna, il va parcourir les Etats-Unis pour accomplir sa première quête et en découvrir un peu plus sur les dieux.

J'ai plutôt apprécié Percy. C'est un gamin plutôt agréable à suivre. J'ai clairement apprécié qu'il soit TDAH (le trouble de l'attention)(surtout qu'il y a de forte chance pour que je le suis aussi) et dyslexique (ce que je suis aussi). J'aurais adoré le découvrir quand j'avais une dizaine d'années parce qu'il me ressemble (et j'aurais donc pu ajouter "demie-déesse" à mon palmarès imaginaire). En tout cas, il s'avère que Percy, c'est un des rares héros jeunesse qui ne m'exaspère pas à tout bout de champs (salut Harry Potter). Il en va de même pour ses acolytes. J'ai bien aimé Grover, son manque d'assurance certain et son envie de bien faire. En plus de ça, il a un vrai passé qui joue beaucoup sur son évolution, ce qui en fait quelque chose d'un peu plus que le simple acolyte (coucou Ron)(oui, je ne vais pas me faire d'ami, j'ai eu beaucoup de mal avec Harry Potter pour plein de raison, dont les personnages). Quant à la fille de l'équipe, il est intéressant qu'elle ne soit pas (encore)(parce que je sais qu'elle va l'être) le love interest du héros. Mieux encore, elle est écoutée de Percy même si parfois, ils se mettent un peu sur la tête tous les deux (dois-je réellement faire un coucou Hermione ?). Je pense que Riordan a eu tout le loisir de voir ce qui ne fonctionnait pas avec certains livres jeunesses et surtout avec les trios que l'on peut y trouver. Et c'est rafraichissant (après j'ai pas énormément de point de comparaison vu que je ne me suis jamais réellement intéressé à des séries jeunesses même en étant jeune)(a 11 ans, je lisais la saga Ramses de Christian Jacq, pour vous donnez une idée de mes lectures). On a donc un trio de personnages totalement imparfaits et finalement bien humains. 

Passons à présent côté mythologie. On est bien d'accord, Riordan a simplifié pas mal de chose. J'ai bien aimé l'idée des dieux qui vont là où se trouve le pouvoir occidental et l'explication qui va avec. Il y a un côté American Gods bien dosé dans tout ça (ça m'a aussi rappelé Vegas Mytho de Christophe Lambert)(que je n'ai pas chroniqué ici d'ailleurs). Bon par contre, j'ai failli hurlé sur certaines choses dont le background de Méduse. Non, elle n'a pas été transformé pour avoir eu un rendez-vous romantique avec Poséidon dans le temple d'Athéna. C'était pas sa petite amie. Elle a été violé par Poséidon. Mais après, ça reste un livre jeunesse, c'était peut-être un peu trop à faire avaler aux enfants (mais ça n'aurait rien changé à ce passage en fait). Ca reste bon enfant au final et les dieux sont à peu prés respectés. D'ailleurs, c'est assez marrant de voir comment l'auteur imagine les divinités dans notre monde tout en gardant leurs attributs. C'est toujours interessant à voir, cette manière de retranscrire cet imaginaire-là (Arès en biker, c'est plutôt sympa, Poséidon en chemise style hawaïenne et trône en forme de siège de pécheurs par contre, je trouve ça moyen (surtout le trône en fait)).

Bref, au final, c'était plutôt sympa à lire. J'ai bien aimé et je suis sûre que j'aurais bien plus apprécié si j'avais eu plusieurs années de moins. Je vais lire la suite, par curiosité (et parce que j'avoue que j'aime bien, maintenant, les livres jeunesses (fallait bien que ça arrive un jour)). 



mardi 7 juin 2022

Onirophrénie, Rozenn Illiano

 Avant toute chose, merci à l'autrice pour le service presse. Je n'en demande presque jamais voire, jamais, mais là, j'ai pas pu résister. Il faut dire que déjà, j'adore les romans de Rozenn et qu'Onirophrénie me fait de l'œil depuis très longtemps. Et puis, cela permet, à mon humble niveau, de la faire connaitre un peu plus. Alors, je joins l'utile (la faire connaitre un peu plus) à l'agréable (pouvoir la lire et avoir un nouveau coup de coeur). C'est parti.

Onirophrénie, Rozenn Illiano

Editeur : Rozenn Illiano
Collection : /
Année de parution : 2018
Nombre de pages : 352

A lire si :
-Vous avez déjà lu Tueurs d'Ange de l'autrice (enfin, c'est pas obligatoire, mais disons que ça vous permettra de un, pas vous le spoiler, deux, mieux comprendre certains points)
- Vous aimez les romans en pleine apocalypse

A ne pas lire si : 

Présentation de l'éditeur :

Un jour de janvier, une tempête cataclysmique s’abat sur le monde. La lumière descendue du ciel ravage la Terre et lance un funeste compte à rebours, à la fin duquel il ne restera plus rien. Par chance, les marcheurs de rêves l’avaient prédit grâce à leur pouvoir si particulier, et la plupart d’entre eux ont pu se mettre à l’abri.
Comme eux, Lili survit à la catastrophe. Mais pour un temps seulement : son don ne lui obéit plus depuis longtemps. Démunie et tourmentée, elle rencontre alors Fañch, un adolescent jeté à la rue en raison de son homosexualité. Ensemble, ils errent au hasard, à la recherche d’une destination peut-être, d’un but, au gré de leurs failles et de leurs blessures?; des douleurs qui, tour à tour, font avancer ou reculer, paralysent, donnent de l’espoir ou découragent. Qu’espérer, en réalité, quand il n’y a que la fin au bout de la route ?

Mon avis

Onirophrénie : “Syndrome caractérisé par la présence d’un état confusionnel avec cauchemars, impression d’irréalité, désorientation, associé à des troubles sensoriels et à des troubles métaboliques (Méd. Biol. t.3 1972)”.

Comme je le disais, Onirophrénie me faisait de l'œil depuis un moment. Déjà parce qu'il a une couverture de fou, signée, comme toujours par Xavier Collette. C'est une de mes préférées du Grand Projet (avec celle d'Erèbe et d'Hiver et d'Ombres). Ensuite, parce que j'avais beaucoup aimé Tueurs d'Ange (et Oracles aussi, ensuite, je n'ai pas pu finir de lire la série, mais c'est pas grave parce qu'elle va être réécrite cette année) et que le roman en est une sorte de spin-off. Mais surtout, il y a Lili, son pouvoir déréglé et tout le mystère qui l'entoure pour moi. Lili, je sais que c'est l'un des perso préféré de l'autrice, je sais qu'elle est importante et elle m'intrigue. Mais vraiment. Alors, je me suis jetée dans le roman, et je n'en suis ressortie que quelques jours plus tard, avec une sensation étrange, du vide mais pas que. Je ne pourrais pas vraiment vous expliquer, mais effectivement, connexion il y a eu entre Lili et moi, entre Fañch et moi aussi. Et finalement, ça donne que je vais en chier pour donner mon avis. Parce que je m'arrêterais bien à un simple : ceci est un énorme coup de coeur, mais je sens que vous en voulez quand même un peu plus.

Lili se réveille en pleine nuit, le 18 janvier 2016, suite à un rêve où une voix lui crie de faire attention. Juste à temps pour éviter de se faire écraser par les débris du mur de sa résidence. Cette nuit-là, une tempête sans précédent détruit tout. Et pour cause, le 18 janvier 2016 sonne le début de l'apocalypse. L'humanité n'en a plus que pour 600 jours avant que les anges ne la détruise complètement. Or, Lili le sait, ça, car elle est une Marcheuse de Rêves, elle est capable de voyager dans les rêves mais aussi d'y voir passé et futur. Alors qu'elle ne semble pas vraiment savoir ce qu'elle va faire de ces derniers jours, elle va rencontrer Fañch, un ado de dix sept ans. Les deux décident de rejoindre Paris, pour retrouver la mère du gamin et peut-être d'autres marcheurs de rêves. Commencent alors pour eux le voyage qui les mènera au bout de ces 600 jours. 

Comme je le disais, j'ai beaucoup aimé Lili. Lili, elle est pleine de faille : dépressive, absolument pas optimiste, solitaire... C'est un peu le personnage type de Rozenn (elle m'a fait pensé à Ana, mais aussi (vous ne la connaissez pas encore) à Isabelle (dans Inéluctable qui sort en aout)), ceux que j'aime beaucoup chez elle. Elle ne fait que très peu confiance aux autres, elle s'enferme en elle-même, parle peu, encore moins de ses pouvoirs et passe pas mal de temps à se dénigrer, surtout en ce qui concerne son oniromancie. Mais  côté de ça, quand elle finit par accorder sa confiance, elle le fait pleinement, sans rien attendre en retour. Fañch, lui, est un gamin solaire, presque toujours de bonne humeur, optimiste comme pas possible malgré ce qu'il a pu vivre jusqu'à la. Leur duo fonctionne tellement mais tellement bien. J'ai aimé voir leur amitié naitre, grandir. Petit à petit, la relation semble devenir quelque chose de très proche d'une relation de fratrie et c'est juste beau. Parce qu'ils ont leur failles, parce qu'ils font avec, qu'ils se protègent et s'épaulent quoi qu'il arrive. Parce qu'il ait bien question d'amour entre eux, de celui qui pourrait presque tout renversé et surtout qui pourrait bien les aider à guérir, l'un comme l'autre. Onirophrénie, c'est aussi ça comme histoire, plus que celle de la fin du monde annoncée. C'est une histoire d'êtres humain. On le voit très bien avec le duo principal mais pas que. Lili et Fañch vont croiser plusieurs groupes, des personnes qui tentent d'aller de l'avant aux premiers jours de l'apocalypse, encore plein d'espoir quant à la suite, des fanatiques religieux doublés de militaires qui n'en ont que le nom, des personnages qui vont chercher à les aider, d'autres à les détruire à cause des pouvoirs de Lili. On finit par retrouver tout le microcosme qu'on attend dans le genre apocalypse/postapo mais avec la sensibilité de son autrice. Ainsi, on s'attache à beaucoup de monde, alors même que l'on se doute que leur futur va s'éteindre très rapidement, d'une manière ou d'une autre. 

D'ailleurs, cette sensibilité, on la ressent beaucoup dans les divers évènements. Rozenn ne s'attarde jamais sur l'action elle-même mais plus sur ses conséquences. Le plus intéressant, reste la psyché des personnes, ceux qu'ils ressentent. Onirophréhie est un texte à la première personne, nous entrons directement dans les doutes de Lili. Personnellement, j'adore ça, quand on entre vraiment dans la tête du personnage. Après, ça peut paraitre des fois répétitifs (Lili peut parfois tourner en boucle sur certaines choses) et lents pour des lecteurs qui n'ont pas l'habitude. Lili et Fañch vivent pourtant beaucoup de péripétie et le roman est loin d'être lent ou sans "action" (dans le sens truc qui fout l'adrénaline parce qu'il faut courir). Alors, oui, on voit très peu les Anges (qui restent les ennemis) et quand ça arrive, ça ne dure pas des plombes. Non, comme dans Tueurs d'anges, d'ailleurs, la violence n'est pas forcément spectaculaire ou fantastique. Elle est bien plus humaine. Elle se cristallise dans le beau-père de Fañch qui l'a foutu à la rue parce que le garçon est homosexuel, dans les militaires qui vont s'en prendre à lui pour les mêmes raisons, dans la dépression de Lili et sa propre manière de se voir durant des années, 

Enfin, j'ai adoré pouvoir relier le roman à d'autres. C'est quelque chose que je n'aurais pas pu faire il y a quelques années, à la sortie du roman, parce que je n'aurais pas eu le bagage pour. Mais franchement, c'est toujours génial de voir les liens. Alors, forcément, il y a ceux avec Tueurs d'Anges et Town, puisque le roman en est un spin-off (mais franchement, j'aime pas le mot, pour moi, Onirophrénie est bien plus que ça) mais il y a aussi des liens avec d'autres romans, dont d'Hiver et d'Ombres (et j'ai eu une réponse à une de mes questions sur la fin du roman, ce qui du coup, me convient parfaitement. De même, j'ai eu un éclairage différent sur un personnage de Town que je n'avais pas du tout imaginer comme un marcheur de rêve du passé (et ça change un peu tout ce que j'ai pu croire sur lui en fait, ce qui en soit est génial, mais me déroute un peu).

Au final, c'est donc un gros coup de coeur. Pour Lili et Fañch que j'ai hâte de retrouver (watch me lire les nouvelles sur Lili dispo sur le site de Rozenn), pour ce moyen-là de tenter de vivre jusqu'à la fin. Et comme il faut en finir avec cet article, je n'aurais plus qu'une dernière chose à dire, la même qu'à chaque fois, lisez Rozenn Illiano.

lundi 16 mai 2022

D'Hiver et D'Ombres, Rozenn Illiano

 Un nouveau Rozenn, ça ne se refuse pas vraiment, surtout après le coup de cœur que j'ai eu pour Erèbe. Surtout quand ce nouveau roman se déroule du côté des Reveurs, et plus particulièrement ici de la guilde des Voyageurs dont j'ai déjà entendu parlé et que j'ai à peine croisé.

D'Hiver et D'Ombres, Rozenn Illiano

Editeur : Rozenn Illiano
Collection :/
Année de parution : 2022
Format : AZW

A lire si :
- Vous connaissez un peu le Grand Projet de l'autrice (mais c'est pas une obligation du tout)
- Vous voulez de l'oniro-fantasy

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose de très linéaire.

Présentation de l'éditeur 

Loin, très loin, un monde solitaire plongé dans les ténèbres s’efface peu à peu, dévoré par un arbre couvert d’épines, ne laissant aucune trace derrière lui.
Ailleurs, une rêveuse perd le contact avec son dieu qu’elle entend pleurer chaque nuit, hantée par un hiver éternel qui menace de fondre sur son royaume.
À Mahéra, Filius, un éminent scientifique, construit un instrument lui permettant de se rendre en chair et en os dans les mondes qu’il voit dans ses rêves, et réunit une compagnie autour de lui afin d’explorer ces univers.
Partout, de tout temps, des Oniromanciennes édictent une prophétie depuis des milliards d’années, un message perdu puis retrouvé qu’elles se transmettent entre elles, annonçant la plus grande des menaces : le Rêve se meurt, et il entraînera avec lui la fin de tous les mondes.

Mon avis

L'histoire que conte Rozenn Illiano avec son Grand Projet devait bien avoir une sorte de début. D'Hiver et D'Ombres semblent en être un. Peut-être pas le début début, mais un début en tout cas. Celui de la guilde des Voyageurs. Une guilde dont j'ai entendu parlé, déjà dans certains romans. Parfois à demi-mot, parfois pas. Avec d'Hiver et d'Ombres, l'autrice nous raconte donc la création de la guide et aussi autre chose. Un autre chose qui risque de spoiler un peu donc, désolée.

Je vous ferais bien un résumé, j'ai commencé d'ailleurs, et puis j'ai tout effacé. Je crois que, premièrement, la quatrième de couverture suffit pas mal pour comprendre ce que nous allons lire sans trop en dire, deuxièmement, que je vais en parler par la suite de manière à ne pas faire de redite, troisièmement, que ça sera un peu bête de résumer le roman tant il est vaste et plein de surprises. Nous y suivons bien entendu Filius et la guilde des Voyageurs, mais aussi un certain nombre d'Oniromanciennes, certaines plus que d'autres. Tous les personnages, toutes les histoires sont liées entre elles d'une manière ou d'une autre et ce sont ses liens qui font avancé le lecteur. 

Autant le dire, le roman est dense. Sûrement le plus dense pour le moment de l'autrice, du moins dans ceux que j'ai déjà lu. C'est aussi le plus compliqué à suivre si on a du mal avec une narration non linéaire dans le temps (et aussi l'espace). Personnellement, c'est quelque chose qui ne me dérange pas des masses. J'aime me perdre dans les récits et ici, je suis servie. Si l'histoire de Filius et de ses compagnons est bien raconté de manière chronologique, ce n'est pas le cas des histoires des Sœurs du Silence, les Oniromanciennes qui prophétisent dans leurs rêves la fin des mondes. On ajoute à ça des univers à foison (certains provenant d'autre œuvres mais parfaitement intégré à l'histoire de Rozenn Illiano)(dois-je dire que j'ai sauté de joie en découvrant les cavernes de la Mer sans Etoiles ?)(nous partageons une même passion pour les œuvres d'Erin Morgenstern, ça aide), avec leur propre histoire (je vous raconte pas le boulot de dingue qu'il doit y avoir derrière tout ça), celles des Voyageurs et celles des Sœurs du Silence et la recherche d'une cohérence certaine entre les diverses parties du roman mais aussi une partie du Grand Projet et nous avons là un roman des plus ambitieux et passablement casse-gueule. 

Or, l'autrice réussit le pari d'avoir quelque chose de cohérent, passionnant, contemplatif et parfaitement onirique. Et franchement, moi, sur ça, je lui tire clairement mon chapeau. Surtout qu'en plus, si elle s'était déjà attaqué à la littérature vampirique, fantastique ou encore apocalyptique (voire les trois en même temps), elle n'avait encore jamais la fantasy. Enfin, de la fantasy... Disons que oui et non. D'hiver et d'Ombres en suit les contours de ce genre-là. Mais on le sait, la fantasy c'est vaste, ça le devient de plus en plus et franchement, j'aurais du mal à classer le roman dans un des sous-genres. Tout comme j'ai toujours du mal à vraiment qualifier le Grand Projet. Laird Fumble, sur son blog, a décidé d'appeler le travail de l'autrice "Oniro-fiction", je pense qu'il a trouvé le bon mot. Parce que vraiment, outre le fait que le Rêve soit au centre d'une bonne partie des ouvrages du Grand Projet, il a à effectivement quelque chose de très onirique à les lire. Cela se voit encore plus ici, où les Voyageurs ne rêvent plus pour aller de monde en monde mais le fond de manière physique. Parce que l'on perd tout ce que nous pouvons imaginer d'un rêve (les incohérences, les "pouvoirs" que le rêveur peut avoir etc...) mais pas la magie qui en découle.

Les personnages ne sont pas en reste non plus dans tout ça. J'ai beaucoup apprécié Filius, qui doute, qui ne sait pas toujours si ce qu'il fait est bien ou pas, qui n'a rien d'un véritable héros mais qui tente, tant bien que mal, de réaliser son rêve et de peut-être sauver le Rêve sans trop savoir comment faire. J'ai aimé ces compagnons même si je trouve dommage que parfois, ils s'effacent un peu trop pour lui laisser la place à lui.  J'ai aimé Layelis qui sait ce qui l'attend et qui y va quand même, comme la plupart des Soeurs du Silence.  Et que dire des trois personnages que nous découvrons réellement à la fin du roman (je peux pas en parler mais franchement, eux, je les ai vraiment adoré pour tout ce qu'ils représentent) ? 

Enfin, je parlerai un peu de l'ambiance et du style du roman. Vous vous souvenez peut-être quand je disais qu'Erèbe a la même aura que les romans d'Erin Morgenstern ? Ben voilà. Une fois encore, on est à ce niveau-là. Franchement, l'ambiance est juste folle. Le style de Rozenn Illiano s'affine encore un peu plus sur ce roman. Elle nous embarque à sa suite en quelques mots, nous faisant rêver en quelques lignes sur les divers univers que nous rencontrons. C'est beau, voilà. Même dans les pires moments du roman, ceux où tu sais que la catastrophe arrive, c'est beau. 

Alors oui, j'ai encore eu un coup de cœur pour un roman de Rozenn. Encore une fois, il m'a parlé, très fort. Ca a résonné en moi, un peu moins fortement que pour Erèbe, j'avoue, mais ça résonne. Franchement, je ne peux que vous conseiller de la lire. D'ailleurs, même s'il est dense, qu'on y trouve pas mal d'échos à d'autres romans, et qu'il peut paraitre je pense qu'il fait une bonne entrée en matière dans le Grand Projet. Il en est un début. En plus de ça, il peut tout aussi bien se lire seul (comme tous les romans de Rozenn d'ailleurs). 

lundi 9 mai 2022

Le club des Punks contre l'Apocalypse Zombie, Karim Berrouka

 Ce roman trainait depuis trop longtemps dans ma PAL numérique. Je cherchais la bonne occasion pour le sortir. Ce fut l'entre deux tours des présidentielles (après, oui, je suis longue pour lire les numériques, mais c'est parce que je m'accorde moins de temps dans la journée que pour le papier le soir).

Le club des Punks contre l'Apocalypse Zombie, Karim Berrouka

Editeur : Actusf
Collection : les trois souhaits
Année de parution : 2016
Format : AZW

A lire si :
- Vous voulez du déjanté
- Vous aimez les punks
- Vous aimes les zombies

A ne pas lire si :
- Vous êtes du MEDEF

Présentation de l'éditeur :

Paris n’est plus que ruines.
Et le prix de la cervelle fraîche s’envole.
Heureusement, il reste des punks.
Et des bières.
Et des acides.
Et un groupe électrogène pour jouer du Discharge.
Le Club des punks va pouvoir survivre à l’Apocalypse.
Enfin, si en plus des zombies, les gros cons n’étaient pas aussi de sortie...
Il est grand temps que l’anarchie remette de l’ordre dans le chaos !

Mon avis

Je connais le nom du roman depuis sa sortie en 2016. Pour tout dire, depuis cette fameuse sortie, il me fait de l'oeil. J'aurais attendu pas mal de temps avant de poser les yeux dessus. Heureusement, une connaissance sur instagram l'a lu il y a quelques temps et m'a donné envie de le sortir. Enfin, bref, le roman a finalement connu la même trajectoire que la plupart de ceux de ma bien trop longue PAL numérique. Mais passons à l'avis.

Imaginez donc, les zombies ont fini par devenir réalité. Ils ont tout envahis, tout manger ou presque. C'est ce que découvre le Collectif du 25 un matin (oui enfin, un matin pour des punks) après une soirée un peu arrosée. Rapidement, ils vont se rendre compte de deux choses : la première, ils sont pour ainsi dire seuls, la seconde c'est que les zombies réagissent étrangement à la musique punk. Forcément, les deux vont leur donner des idées. Parce qu'à être potentiellement les derniers survivants dans Paris, autant le faire bien. C'est donc ainsi que nos amis keupons vont partir à l'assaut de la Tour Eiffel pour y faire flotter le drapeau de l'anarchie. Or, cette simple action va être le début de toute une aventure dans le Paris apocalyptique de Berrouka.

Je connais un tout petit peu le travail de Berrouka grâce au recueil de nouvelles Lancelot. Bon, je l'ai lu il y a pas mal de temps maintenant mais je me souvenais d'un récit plutôt amusant à lire. Clairement, ici, c'est le cas. Je me suis marrée presque tout le long du récit. Il faut dire que l'auteur trouve toujours le bon mots, la situation qui va bien. Le fait qu'il utilise ce que l'on considère comme des stéréotypes du mouvement punks aident aussi. Il exagère le trait, rend ses personnages attachants dans leur défaut. D'ailleurs, s'il le fait si bien, c'est qu'il connait le genre, étant lui-même parolier et chanteur de Ludwig von 88, un groupe français punk. Un groupe qui fonctionne sur l'humour surtout, tout en y allant pas trop mal en revendication (franchement, si vous connaissez pas, allez les écouter, c'est ultra festif et fort sympathique)(d'ailleurs, j'écoute leur tout dernier album, sortie en 2019 en écrivant cet avis)(je connaissais pas vraiment avant de lire le roman, je dois dire que j'aime bien). Mais revenons à nos Keupons en plein apocalypse. 

Premier point, outre l'humour bien présent qui fait un bien fou, j'ai adoré les personnages. On trouve dans le Collectif du 25 un arnarcho-punk du nom de Kropotkine, un freegan, Mange-Poubelle (je suis allé chercher la page wikipédia parce que je ne connaissais pas le mot)(par contre, je connais le principe), une anti-tout, Eva, des punks à chiens, Glandouille & Pustule (qui ne font qu'un finalement) et des punks destroy, Fonsdé et Deuspi. Chacun à sa spécialité (si on peut dire ça comme ça) et surtout chacun va vivre son apocalypse à sa manière. Surtout, ils vont se battre avec leurs armes contre ce qu'il déteste le plus, le capitalisme et ses enfants, ici, en l'occurrence, les pontes du MEDEF.

C'est donc ainsi que l'auteur nous entraine dans la quête du Collectif, à savoir, faire de l'idéologie punk le ciment d'une possible future société. Ca commence par la scène que l'on voit en couverture du roman, la prise de la Tour Eiffel. Ca continue avec un passage à France Télévision pour utiliser des mêmes armes que l'ennemi (un passage pour le moins amusant, je dois bien le dire malgré quelques évènements pas super pour les keupons) ou encore la prise du château de Vincennes où se sont retranchés les membres du MEDEF... A chaque fois, Berrouka en profite pour placer deux trois critiques du monde actuel (on est punk ou on ne l'est pas) et des références à la culture punk et plus particulièrement à la musique qui prend une place importante dans l'histoire (gros kiff sur les paroles d'une reprise de chanson plutôt baba cool en punk).

Au final, je me suis donc régalé lors de ma lecture. C'était des plus jouissifs, surtout vu la période actuelle. Alors oui, parfois, l'humour est un peu gros, un peu lourd aussi. Oui, le délire est parfois très mais alors très haut. Mais purée, comme ça fait du bien. J'ai rarement autant ris sur un texte que sur celui-ci. Franchement, il vaut largement le coup d'oeil. 


vendredi 6 mai 2022

Illuminae, série complète, Amie Kaufman & Jay Kristoff

 J'ai lu la série complètement en un gros weekend. Du coup, je me suis dit que ça sera quand même bête de faire trois avis différent surtout que, si j'y réfléchis bien, je serais quand même pas mal répétitive. Alors, c'est parti pour un avis global !

Illuminae, série complète, Amie Kaufman & Jay Kristoff

Editeur : Casterman
Collection :
Année de parution ; entre 2016 et 2018
Titre en VO : The Illuminae Files
année de parution en VO : entre 2015 et 2018
Nombre de pages : 607 pour le 1, 670 pour le 2 et 631 pour le 3

A lire si : 
- Vous voulez de la SF young-adult
- Vous voulez d'un format qui sort un peu de l'ordinaire

A ne pas lire si :

Présentation de l'éditeur 

(je ne mets que celle du premier tome par contre)
Ce matin de 2575, lorsque Kady quitte Ezra, elle croit avoir vécu le pire moment de sa vie. L’après-midi, sa planète est attaquée par une entreprise interstellaire sans foi ni loi — BeiTech. Obligée de fuir, Kady embarque sur le vaisseau Hypatia, Ezra sur l’Alexander. Très vite, Kady soupçonne les autorités de leur cacher la vérité. Avec l’aide d’Ezra, elle pirate le réseau informatique de leur flotte, accédant ainsi à des données confidentielles qui mettent en cause leur propre état-major. Alors qu’ils sont toujours traqués par BeiTech, l’Intelligence Artificielle censée les protéger se met à agir d’une façon étrange...

Mon avis

Le mois dernier, j'ai eu une sorte de panne de lecture. J'ai enchainé des livres plutôt gros et pas toujours aussi passionnant que je l'aurais voulu (coucou Braises de Guerre). A chaque fois que je regardais ma PAL, je ne voyais rien qui pourrait me sortir de là. J'ai beaucoup trop de pavés à lire en fait. C'est donc pour ça que je suis allée à la médiathèque et que j'ai pris... un autre pavé : le premier tome d'Illuminae. Oui, on ne se refait pas. Mais c'est du Young Adult et ça se lit vite. Peut-être un peu trop. Une journée, c'était plié. J'ai râlé et comme j'étais en vacances, j'ai pu aller le lendemain me prendre le deux et le trois, que j'ai donc lu dans la foulée. Je peux vous dire que ça faisait longtemps que j'avais pas enchainé trois romans sur trois jours. Bref, je pense que vous l'avez compris, j'ai beaucoup aimé.

Il faut dire qu'Illuminae a un truc pour lui qui  ne pouvait que me plaire : son format. Si ça s'appelle Illuminae Files en VO, c'est pas pour rien. On commence le livre par une sorte d'interview des deux protagonistes principaux. C'est ainsi que l'on apprend que le jour à Kady a plaqué Ezra, leur colonie a été attaqué et détruite. Plusieurs mois plus tard, une mystérieuse société, Illuminae, a compilé plusieurs documents, des interviews, des retranscription de caméra, des conversations numérique etc... afin de mettre toute la lumière sur cette histoire. C'est cela que nous allons lire. J'ai adoré l'idée, surtout que jusqu'à maintenant, je ne crois pas être déjà tombé sur ce genre de compilation sur trois volumes entier. J'avoue qu'en ouvrant le second tome, je me suis demandée si j'allais toujours autant apprécié cette manière de présenter les évènements. La réponse est oui. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde et j'ai même pris plaisir à découvrir de nouvelles pages, comme le journal d'Hanna dans le second tome (mais ma préférence reste aux pages des attaques spatiales vu par AIDAN)(J'aime tellement AIDAN en fait).

Ensuite, il y a eu les personnages. Enfin, pas tous. Hanna, par exemple, l'héroïne du second tome, m'a beaucoup moins plus que Kady ou Asha (celle du troisième). Elle est trop parfaite pour moi, je crois. Pas un mauvais personnage d'ailleurs, juste qu'elle est trop forte, trop intelligente, trop tout. Les six personnages principaux (un couple par livre) ne sont pas des superhéros, ce sont des ados qui n'ont rien demandé à la base et qui font tout pour survivre. Ils utilisent chacun leurs compétences et leur expérience de la vie (bon, ça reste des ados, elle est pas non plus super développée). Surtout, je les ai tous trouvé très touchant dans leurs manières de faire. Et puis, il y a AIDAN. AIDAN, c'est l'intelligence artificielle de l'Alexander, l'un des deux vaisseaux à fuir la colonie. Dans le tome un, il est aussi l'antagoniste. J'ai toujours un petit faible pour les IA dans les romans de SF qui en ont. Il y a quelque chose de génial avec ces personnages. Ici, AIDAN commence à ressentir des sentiments, il devient petit à petit humain et j'adore son évolution. C'est un perso totalement ambigu et franchement bien foutu. 

Et puis, il y a l'histoire. Attention, je vais spoiler, si vous ne voulez pas savoir, merci de passer cette section là.  Le premier tome nous entraine à la suite de Kady et Ezra, l'une sur l'Hypatia, l'autre sur l'Alexander. Les deux vaisseaux fuient en direction d'Heimdall, la station de saut qui permettra de sauver les rescapées de l'attaque de la colonie. Ils ont à leur suite un vaisseau ennemi et à leur bord, une IA qui pète légèrement un câble. Forcément, le voyage n'est pas de tout repos. Surtout quand, dans le tome deux, on suit Hanna, fille du capitaine de l'Heimdall et Nik, neveu d'un chef de la mafia, alors que la station de saut est attaquée afin d'empêcher que le monde sache ce qu'il s'est passé dans le un (une intrigue intéressante sur les trous noirs et les univers possibles y est d'ailleurs mise en place). Enfin, suite à la disparition d'Heimdall, les survivants du tome un et ceux du second repartent vers Kerenza, espérant y trouver un vaisseau permettant les sauts. On suit alors en parallèle ce qu'il se passe côté Kady, Ezra, Hanna et Nik mais aussi la vie sur une Kerenza envahie avec Asha et Rhys (avec donc une partie résistance plutôt sympathique) fin du spoiler.

Au final, donc, j'ai adoré. Mais vraiment. Je crois que j'ai pas eu de coup de cœur pour ce genre de trilogie depuis Hunger Games. D'ailleurs, je n'avais pas lu aussi vite une trilogie Young Adult depuis Hunger Games (que j'ai très envie de relire d'ailleurs). C'était original dans la forme, avec une histoire vraiment prenante et des personnages supers. Bref, à lire, vraiment.

jeudi 28 avril 2022

Le temps Fut, Ian McDonald

 Dès que je vois un livre de la collection une heure lumière à la médiathèque, je me jette dessus. C'est donc ainsi que le Temps Fut a débarqué dans ma PAL alors même que je n'ai pas lu la quatrième de couverture. De toute façon, pour le moment, aucun livre de la collection ne m'a déplu. Je vois pas pourquoi ça arriverait.

Le temps Fut, Ian McDonald

Editeur : Le Bélial
Collection : Une heure Lumière
Année de parution : 2020
Titre en VO : Time Was
Année de parution en VO : 2018
Nombre de pages : 144

A lire si :
- Vous aimez les enquêtes (mais pas forcément policière)
- Vous aimez les voyages dans le temps

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose qui ne soit pas prévisible

Présentation de l'éditeur : 

Bouquiniste indépendant, Emmett Leigh déniche un jour un petit recueil de poèmes lors de la liquidation de la librairie d’un confrère. Un recueil, Le Temps fut, qui s’avère vite d’une qualité littéraire au mieux médiocre… En revanche, ce qui intéresse Emmett au plus haut point, c’est la lettre manuscrite qu’il découvre glissée entre les pages de l’ouvrage. Pour le bouquiniste, tout ce qui peut donner un cachet unique et personnel à un livre est bon à prendre. Il se trouve ici en présence d’une lettre d’amour qu’un certain Tom adresse à son amant, Ben, en plein cœur de la Seconde Guerre mondiale. Remuant ciel et terre – et vieux papiers – afin d’identifier les deux soldats, Emmett finit par les retrouver sur diverses photos, prises à différentes époques. Or, la date présumée des photos et l’âge des protagonistes qui y figurent ne correspondent pas… Du tout.

Mon avis : 

Vous le savez, j'aime la collection une heure lumière. J'aime les novellas, les formats courts mais pas trop non plus. J'aime aussi beaucoup les couvertures d'Aurélien Police. Bref, je regarde rarement les quatrième de couverture de cette collection, préférant avoir la surprise de ce que je lis. Cette fois, me voilà embarquer à la suite D'Emmett Leigh, bouquiniste, qui vient de dénicher un recueil de poèmes plutôt mauvais  mais où se cache une lettre manuscrite. Il va chercher qui sont les deux correspondants. Ce dont il ne se doute pas, c'est qu'il va bien retrouver leur trace mais à des dates qui ne semblent pas du tout correspondre à l'âge que devrait avoir Tom et Ben, les deux amants de la lettre... 

Vous voulez quel est le défaut de cette novella ? Son format. C'est couillon quand même. Mais pour moi, elle aurait peut-être mérité un peu plus de pages, et quelques explications moins abrupte, plus particulièrement du côté de Tom et Ben. Parce que, tout comme Emmett, je me suis un peu attaché à ce couple, que l'on découvre lors de rare chapitre narré par Tom. Or, de part le format, l'auteur va vite sur certain point que moi, lectrice, j'aurais voulu voir un peu plus développés. Mais c'est le jeu. Parce qu'à côté de ça, j'ai plutôt apprécié.

J'ai aimé suivre Emmett, suivre son enquête pour découvrir qui étaient Tom et Ben, puis juste qui ils sont et pourquoi on les retrouve dans divers conflits à des âges qui ne correspondent pas du tout. J'ai apprécie que cette quête se mêle aussi à sa vie privée, que l'on découvre un peu plus l'homme et pas juste le bouquiniste. En 150 pages, c'était pas donné. L'auteur a su faire ça avec brio, ne nous laissant pas juste avec une étrange enquête. Par contre, il a moins su le faire du côté de Tom, comme je le disais dans le paragraphe précédent, mais je pense que c'était aussi voulu, garder un certain mystère pour ne pas tout dévoiler. Or, il en devoile tout de même pas mal et j'ai su la fin après avoir lu une dizaine de pages. Ça, il me semble que finalement, c'est aussi fait exprès, en un sens. Ça ajoute un peu de piment à la nouvelle, puisqu'on se demande comment Emmett va comprendre, et quand aussi. Il est juste un peu plus long à la détente que son lecteur. 

J'ai apprécié le style, aussi. Bon, j'avoue que parfois, ça m'a semblé un peu déséquilibré. Je ne sais pas comment vous dire ça mieux. On a des passages parfois très lent, un peu long et puis, d'un coup, pouf, tout se dévoile ou presque. J'ai lu les dernières pages dans coup là où parfois, je me suis un peu ennuyée au début (mais ennuyée n'est pas tout à fait le bon mot). A côté de ça, il y a un côté parfois poétique plutôt bien vu, surtout quand on passe de l'histoire d'amour entre Tom et Ben aux horreurs de la Guerre qu'ils sont obligés de vivre plusieurs fois.

Enfin, il y a donc la fin, que j'ai vu venir mais que j'ai apprécié lire. J'avais envie de voir comme l'auteur s'en sortait avec ses voyages dans le temps, un thème que j'apprécie assez. Comment il allait faire pour gérer les paradoxes et les lignes de temps. C'est toujours interessant à découvrir et ici, je ne suis pas déçue (même si, une fois encore, j'aurais voulu en apprendre un peu plus).

Pour finir, j'ai donc apprécié ma lecture. Le livre n'est pas parfait, il aurait mérité quelques approfondissement pour moi mais franchement, c'était vraiment sympa à lire. Encore une fois, la collection ne m'a pas déçue. Je pense même que je vais me pencher un peu plus sur l'auteur que je ne connaissais pas du tout jusqu'à présent.