dimanche 28 juillet 2019

La Jeune Epouse, Alessandro Baricco

Vous le savez, j'apprécie Baricco. J'aime la poésie de ses mots, celle des thèmes qu'il choisit. Et même si parfois, il me déçoit (Mr Gwyn), je ne peux m'empêcher de le lire. C'est ainsi que la Jeune Epouse s'est retrouvé sur ma table de chevet.

La Jeune Epouse, Alessandro Baricco

Editeur : Folio
Collection : /
Année de parution : 2016
Titre en VO : La Sposa Giovane
Année de parution en VO : 2015
Nombre de pages : 256

A lire si ; 
- Vous voulez quelque chose d'assez érotique
- Vous aimez les histoires un peu décousues

A ne pas lire si :
-Vous n'aimez pas les changements de narrateur intempestif

Présentation de l'éditeur : 

'Là où elle avait imaginé entrer comme une épouse, elle se retrouva soeur, fille, invitée, présence appréciée et objet décoratif.
Y a-t-il des règles qui m'on échappé ? demanda la Jeune Epouse.
Si vous m'y autorisez, je n'en mentionnerai que quatre, histoire de ne pas courir trop de lièvre à la fois.
Soit."
Italie, début du XXe siècle. La Jeune Epouse doit se marier avec le Fils. En attendant qu'il rentre d'Angleterre, elle va faire la connaissance de la Famille et de ses secrets bien gardés.

Mon avis

La Jeune Epouse débarque un beau matin dans la Famille. Elle doit épouser le Fils, qui est absent. La Famille, le Père, la Mère, la Soeur et l'Oncle, l'accueillent comme si de rien n'était et attendent le Fils avec elle. Elle va alors découvrir leurs secrets les plus intimes et s'ouvrir par la même occasion à ses propres désirs. Et toujours, ils vont attendre un Fils qui ne vient pas. 

Je m'attendais à deux trois choses dans ce roman mais peut-être pas à tout ce que j'ai pu lire dedans. Comme toujours avec Baricco, je sais que les apparences peuvent être trompeuses et que la poésie sera présente. Je me doutais que j'aurais une approche du métier d'écrivain dans l'histoire, parce qu'il en va ainsi depuis un moment avec Alessandro Baricco. Ses romans sont là pour parler de son travail peut-être finalement plus que du reste, ce qui en soi, n'est peut-être pas si dérangeant que ça. Ici, le plus dérangeant pour le lecteur, c'est que tout se mêle. L'histoire de la Jeune Epouse, celle de l'écrivain, presque celle du lecteur aussi. Parfois, celui-ci se perd, souvent même. Qui parle ? Bonne question souvent. Il m'a fallut revenir sur mes pas pour comprendre. 

La Jeune Epouse est un labyrinthe qui se joue dans un temps qui n'en est pas un. L'auteur pose une époque qui pourrait presque être maintenant. Il joue sur l'intemporalité, sur la longueur d'une minute qui dure des siècles, sur l'attente qui efface le temps. Cette intemporalité, il l'a crée d'abord en ne donnant pas de nom à ses personnages mais des fonctions : la Jeune Epouse, la Mère, la Soeur, le Père... Ils pourraient être n'importe quel père, n'importe quelle soeur, n'importe quelle jeune épouse (qui d'ailleurs n'en est pas une du coup). Il l'a crée aussi par l'absence du Fils et l'attente. Celles des jours qui passent et se ressemblent, celle de la Jeune Epouse qui attend son Epoux. C'est doux, agréable. On se perd dans cette temporalité et on apprécie finalement de suivre cette jeune femme dans ses découvertes d'elle et de ses désirs.

Parlons-en d'ailleurs, des désirs. Ils sont le coeur du roman. Désirs érotiques d'abord, qui émaillent le récit tout du long, désirs de se connaitre aussi, et puis les autres, ceux dont on ne parlent pas forcément mais qui sont bien là. Le désir de l'écrivain aussi, de raconter le plus justement possible son histoire. Je ne pensais pas du tout tomber sur autant de scène érotique dans le livre. Je ne pensais pas non plus y trouver un parallèle avec les désirs des écrivains. Mais Baricco y arrive et il fait ça de manière presque naturelle (bien que je trouve les scènes érotiques un peu trop forcées pour ma part)(et pas si réaliste que ça pour certaines). Je trouve personnellement ce parallèle un peu exagéré mais pas tant que ça au final. 

Pourtant, il manque pour moi quelque chose au livre. Il est sympa à lire, on s'y perd sans le moindre problème mais il ne reste pas. Du tout. A l'inverse d'un Ocean Mer ou d'un Novecento, on oublie rapidement ce qu'on a lu. Ça ne reste pas, pas même une toute petite sensation. C'est assez dommage, puisque finalement, j'aurais aimé en gardé quelque chose de ce roman. Mais non. Il se lit vite et s'oublie tout aussi facilement. Je me demande si ce n'est pas un de ces livres qui doivent souvent être relu pour en extraire vraiment quelque chose. Cela ne m'étonnerait presque pas de l'auteur.

Au final, c'est donc un livre interessant mais qui ne reste pas. C'est un peu dommage au vu de la poésie qui le peuple mais aussi des personnages dont on aimerait en savoir un peu plus. Il reste au final, pour moi, dans la même lignée des deux derniers livres de Baricco (Trois fois dès l'Aube et Mr Gwyn), bon mais sans ce petit truc qui fait que j'ai tant aimé Ocean Mer. 

lundi 22 juillet 2019

Fog, James Herbert

J'ai mis un petit bout de temps à lire ce roman. Il faut dire qu'entre la non envie de bouquiner en numérique, le visionnage (bien après tout le monde, j'avoue) des deux premières saisons de Stranger Things (très très bon d'ailleurs, on commence la trois mardi)(parce que ce soir, j'amère ma fille voir les Kids United)(ce qu'on ferait pas pour sa marmaille hein...) et puis le fait que j'ai eu un mal fou à entrer dedans, j'ai mis trois weekend pour le lire. Mais j'y suis arrivée et voilà ce que j'en pense (c'est moins catastrophique que ce que mon intro présage).

Fog, James Herbert

Editeur : Bragelonne
Collection : Terreur
Année de parution : 2011
Titre en VO : Fog
Année de parution en VO : 1975 
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez les romans catastrophes
- Vous voulez un ennemi non humain

A ne pas lire si :
- Vous voulez frisonner

Présentation de l'éditeur : 

Cela commença par un tremblement de terre. Dans la confusion, au milieu des cris des victimes, personne ne prêta vraiment attention à ce brouillard jaunâtre qui s’échappait de la terre éventrée et que le vent eut tôt fait d’emporter vers la campagne anglaise. Puis des massacres inexplicables, déments, furent signalés sur le passage de la nappe de brouillard. Elle se mit à croître, progressant inexorablement vers les zones les plus peuplées d’Angleterre…

Mon avis

J'étais ultra motivée pour lire ce bouquin. J'avais plutôt apprécié Le Secret de Crickley Hall l'année dernière et je me faisais un plaisir de me replonger dans la plume de James Herbert. Je m'attendais à frisonner, à presque faire des cauchemars la nuit, bref, je voulais avoir peur. Et autant vous le dire direct, ce point là est un peu raté. Je n'ai pas eu peur. Est-ce ça qui a fait que j'ai mis autant de temps à lire le bouquin ? Pas totalement, même si ça y a joué. 

L'histoire commence dans une petite bourgade comme on peut en trouver un peu partout en Angleterre. Alors que tout semble calme, un terrible tremblement de terre détruit le village mais surtout libère un étrange brouillard, à la substance proche de celle du fameux fog londonien. Le dit brouillard n'a rien de naturel, il contient même un agent bactériologique des plus dangereux qui mène ceux qui le respire à la folie puis à la mort. John Holman, premier à avoir été infesté mais aussi traité, va devenir le fer de lance des autorités anglaises pour détruire le brouillard avant que le pire n'arrive.

Il y a certaines choses que j'ai apprécié dans le roman. L'idée de base, déjà. Même si elle n'a plus rien d'original à notre époque, j'aime toujours autant voir comment un auteur se débrouille avec ça. Ici, Herbert s'en sort bien. Il y arrive en ne se focalisant pas uniquement que sur son héros, mais en écrivant plusieurs scènes sur des gens ordinaires pris dans les affres du brouillard. Et en fait, pour moi, heureusement qu'il fait ça. J'ai eu du mal avec Holman (mais on y reviendra après). D'ailleurs, ce sont dans les parties où il raconte comment le brouillard avance et les effets de celui-ci que j'ai le plus vite avancée. A croire que voir les pires pulsions humaines réussi à attiser un peu mon intérêt (et finalement, c'est un des points qui fait peur dans le roman, savoir que j'aurais plus apprécié les passages où l'homme devient fou et ne résiste plus devant ses pires pulsions que le fait que tout cela mettent le héros en danger).

Ensuite, il faut avouer que l'écriture de James Herbert a quand même quelque chose d'assez addictif. Même si je n'ai pas accroché à Halmon, je voulais savoir ce qu'il allait se passer (et ça, même si je me suis doutée de la fin depuis le début du roman ou presque). On est happé dans le roman qu'on le veuille ou non, on veut savoir jusqu’où ça va aller. Et pourtant, j'ai mis longtemps pour le finir. J'ai même vu le moment où j'allais tout simplement le mettre de côté et puis tant pis, je ne le finirais pas. 

La faute à Halmon et à presque tous les personnages avec un nom et ayant plus de deux pages d'apparitions (ça n'en fait finalement pas tant que ça). Halmon m'a rapidement saoulé. Présenté comme un homme de terrain, capable d'espionner son propre pays (enfin, plutôt d'espionner un ministère pour le compte d'un autre), il est finalement trimbaler par les événements sans y faire grand chose. Il aurait presque la mauvaise habitude de se transformer en geignard régulièrement. Il en va de même avec les autres. Prometteurs mais ça tombe rapidement à l'eau. C'est là que je me dis qu'heureusement, je n'ai pas lu le bouquin pour ses personnages mais pour son histoire. Vraiment, j'ai rarement aussi peu accroché aux personnages que dans Fog.

Au final, j'aurais pu aimé un peu plus ma lecture. Je suis un peu déçue. Ce roman avait un super potentiel avec moi, une histoire plutôt sympa qui aurait pu me faire frisonner un moment. Et puis, pouf, le soufflet n'a pas pris sur une bonne partie de ma lecture. Je sais que je peux trouver mieux chez Herbert (j'ai lu mieux avec Crickley Hall) et ce n'est pas ce qui va me faire arrêter de le lire. N'empêche que... Ça aurait pu être un si bon libre.

vendredi 12 juillet 2019

Les Tombeaux d'Atuan, Intégrale de Terremer, Ursula K. Le Guin

Je continue ma redécouverte du monde d'Ursula K. Le Guin. Après le Sorcier de Terremer, me voilà dans le pays Kargue, plus précisément dans les Tombeaux d'Atuan. Une relecture dont je ne me souvenais que du labyrinthe, autant dire de pas grand chose et en même temps, peut-être du plus important pour ce que tout cela représente. Bref, ça a donné quoi, cette relecture ?

/!\ Je Divulgache un peu, beaucoup /!\

Les Tombeaux d'Atuan, Intégrale de Terremer, Ursula K. Le Guin

Editeur : Le livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2018
titre en VO : Earthsea
Année de parution en VO : entre 1964 et 2001, plus précisément 1971 pour les Tombeaux d'Atuan
Nombre de pages : 1800

A lire si 
- Vous aimez la fantasy avec magie et dragon
- Vous aimez la mer
- Vous ne voulez pas de violence

A ne pas lire si 
- Vous vous attendez à quelque chose d'ultra violent
- Vous n'aimez pas les voyages initiatique

Présentation de l'éditeur : 

Terremer est un lieu magique et ensorcelé. Une mer immense recouverte d’un chapelet d’îles où les sorciers pratiquent la magie selon des règles très strictes. On y suit les aventures de Ged, un éleveur de chèvres qui, au terme d’une longue initiation, deviendra l’Archimage le plus puissant de Terremer, mais aussi celles de Tenar, haute prêtresse du temple des Innommables de l’île d'Atuan, de Tehanu, la fille-dragon, et de Aulne le sorcier qui refait chaque nuit le même rêve terrifiant. Autour de la grande histoire gravitent des contes qui enrichissent et explorent ce monde où enchanteurs et dragons se côtoient.

Mon avis

Après le Sorcier de Terremer, qui nous contait les début du jeune Ged, Ursula K. Le Guin décide de mettre en scène une jeune héroïne dans les îles Kargues qu'elle n'avait fait qu’effleurer durant le voyage du sorcier. C'est en partant donc d'une phrase presque anodine de la fin du premier tome qu'elle va lancer les Tombeaux d'Atuan. Ce que je trouve marrant, c'est qu'elle explique dans la post-face des Tombeaux (un truc vraiment sympa de cette intégrale, il y a une explication par l'autrice à chaque fin de tome), qu'elle n'avait jamais prévue de faire une suite à l'histoire de Ged. C'est surement pour cela qu'elle a pu se permettre de ne pas choisir le sorcier comme personnage principal même s'il finit par apparaître. Mais passons à l'histoire en elle-même et à son héroïne, la jeune Tenar.

La Première Prêtresse, seule prêtresse des Innommables, est immortelle. Elle se réincarne toujours. La nouvelle incarnation naît le jour de la mort de l'ancienne. A ses cinq ans, si tout va bien, elle est amené aux Tombeaux d'Atuan pour devenir Arha, la Dévorée. Nous suivons une nouvelle Arha dans son apprentissage (oui, c'est aussi un texte initiatique, mais ici le voyage n'est pas vraiment physique). Avec elle, nous allons découvrir le fonctionnement du Lieu. Si tout se passe pas trop mal pour elle, l'arrivée dans le Labyrinthe d'un sorcier va tout changer. Arha va se questionner sur ce qu'elle est, mais aussi sur les Innommables et ce qu'il se passe dans le Lieu. 

Comme je le disais en parenthèse, nous avons avons un récit initiatique. Celui d'une enfant qui se retrouve dès le départ avec du pouvoir. Un pouvoir sur les choses dont elle ne sait trop quoi faire. Bien qu'elle soit guidée au début de son histoire, personne ne sait réellement ce qu'est être Première Prêtresse. Elle le découvre souvent de manière brutale, sans avoir réellement le temps d'analyser ce qu'elle fait ou doit faire. Pourtant, la vie se déroule presque paisiblement dans le Lieu pour la jeune Arha. Elle n'aura à commander qu'une seule fois la mort de prisonniers du Dieu-Roi. Enfin, jusqu'à la mort de Thar, une prêtresse qui l'avait prise sous son aile, l'ascension à un pouvoir plus grand pour Kossil, l'autre prêtresse et surtout, l'arrivée d'un sorcier dans l'En dessous des Tombeaux. Ces trois événements vont amener Arha à réfléchir sur ce qu'elle est et surtout à comprendre quel est le pouvoir dont elle dispose vraiment. L'évolution de la jeune fille ne se fait pas d'un coup. Il lui faut du temps pour comprendre qu'elle peut tenir tête à son aînée, qu'elle peut décider par elle-même aussi. 

J'ai aimé le personnage d'Arha/Tenar pour son parcours. Elle qui semble si sûre de ses croyances, de son pouvoir, voit son univers perturber par l'arrivée d'une seule personne. Il lui faut du temps avant de remettre de l'ordre dans son esprit, avant même pouvoir ne serait-ce que faire confiance à Ged (oui, parce que c'est bien lui le sorcier qui débarque dans son univers). Tout ne se fait pas d'un claquement de doigts. Elle doit mettre de côté tout ce qu'elle sait ou pense savoir depuis sa naissance. J'aime voir le doute s'insinuait et puis la manière dont Ged arrive à la convaincre que ce qu'elle croit n'est pas faux, mais pas vraiment vrai non plus. D'ailleurs, j'apprécie assez le début de rôle de mentor du sorcier.

Mais surtout j'ai aimé qu'il n'y est pas qu'elle qui est besoin de lui pour s'en sortir. Ged a tout autant besoin de Tenar pour rester en vie qu'elle a besoin de lui. Il y a un équilibre appréciable qui se joue entre les deux. Aucun n'est plus fort que l'autre, aucun n'a le dessus. On ne retrouve aucun rapport de force entre eux, pas même, finalement, lorsqu'elle le tient presque à sa merci. C'est quelque chose d'assez rare pour être signalé. Ce n'est pas à proprement parlé une partie féministe du texte (tout comme pour le premier tome, Ursula K. Le Guin n'a pas écrit un texte à vocation féministe à la base) mais on sent un petit quelque chose qui fait bien plaisir quand même (parce qu'avouons que finalement, un roman où le protagoniste a besoin de la protagoniste pour ne survivre et où l'inverse est aussi vrai n'est pas fréquent (on retrouve quand même bien souvent le prota qui sauve la prota, rarement l'inverse, encore moins les deux se sauvant mutuellement).

Et je me rends soudain compte que j'ai failli ne pas parler des Labyrinthes (plus ça va, plus il me faut du temps pour écrire mes avis et du coup, j'oublie des choses)(en vrai, je fais vingt choses en même temps et du coup, ben, il me faut une journée entière pour écrire tout ça). Bref, le Labyrinthe, c'était la seule chose dont je me souvenais vraiment parfaitement dans le livre. En fait, pour moi (c'est important, le pour moi ici, je le rappelle), il représente un peu les méandres de l'esprit de Tenar. Tant qu'elle y va, qu'elle les découvre, elle est perdue. Elle ne sait pas totalement qui elle est, ni même finalement ce qu'elle doit faire. Les Innommables font en sorte qu'elle se perde dans son propre esprit plutôt que physiquement (elle est capable d'aller d'une pièce à 'autre sans problème). C'est une allégorie de ce qu'elle ressent. D'ailleurs, sa fuite du Lieu et du Labyrinthe coïncide avec le moment où elle décide d'être Tenar et non la Dévorée et où elle voit plus clair. Elle est encore un peu perdue mais un chemin se profile devant elle, un chemin qui semble plus lumineux que ce qu'elle a vécu jusque là (oui, alors, les livres de Terremer ont une légère tendance à me faire partir sur des réflexions quelque peu philosophique, j'ai l'impression).

Au final, j'ai aimé ce roman, peut-être même un peu plus que son prédécesseur. Disons qu'il me parle un peu plus que le Sorcier. L'univers est toujours aussi fascinant pour moi et j'espère que lorsqu'elle aimera un peu plus lire, je pourrais laisser cette intégrale à mini-moi (mais ça devrait surement attendre encore deux ou trois ans quand même). D'ailleurs, en parlant d'intégrale, si j'adore lire et relire Terremer, je dois avouer que parfois, c'est un peu déprimant de ne pas avoir l'impression d'avancer dedans (là par exemple, d'après Livraddict, je ne suis même pas à 25% du livre). Mais heureusement que la sensation passe vite tant il est agréable de bouquiner dedans.

lundi 8 juillet 2019

L'attaque des Titans, Edition Colossale 7, Hajime Isayama

Bon, j'ai de plus en plus de mal à trouver comment introduire ma lecture mensuelle de l'Attaque des Titans. Du coup, pas d'intro pour cette fois.

L'attaque des Titans, Edition Colossale 7, Hajime Isayama

Editeur : Pika
Collection : 
Année de parution : 2017
Titre en VO : Shingeki no kyojin 
Année de parution en VO : 2015
Format : AZW

A lire si : 
- Vous voulez une bonne histoire où l'humanité est bien dans la moïse.
- Vous ne voulez pas de supers héros

A ne pas lire si : 
- Vous êtes de nature sensible 

Présentation de l'éditeur : 

Bien décidé à découvrir le secret sommeillant dans le sous-sol de la maison Jäger, le Bataillon d’exploration doit avant tout reprendre le mur Maria. Il livre pour cela une lutte acharnée contre Reiner, Bertolt et le Titan bestial qui leur ont tendu un énième piège à Shiganshina.
Après avoir réussi à reboucher le Mur grâce à sa faculté de durcissement, Eren et les siens parviendront-ils à vaincre cet infernal trio pour enfin accéder à de nouvelles révélations ?!
Cette édition contient les volumes 19 à 21 de l’édition standard.

Mon avis

Le dernier tome lu de l'Attaque des Titans m'avait mené jusqu'au mur Maria. La bataillon d'exploration était prêt à se rendre dans la cave de la maison Jaeger. Mais c'était peut-être aller un peu trop vite en besogne. Le Titan Bestial, accompagné de Reiner et Bertol, sont toujours là pour mettre des bâtons dans les roues d'Erwin Smith et surtout pour réussir à chopper Eren. Forcément, cette bataille-là est peut-être la plus importante que va avoir à livrer le bataillon pour découvrir la vérité et permettre par la même occasion à l'humanité de reprendre le territoire perdu dix ans plus tôt.

Les tomes 19 et 20 ne font pas dans la dentelle. Du tout. Ce sont deux tomes remplis d'action, avec un combat pour le moins épique entre l'équipe de Livaï et Reiner puis Bertolt. Le bataillon est équipé de nouvelles armes créées par Hanzi qui font pas mal de dégât. Mais si le combat est juste génial à suivre, je dois bien avouer que j'ai eu pas mal de petit coup à cœur en voyant l'équipe se battre contre leurs anciens camarades (même si, oui, je sais, sont méchants). Il n'empêche que pour qui aime les beaux combats, absolument pas gagné d'avance, il est quasi parfait.Quasi parce que quand même, il reste tout de même un combat assez facile (la partie contre Reiner est finalement assez simple, elle gagne en mordant avec l'arrivée de Bertolt). Par contre, j'ai beaucoup aimé qu'enfin Armin ne soit pas encore une fois le grand stratège qui règle tout. Non, à l'instar de Sacha et Conny, il éprouve de la faiblesse quant aux faits de devoir tuer les deux insurgés. Pire, face à Bertolt, il est d'abord dans l'incapacité la plus totalement de comprendre ce qu'il va se passer (et ça fait du bien, putain. Armin est bien gentil mais je commençais grave à en avoir marre de le voir toujours trouver une solution).Du côté d'Erwin et de Livaï, rien n'est gagné d'avance non plus. Et tout comme avec Armin, on se trouve avec un Erwin qui doute pas mal (mais qui sait quoi faire par contre, même si ça implique de sacrifier tout le monde à coup de grand discours de motivation).

Le tome 21 va voir la fin de ce combat et surtout le choix terrible à faire entre Armin et Erwin, tous deux aux portes de la mort. Un seul pourra être sauvé. Après un choix cornélien, c'est donc Armin qui va bouffer Bertolt et donc survivre (et là, oui, j'ai été un peu triste, parce que j'ai un faible pour Bertolt et que j'aurais préféré voir Reiner mourir (Reiner qui a finalement pas servi à grand chose hein)). Mais surtout, nous allons enfin savoir ce qu'il se cache dans la cave des Jaeger. Et autant dire que la série va prendre un nouveau tournant à partir de maintenant vu qu'on sait (enfin qu'ils comprennent enfin, plutôt) qu'il y a bien autre chose que la vie entre les murs. Et cet autre chose, nous commençons à le découvrir grace aux carnets de Grisha, le père d'Eren. Et autant dire que la vie sur l'île du Paradis (le nom qui semble tellement bien choisi...) parait presque paisible par rapport à ce que lui a connu enfant. cela annonce un beau tournant dans l'histoire et surtout pas mal de réponses aux premières questions que l'on a pu se poser.

Pour finir, je suis toujours super contente de lire l'Attaque des Titans. La saga s'étoffe, offre de beaux moments et reste agréable à lire. Je suis toujours aussi impatiente d'arriver au mois d'après pour pouvoir lire à nouveau (non parce que franchement, je m'écouterai, je lirai tout de suite). 

jeudi 4 juillet 2019

La Servante Ecarlate, Margaret Atwood

Je me suis enfin lancée dans cette dystopie dont tout le monde parle (surtout en ce moment où il semble que la nouvelle saison du show TV ne remporte pas tous les suffrages)(vous ne serez pas étonné si je vous dis que je n'ai pas vu un seul épisode de celui-ci). Et franchement, je suis presque déçue de ne pas l'avoir connue plus tôt (mais dans ce cas, est-ce que je l'aurais autant aimé ?).


La Servante Ecarlate, Margaret Atwood

Editeur : Robert Laffont
Collection : Pavillons poche
Année de parution : 2017
Titre en VO : The Handmaid's tales
Année de parution en VO : 1985
Nombre de pages : 521

A lire si 
- Vous aimez les dystopies
- Vous ne voulez pas de personnages ultra badass

A ne pas lire si 
- Vous voulez quelque chose avec beaucoup d'action

Présentation de l'éditeur : 

Dans un futur peut-être proche, dans des lieux qui semblent familiers, l'Ordre a été restauré. L'Etat, avec le soutien de sa milice d'Anges noirs, applique à la lettre les préceptes d'un Evangile revisité. Dans cette société régie par l'oppression, sous couvert de protéger les femmes, la maternité est réservée à la caste des Servantes, tout de rouge vêtues. L'une d'elle raconte son quotidien de douleur, d'angoisse et de soumission. Son seul refuge, ce sont les souvenirs d'une vie révolue, d'un temps où elle était libre, où elle avait encore un nom. Une œuvre d'une grande force, qui se fait tour à tour pamphlet contre les fanatismes, apologie des droits de la femme et éloge du bonheur présent.

Mon avis

Je ne vais pas vous mentir, j'ai eu un coup de cœur pour la Servante Écarlate. En fait, c'était même couru d'avance, je crois. Si j'aime beaucoup les dystopies Young-Adult qui se lisent vite et bien, j'ai un faible évident pour les romans plus "adultes" qui apportent une vision peut-être un peu plus mûre, en tout cas, différente. Ici, pas de personnages ultra badass qui vont se battre physiquement pour leur liberté, pas de combat. Non, la Servante Écarlate joue sur un autre terrain et il le fait terriblement bien.

Dans ce qui semble être un futur plutôt proche, le pays de Gilead (une bonne partie des USA apparemment, mais impossible d'en être sûre) a installé une dictature basée sur les Évangiles revisités (coucou le viol ritualisé à cause d'un passage de la bible mal interprété). On y trouve tout ce qu'y peut définir une dictature, de la position des hommes et des femmes dans la société à la maîtrise de la propagande en passant par une justice expéditive et cruelle. Bien que tout cela soit assez jeune, finalement, la dictature est bien présente et les habitants de Gilead soumis à elle sans trop de problème. C'est dans ce monde-là que nous faisons la connaissance de Defred, une Servante, l'une des rares femmes capables de procréer et dont c'est devenu la fonction première. A travers ses yeux, nous allons découvrir ce qu'était la vie avant et puis maintenant à Gilead. 

Il y a quelque chose qui m'a frappé dans la Servante Ecarlate. Plus que le fait que ça semble si possible, c'est la personnalité de Defred. L’héroïne du roman a totalement abandonné. Elle ne se bat plus. Elle suit le mouvement. De temps en temps, elle a un sursaut de rébellion. C'est souvent quelque chose de minime, presque de puérils (elle montre sa cheville aux gardes de la ville par exemple) et ça reste rare. En fait, Defred, ça pourrait être n'importe qui. Ne nous mentons pas, nous serions beaucoup à finir par accepter notre sort comme elle, à avoir perdu sans même nous battre. Je crois vraiment que c'est une des premières choses qui m'a touché en lisant le début du roman. Pourtant, Defred est aussi une héroïne en soi. Par ses petits actes de rébellions, par son histoire aussi. Et c'est quelque chose que j'ai aimé, qu'elle soit finalement une femme normale qui se battent avec les tous petits moyens qu'elle a en sa possession.

Ce trait de construction se retrouve en fait un peu partout dans le roman, pas seulement en Defred. Les autres personnages sont assez similaires à elle. Que se soit le Commandant qui profite de sa situation pour transgresser les règles mises en place en ayant par exemple des livres ou même en allant dans une maison close (maison close qui d'ailleurs n'aurait même pas du exister pour le coups, mais faut bien satisfaire les partenaires commerciaux et les Commandants)(l’hypocrisie de ceux qui se trouvent au sommet de la pyramide quoi), son Epouse, Serena Joy, qui fut l'une des égéries du régime et qui se retrouve finalement prise au piège par ce qu'elle vantait, Moira qui après s'être rebellée à finalement perdue espoir. Aucun n'est parfait, aucun n'est un guerrier et pourtant, à eux tous, ils offrent le meilleur panel pour présenter ce qu'est Gilead et sa dictature.

Une dictature qui parait tellement réelle, elle aussi. L'autrice a utilisé des choses qui sont réellement arrivés. Pas forcément toute en même temps, ni même à la même époque, mais c'est déjà arrivé. Et c'est la grande force du livre, cet aspect "d'authenticité" ajouté au fait que toute la partie avant que nous raconte Defred nous rappelle fortement les années 80 ou même les nôtres. Je crois vraiment que c'est pour cela que le roman nous touche tant. Parce qu'il parait vrai, parce qu'il pourrait être vrai. L’Amérique que souhaite Trump par exemple n'est finalement pas si loin de ce qu'est Gilead (avortement interdit, une seule religion, des murs un peu partout, les droits bafoués, etc...). Ainsi, le lecteur n'a pas le moindre mal à imaginer Gilead et ce qu'il s'y passe. Le roman n'en devient que plus perturbant, plus "horrifique". Oui, tout cela peut arriver même dans un pays comme les USA ou la France où l'on se tarque d'avoir de nombreuses libertés. Pire encore, une dictature peut arriver en douceur, sans que personne ne dise rien ou presque, tout étant parfaitement mis en place pour que le citoyen de base laisse faire.

Enfin, j'aimerais dire un mot sur la partie féministe du livre. Oui, le livre est féministe, je ne dirais pas le contraire. Il l'est grâce aux discours de Defred, celui de Moira aussi, celui des autres femmes. Il l'est puisque le livre montre ce qu'il pourrait se passer pour les femmes dans une dictature. Mais attention, la Servante Écarlate n'est pas uniquement féministe. Il ne faudrait pas la réduire à cela. C'est une partie importante, oui. C'est une partie qui nous touche aussi, qui tend presque à malheureusement devenir réalité (je rappelle qu'en Alabama, 25 hommes ont voté la loi la plus restrictive sur l'IVG des USA, qu'en France même le droit à l'IVG bien qu'accordé se trouve régulièrement en danger...). Si cette partie est importante, elle n'est pas la seule. A la base d'ailleurs, Margaret Atwood n'a pas écrit une dystopie féministe (elle le dit elle-même dans la post-face de mon édition). C'était normalement une dystopie faisant écho à 1984 d'Orwell, quelque chose dénonçant la mise en place de dictature et le fonctionnement de celle-ci (ça se remarque avec le rôle du Commandant par exemple), la Servante Écarlate dénonce les institutions, critique les extrêmes religieux, le totalitarisme. Les deux causes sont importantes. Et si je ne renierais sûrement pas la part féministe du livre, je n'oublie pas non plus les autres messages qu'il fait passer. En fait, finalement, elles sont très liées. Comme le disait si bien Simone de Beauvoir : ""N'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant." Le roman illustre parfaitement ces propos pour moi.

Pour finir, j'ai donc beaucoup aimé le roman. Je l'ai aimé pour ses personnages qui n'ont rien de héros, pour son aspect très "réel", pour sa vision, son féminisme, ses dénonciations. Je l'ai aimé pour tout ça et plus. C'est un livre que je recommande vraiment. Lisez la Servante Écarlate, ouvrez les yeux.

vendredi 21 juin 2019

Tueurs d'Anges, Town tome 1, Rozenn Illiano

Je continue gentiment ma découverte du Grand Projet de Rozenn Illiano sur Wattpad. Je pense que je ne tarderais plus à m'offrir les versions papiers de certains de ses livres (Elisabeta, 600 jours d'Apocalypse et puis Midnight City quand il sortira et le prochain chez Citric, le Phare aux Corbeaux)(pas tout en même temps, mais petit à petit, je devrais pouvoir y arriver). Bref, aujourd'hui, nous parlons du début de Town et d'apocalypse.

Tueurs d'Anges, Town tome 1, Rozenn Illiano

Editeur : Onirography
Collection : /
Année de parution : 2017
Format : Wattpad 

A lire si :
- Vous voulez une histoire qui prend son temps
- Vous voulez voir les anges dans le "mauvais rôle"

A ne pas lire si :
- Vous aimez quand il y a beaucoup d'action.

Présentation de l'éditeur : 

Un jour de janvier, un cataclysme sans précédent décime la quasi-totalité de l'humanité en quelques secondes. Les survivants doivent affronter par la suite toute l'hostilité de la planète ravagée, les fous dangereux sillonnant les routes... et les hordes d'anges descendus du Ciel pour les exterminer. Le tout sous des coups lancinants frappés à la Grande Horloge de l'Apocalypse. Douze coups, six cents jours, à la fin desquels la réalité telle que nous la connaissons disparaîtra.
À travers le chaos, Ana part à la recherche d'un refuge où se terrer quand la fin viendra. Elle rencontre alors Élias, un clairvoyant qui s'est donné une mission : tuer un maximum d'anges, pour sa propre survie et celle de ses compagnons d'infortune.

Mon avis

Après un roman vampirique qui m'avait bien plu, Elisabeta, je me lance enfin dans l'apocalypse vu par Rozenn Illiano avec le début de sa série Town. Dans ce premier tome, l'apocalypse a commencé. Chez l'autrice, elle dure 600 jours avant que tout explose (ou implose plutôt, j'ai l'impression). Tueurs d'anges se déroulent durant ses 600 jours, alors que l'horloge de l'apocalypse sonne tranquillement ses douze coups (alors pour ceux qui connaissent pas, il existe réellement une horloge de l'apocalypse, qui pointe en ce moment sur 11h58. Pour découvrir ce que c'est précisément, allez faire un petit tour sur la page wikipédia qui lui est dédié)(j'ai une certaine fascination pour cette horloge, je dois bien le dire, mais faut dire qu'elle alimente méchamment mon imagination aussi). Alors qu'il ne reste déjà plus grand chose de l'humanité, les anges sont descendus des Cieux pour venir finir le travail. Les survivants tentent d'arriver jusqu'au douzième coup et pour cela, beaucoup se rassemble. C'est ainsi qu'Ana, jeune femme capable de "sentir" les anges va rencontrer la communauté menée par Elias, un Clairvoyant, puis que Chester, que les anges ne voient pas, va les rejoindre. Nous allons suivre les trois durant les 600 jours de l'apocalypse et alors qu'ils fondent (enfin, pas tout à fait), la Ville, dernier refuge de l'humanité, prise dans une bulle de la réalité. 

Il y a quelque chose qui m'a beaucoup marqué dans Tueurs d'Anges, sa lenteur. Pour un roman sur l'apocalypse (on est quand même en plein dedans), il prend son temps, mais vraiment. Personnellement, je ne considère pas ça comme un défaut du roman. Je trouve même que cette approche est vraiment intéressante. On apprend à connaitre les personnages, à faire connaissance avec l'univers de l'autrice, à découvrir Town aussi. Ça change énormément des romans apocalyptiques que l'on peut lire. Ici, on s'attarde sur les personnages. Des personnages qui souffrent pour diverses raisons mais, qui d'une manière ou d'une autre, continuent pourtant d'avancer vers l'inéluctable. J'ai, du coup, apprécié cette lenteur qui cache parfois une certaine violence et finalement, une certaine urgence. J'ai apprécié pouvoir prendre le temps de connaitre les personnages, leurs aspirations, leurs sentiments. Cela se ressent encore plus que le roman est divisé en trois partie, chacune narrée par un des trois protagoniste principal. 

L'autre chose de marquante, c'est le "manque" d'action. J'ai mis manque entre guillemet parce que, tout de même, il y en a. Disons juste que ce n'est pas celle à laquelle on pourrait s'attendre au vu de la quatrième de couverture (et du nom du roman). Tueurs d'Anges ne va pas offrir de grandes scènes de batailles entre humains et anges. Ni même entre humains et humains d'ailleurs. Non, sa violence est moins voyante, on va dire. Elle est pourtant bien là, dans les jours qui passent, dans l'attende, la peur... Elle s'insinue un peu partout dans les comportements des personnages. C'est quelque chose que je trouve génial, de réussir à mettre de la violence sans que celle-ci ne soit sanglante (même si on en trouve). Ça va vraiment avec le fait que le roman soit lent, qu'il y ait peu d'action, que tout se passe par les personnages. Après, je me doute que ça ne peut pas plaire à tout le monde. Et j'avoue même que parfois, j'ai pu un peu m'ennuyer (juste un ou deux chapitres, pas grand chose mais autant le dire). Il n'empêche que le livre est bon pour moi, et c'est ça l'essentiel.

Pou finir, j'ai donc apprécié ma lecture de ce Tueurs d'Anges. Je me suis trouvée avec un roman complètement différent de ce que j'avais pu imaginé à cause de sa quatrième de couverture (et en même temps pas si différent que ça, je crois aussi que le lecteur et ses expériences de lecture font beaucoup sur la manière de "voir" l'histoire à partir de la quatrième). C'est un roman qui fonctionne plus sur la psychologie des personnages que sur les combats. C'est le genre de roman qui te fait te demander ce que toi tu ferais si l'apocalypse venait. Est-ce que t'attendrais le douzième coup ou pas du tout ? Forcément, c'est un genre de roman qui ne peut que me plaire. Surtout qu'il est porté par la plume de Rozenn Illiano qui a quelque chose de très poétique je trouve. Le tout donne donc un texte qui me plait beaucoup et une grande envie de lire la suite.

lundi 17 juin 2019

Le Roi, Haut-Royaume, tome 3, Pierre Pevel

Il y a quand même une sorte de satisfaction évidente au fait de finir une série, surtout quand elle a été commencé il y  deux ans et demi. Il est dommage par contre que ce troisième tome soit, pour moi en tout cas, un peu en dessous des deux précédents (mais il reste très bon quand même)

Le Roi, Haut-Royaume, tome 3, Pierre Pevel

Editeur : Bragelonne
Collection : /
Année de parution : 2018
format : AZW

A lire si
- Vous voulez de la fantasy médiévale
- Vous voulez un héros pour le moins torturé

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose de très original

Présentation de l'éditeur : 

Après la mort du Haut-Roi, s’ensuit une période de deuil pour le Haut-Royaume – période durant laquelle les complots se trament et les dagues s’aiguisent avant l’ouverture du testament royal. Le prince Yrdel, héritier légitime, et le prince Alan, soutenu par la reine et son frère le prince-cardinal Jall, se disputent déjà le trône en coulisses. Comme ils se disputent les faveurs de Lorn, capitaine d’une Garde d’Onyx de plus en plus puissante et influente…
De son côté, Lorn poursuit comme toujours ses propres objectifs tout en semblant servir le Haut-Royaume. Et quand la Guerre des Trois Princes éclate, il pourrait bien être celui qui apportera la victoire…

Mon avis

Si vous avez lu l'introduction, vous aurez compris que oui, j'ai aimé ce dernier tome mais que j'ai quand même était un peu déçue. Ce troisième tome avait tout pour finir la série superbement, surtout après un second tome qui avait mis en place tant de chose. Et pourtant, je l'ai trouvé soit trop court, soit trop ouvert, j'arrive pas encore à savoir. 

Nous voilà juste après les événements de la fin du second tome (et du coup, je divulgâche, hein). Le Haut-Roi est mort, son trône est laissé vacant jusqu'à la fin du deuil national. Yrdel croit toujours dur comme fer qu'il sera le prochain Haut-Roi. Mais que nenni, Celyane a tout prévu et voilà qu'Alan devient Aldéran Ier. La guerre entre les deux princes est inévitable. Lorn, en tant que commandant de la garde d'Onyx reste au service du Haut-Royaume et donc d'Alan. Mais les victoires de la garde d'Onyx nuisent à la popularité du nouveau Haut-Roi. Mais s'il n'y avait que ça... 

Ce troisième tome se concentre sur la guerre entre Yrdel et Aldéran, une guerre que l'on savait devoir arriver depuis un bon moment. Autant dire que pour ceux qui n'aiment ni les batailles, ni les sièges, vous n'êtes pas les bienvenus par ici (en même temps, je pense que vous l'avez compris depuis le premier tome). Bon, vu que j'apprécie assez de bonnes batailles bien foutues (avec de vrais plans de batailles par exemple), je suis plutôt contente sur ce point. Parce que des batailles, il y en a deux grosses, et si niveaux combats, elles sont tout de même assez soft (c'est pas hyper sanglant quoi), niveau stratégie, elles sont plutôt sympa (surtout la première d'ailleurs, la seconde étant plus désespérée, je dirais). Mais la guerre n'est pas l'unique sujet de ce troisième tome. 

A la fin du second tome, on apprend que Lorn est père, d'une petite fille avec Alicia de Laurens et d'un garçon avec Mairenn. Si on oublie totalement Alicia et la fille (chose que j'ai du mal à comprendre pour le coup, c'est carrément comme si elles n'avaient jamais existé), le fils de Mairenn prend beaucoup plus de place. C'est "à cause" de lui que Lorn va encore plus se brouiller avec Alan mais surtout que le dragon de la destruction va prendre l'ascendant sur le chevalier. Car tout est là, et cela, nous le savons depuis un bon moment (on dit merci les chroniques au début de chaque chapitre pour ça). Et c'est là que, personnellement, j'ai été un peu déçue. Jusque là, Lorn était un personnage qui n'en faisait qu'à sa tête mais surtout qui était totalement gris. Rien ne permettait de dire s'il était méchant ou bon, il était un guerrier, point. A partir du moment où il va retrouver Mairenn et par la suite son fils, il devient un peu trop "guimauve". Alors, oui, c'est mignon, mais non, ça ne sert pas à grand chose. Sauf à servir les intérêts du Dragon de la destruction. C'est couillon, il avait réussi jusque là à garder un semblant de libre-arbitre qu'il perd totalement d'un coup. Je trouve ça assez étrange ce revirement dans le caractère de Lorn. Même si on se doute du pourquoi du comment, ça lui ressemble si peu. Heureusement, Lorn finit par rester Lorn et on retrouve tout de même rapidement notre héros.

Mais il m'a quand même manqué pas mal de chose sur ce troisième tome. Il va trop vite à mon gout, là où le second posait quand même pas mal de chose. Je n'ai pas eu toutes mes réponses, et ça, ça me gène un peu. Alors, je ne sais pas vous, mais je sens une autre trilogie derrière tout ça (il devient quoi le fils de Lorn ? Et sa fille ? Et puis, elle va finir comment la guerre ? et surtout, par rapport à ce que lisent les gardiens, ça va donner quoi tout ça ?)(oui, vous avez compris, j'ai encore plein de questions sans réponse moi et j'aime bien avoir mes réponses). Du coup, j'ai cette impression de pas fini qui reste et j'aime pas ça. Autant une fin ouverte ne me dérange pas mais il faut que j'ai un certain nombre de réponse quand même. Et c'est pas le cas ici. Alors même que j'ai aimé le roman, je reste déçue par la fin. Enfin, non, pas par la fin elle-même qui est bien trouvée mais par le fait qu'on ne saurait peut-être pas la suite. Alors, oui, je sais que Pierre Pevel sait  mieux que moi ce qu'il fait (c'est lui l'auteur, je rappelle, pas moi) et je n'irais pas lui dire qu'il doit réécrire sa fin (et puis quoi encore ?) mais qu'est-ce que j'aimerais avoir un tome ou deux de plus pour avoir les réponses que j'attendais.

Et malgré mon haut de taux de ralage par ici, j'ai beaucoup aimé toute la série, n'allez surtout pas croire le contraire. Pierre Pevel est un auteur que j'apprécie toujours autant et qui n'a de cesse de m'émerveiller (même quand il y a du sang un peu partout). J'aime sa manière d'écrire, de créer une ambiance et des personnages qui lui sont propres. Haut-Royaume est une très bonne série (qui a un "spin-off" en plus) de fantasy qui mérite d'être lu, ne serait-ce que pour Lorn, personnage principal qui n'est pas un gentil, sa prophétie qui n'en est pas tout à fait une non plus et ses batailles bien menées.