mercredi 13 novembre 2019

Nouvelles de Terremer, Terremer Intégrale, Ursula K. Le Guin

Et voilà. Ça devait arriver. J'ai refermé pour de bon mon intégrale de Terremer. Après plusieurs mois à l'avoir toujours à mon chevet, elle va retrouver sa place dans la bibliothèque du salon. Commencée en juin, cette saga m'aura suivi tout l'été et l'automne. C'est assez triste que je quitte l'univers.

Nouvelles de Terremer, Terremer Intégrale, Ursula K. Le Guin

Editeur : Le livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2018
titre en VO : Earthsea
Année de parution en VO : entre 1964 et 2001
Nombre de pages : 1800

A lire si
- Vous aimez la fantasy avec magie et dragon
- Vous ne voulez pas de violence

A ne pas lire si
- Vous vous attendez à quelque chose d'ultra violent
- Vous n'aimez pas les récits initiatiques

Présentation de l'éditeur :

Terremer est un lieu magique et ensorcelé. Une mer immense recouverte d’un chapelet d’îles où les sorciers pratiquent la magie selon des règles très strictes. On y suit les aventures de Ged, un éleveur de chèvres qui, au terme d’une longue initiation, deviendra l’Archimage le plus puissant de Terremer, mais aussi celles de Tenar, haute prêtresse du temple des Innommables de l’île d'Atuan, de Tehanu, la fille-dragon, et de Aulne le sorcier qui refait chaque nuit le même rêve terrifiant. Autour de la grande histoire gravitent des contes qui enrichissent et explorent ce monde où enchanteurs et dragons se côtoient.

Mon avis

Ce que j'appelle Nouvelles de Terremer de manière un peu arbitraire sont en fait les nouvelles qui ne font pas partie d'un recueil particulier. Elles ont été publiés dans des revues ou des anthologies. Deux d'entre elles se déroulent bien avant l'aventure de Ged, Tenar et Tehanu. Pour la Fille d'Odren, je ne sais pas trop sa position réelle, quant Au coin du feu, c'est la conclusion du cycle pour Ged.  S'ajoute à ces nouvelles une conférence, Terremer Revisitée.

Le mot de déliement
Cette nouvelle et la suivante sont les textes fondateurs de Terremer. Elles posent les principes de la magie du cycle. Dans le mot de déliement, nous suivons un mage, fait prisonnier par un autre. Le mage a perdu son bâton, une bonne partie de ses pouvoirs mais n'arrive pas à s'avouer vaincu. Pour s'en sortir, il devra user d'un seul mot, celui de déliement. C'est une nouvelle assez conventionnelle qui a pour intérêt premier de poser les bases. Elle n'en reste pas moins sympathique à lire.

La règle des noms
Comme la nouvelle précédente, la règle des noms pose les bases de ce qui va devenir Terremer. Je pense que c'est peut-être la nouvelle la plus importante des deux. Si la première pose les bases de la magie par les mots, celle-ci finit de la définir avec la fameuse règle des noms. Mais elle ne fait pas que ça. Elle introduit aussi les dragons dans Terremer. C'est une nouvelle que j'ai apprécié lire. On y trouve tout ce que j'aime dans le cycle, la "lenteur" du récit, les dragons, les légendes aussi. 

La fille d'Odren
Cette nouvelle est plus récente que les deux autres (en VF, elle n'a été édité que dans cette intégrale, idem pour la publication papier en VO, de ce que j'ai compris, elle n'avait été édité qu'en numérique jusque là). Elle m'a fait penser à de veilles légendes rustiques, cette nouvelle. C'est une histoire de trahison et de vengeance. Ce ne sont pas des thèmes que l'on trouve souvent dans les écrits de Terremer. Mais, comme souvent, l'écriture de l'autrice éclaire le tout d'un jour nouveau. 

Au coin du feu
La dernière nouvelle du recueil met en scène Ged dans la chaumière d'Ogion, vers la fin de sa vie. La nouvelle est courte mais intense. Elle clôture parfaitement l'intégrale et les aventures du sorcier. J'ai aimé la nostalgie qui s'en dégage, j'ai adoré revoir des personnages que nous n'avons pas croisé depuis longtemps, redécouvrir certains passages, même si c'est très rapidement. C'est très doux comme fin. Attention, la nouvelle est publiée à titre posthume en 2018. C'est peut-être le dernier texte qu'a écrit l'autrice. Elle met le point final à sa série et on le ressent vraiment. Il est possible que vous ayez besoin de mouchoir en la lisant.

Terremer Revisitée
Terremer Revisitée est la retranscription d'une conférence d'Ursula K. Le Guin donnée en 1992. Il revient sur l'évolution du cycle, depuis sa création en 1964 jusqu'à Tehanu. Plus qu'un essai sur cette évolution, c'est aussi une vision des changements opérées dans le monde et dans la fantasy avec pour années pivots les 70's. C'est vraiment quelque chose à lire, expliquant le tournant qu'a pu prendre la série mais aussi pourquoi elle l'a pris et finalement pourquoi c'était tellement évident. 


Et voilà, je referme ce gros pavé vert avec une certaine tristesse. Terremer est un monument de la fantasy mais pas que. Il met en scène des héros qui ne sont pas blancs, des femmes et des enfants. Il questionne aussi beaucoup sur notre propre monde. Il m'a aussi  beaucoup questionné pour des raisons qui ne regardent finalement que moi. Je crois que je ne le dirais jamais assez, mais il faut lire Terremer. 

Maintenant, je compte me lancer dès que possible (soit dès que je trouverais le premier tome), dans le cycle de SF de l'autrice, à savoir le cycle de l’Ekumen. Et je rêve de m'offrir cette intégrale de Terremer en VO pour avoir toutes les illustrations de monsieur Vess (parce que forcément, l'intégrale poche VF ne les a pas toutes)

jeudi 7 novembre 2019

Un(e)secte, Maxime Chattam

J'avais très hâte de lire le nouveau Chattam après le Signal qui avait été le premier coup de cœur de l'année. Et c'était sans parler des retours de ceux qui l'ont lu un peu avant. Je l'ai acheté dès sa sortie et lu dans la foulée. 

Un(e)secte, Maxime Chattam

Editeur : Albin Michel
Collection : 
Année de parution : 2019
Nombre de pages : 454

A lire si :
- Vous n'avez pas peur des insectes
- Vous aimez les enquêtes policières

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez vraiment pas les insectes
- Vous vous attendez à avoir tout le long

Présentation de l'éditeur : 

Et si tous les insectes du monde se mettaient soudainement à communiquer entre eux ? À s'organiser ? Nous ne survivrions pas plus de quelques jours.
Entre un crime spectaculaire et la disparition inexpliquée d'une jeune femme, les chemins du détective Atticus Gore et de la privée Kat Kordell vont s'entremêler. Et les confronter à une vérité effrayante.
Des montagnes de Los Angeles aux bas-fonds de New York, un thriller implacable et documenté qui va vous démanger.

Mon avis

Comme je le disais, j'avais très très hâte de lire ce nouveau Chattam. J'aime beaucoup ce que fait le monsieur, et je ne résiste pas à l'idée de me faire un peu peur en lisant, surtout en cette période. Alors, je me suis un tout petit peu jeté sur le livre que j'aurais fini plus tôt si mon weekend n'avait pas été aussi occupé. En parlant de me faire peur, le prologue est assez anxiogène pour moi qui déteste les araignées et les petites bêtes (je ne leur ferais pas de mal, mais si elles pouvaient rester loin de moi, ça serait cool, hein). Il est aussi particulièrement efficace, nous faisant entrer directement dans l'histoire. Sauf que si le prologue est ultra efficace, il faut attendre un petit peu pour retrouver son ambiance. Car Un(e)secte n'est pas tout à fait un livre d'horreur. C'est surtout deux enquêtes particulièrement intéressantes à lire qui finiront pas se regrouper (je ne spoile absolument pas, on s'en doute quand même pas mal). 

La première est menée par un inspecteur du LAPD (la police de Los Angeles, donc), Atticus Gore, suite à la découverte d'un squelette sur une scène de crime remplie de cadavres d'insecte. Si déjà, la présence d'insectes est étrange que le squelette soit celui d'un homme encore vivant la veille l'est encore plus. L'enquête d'Atticus va le mener jusqu'au bas-fond de Los Angeles où ce qu'il va découvrir est bien plus gros que ce qu'il ne pense. L'autre enquête est mené par Kat Kordell, détective privée de New York, missionnée pour retrouver une jeune femme disparue. Là aussi, la privée ira jusqu'au pire endroit de sa ville afin de découvrir la vérité.

J'ai apprécié les deux enquêtes dans le sens où elles sont complémentaires mais bien différentes. On se doute d'ailleurs tout le long que les deux protagonistes vont finir par se rencontrer sans trop savoir comment. L'un enquête sur un meurtre mettant en scène des insectes, l'autre sur ce qui semblerait bien ressembler à un enrôlement dans une secte. Le rapport ? C'est le titre du roman qui nous le donne et je n'en dirais pas forcément plus pour ne pas trop spoiler. Il n'empêche que j'ai adoré voir les éléments se mettrent ne place de chaque côté, bien que j'ai eu une petite préférence pour la partie Atticus (lié au personnage, je pense, on y reviendra après). Peut-être le fait que je n'avais pas exploré Los Angeles version Chattam, ce qui n'est pas le cas de New York (où je me suis souvent demandé si Annabel ou Brady n'allaient pas faire une infime apparition)(plus Brady qu'Annabel d'ailleurs). Il n'empêche que comme toujours, l'auteur arrive à distiller ses informations sans qu'on ne s'en rende tout à fait compte (quoique j'avais deviné pour une personne). 

Mais, ce que j'ai particulièrement apprécié, c'est toute la partie un peu plus psychologique du roman (et je ne parle pas du fait que j'ai eu l'impression d'avoir des insectes sur moi au prologue et à certains moment dans le roman)(quoique). Un roman sur les sectes va forcément parler de fragilité psychologique, d'isolement ou encore d'influence. Il le fait de manière intelligente et surtout il finit par englober les protagonistes principaux. Ainsi, on a un Atticus Gore déjà marginalisé dans son travail et même dans sa vie. Le flic est gay, n'a pas de vie de famille, préférant payer ses amants d'un soir ou plus, n'a pas d'amis non plus. Il n'est pas apprécié, souvent raillé par ses confrères à cause de son orientation sexuelle. Il ne faudrait pas grand chose pour qu'il bascule dans la solitude la plus complète, voire qu'il perde son boulot. C'est un personnage qui n'en ai pas moins attachant dans ses faiblesses et qui en tire parfois une force incroyable. Surtout, ce n'est pas un super enquêteur à qui rien ne fait peur. Même son goût pour le Metal a quelque chose à voir avec ça et renforce sa personnalité. IL en va de même pour Kat. Elle vit seule, ne s'attache pas à son mec avec qui elle est depuis six ans, a peur de vieillir. Elle aussi, d'une certaine manière, s'isole du monde. Mais ils sont assez forts tous les deux pour ne pas tomber dans le pire. Ca ne tient pas à grand chose souvent. Ca les rend particulièrement humains.

Le seul petit défaut que je trouve au roman, du coup, c'est que je n'ai pas vraiment flippé. Je m'attendais, pas forcément à avoir peur, mais disons à frisonner quand même un peu plus. Or, ce n'a pas tout à fait été le cas. Les enquêtes sont efficaces, la dernière moitié du roman (dont je ne parle pas vraiment pour ne pas trop en dire) aborde des thèmes que j'apprécie assez lire mais je n'ai pas eu ce petit frisson que j'ai apprécié sur le Signal par exemple ou sur l'Âme du mal par exemple. 

Ça ne veut pas dire que je n'ai pas apprécié, loin de là. Disons juste que j'ai trouvé Un(e)secte de facture plus "banale". C'est un bon Chattam, voilà. Il est plus que sympathique à lire, il fonctionne parfaitement bien mais il lui manque un petit plus pour être parfait à mes yeux. Par contre, très hâte de revoir Atticus Gore au vu des remerciements de l'auteur à la fin.


mercredi 30 octobre 2019

Vampires ! Une histoire sanglante, Richard D. Nolane et Elisabeth Campos

Halloween approche à grand pas et j'avais envie de lecture allant dans le thème. J'ai commencé Nécroscope sur le Kindle (que je finirais bien après Halloween je sens, il est assez long comme bouquin) et j'ai enfin sorti de ma PAL cet essai sur le Vampire ! sorti dans la collection Bibliothèque des Miroirs des Moutons Electrique que j'apprécie assez (et dont je lorgne d'autres titres depuis un moment).

Vampires ! Une histoire sanglante, Richard D. Nolane et Elisabeth Campos

Editeur : Les Moutons Electrique
Collection : Hélios
Année de parution : 2018 (2010 dans la Bibliothèque des Miroirs)
Nombre de pages : 288

A lire si : 
- Vous voulez vous penchez sur la mythologie vampirique
- Vous appréciez les essais

A ne pas lire si :
- Vous ne voulez pas voir mélanger vampire littéraire et meurtriers en série

Présentation de l'éditeur : 

Né il y a très longtemps, le démon buveur de sang n’a cessé de poursuivre son chemin dans notre imaginaire. Sous le nom de vampire, il est devenu un des personnages favoris du genre fantastique et présente le cas unique d’une superstition ayant acquis le statut de mythe mondial par l’intermédiaire des arts populaires. Une superstition dont les racines, pas toujours bien connues, sont examinées ici en détail.
Pour la première fois, un ouvrage qui présente un panorama complet du vampirisme, sans se cantonner comme ses prédécesseurs à ses seuls aspects légendaires, artistique et historique. En effet, il aborde aussi en profondeur ce que l’on peut appeler la « réalité vampirique », incarnée par des personnages convaincus d’être d’authentiques vampires.
Un livre de référence, largement illustré, destiné à tous ceux qui s’intéressent à l’imaginaire fantastique, aux ombres de l’histoire et à la criminologie.

Mon avis

J'ai déjà deux livres de la collection Bibliothèque des Miroirs, Sorcières ! et Steampunk !. J'aime beaucoup les deux, avec leur format carré et les illustrations qui les parsèment. Ce sont des bouquins agréables à lire et aérés. Le passage de cette collection en poche est agréable pour le porte-monnaie, mais par contre, on y perd un peu de qualité visuelle. Adieu les illustrations et les encarts. Est-ce gênant pour la compréhension du discours des auteurs ? Non. Mais je trouve dommage de perdre les illustrations qui dans les deux précédents ouvrages que j'ai eu en main apporté aussi des éclairages sur la représentation des thèmes. Sur ce, passons au texte.

Nous connaissons tous le Vampire. La figure de Dracula est particulièrement présente dans l'univers fantastique, et il ne se passe pas une année sans qu'un nouveau livre/série/film ne mette en scène la créature à dents longues d'une manière ou d'une autre. Mais que savons-nous réellement du vampire ? Les deux auteurs se sont penchés sur la figure vampirique, que ce soit dans le domaine de l'imaginaire ou celui, bien plus réel, de l'histoire ou même de la criminologie.

Forcément, tout ne nous est pas inconnu. On va passer sur l'histoire de Vlad Tepes, sur le Dracula de Bram Stoker et j'en passe. Même si je connais les deux, je dois dire que j'ai assez apprécié me replonger un peu dedans (l'histoire de Tepes a quelque chose d'assez passionnant en soi, dans le fait qu'il n'a rien d'un vampire mais tout d'un véritable tueur en série sociopathe). Toute la partie sur les folklores ayant un vampire est aussi particulièrement intéressante. Le vampire n'est pas qu'une invention roumaine ou européenne de l'est, il s'avère qu'il est quasiment universel et ça depuis fort fort longtemps. On le retrouve en suceur de sang, d'âme ou d'énergie sur presque tous les continents. 

Forcément, j'ai aimé lire tout ce qui concerne le vampire "médiatique", voire comment, au fils des ans, les auteurs ont pu le faire évoluer. Nous passons tout de même du monstre sanglant à une sorte de séducteur (on pensera à Twilight et à quelques vampires de la Bit-Lit) pour le faire revenir à son aspect monstrueux de temps en temps. On le voit aussi par le prisme du lieux, le vampire dans les mangas japonais semblant par exemple très proche d'un Dracula et plus encore du Vatican (du coup, je me demandais s'il n'existait pas quelque part des essais ou article sur la vision japonaise des mythes occidentaux). C'est une créature qui évolue avec le temps, qui n'est jamais totalement figé et c'est surement pour cela qu'il est le personnage favoris du fantastique depuis tellement d'années (et de siècles).

Mais je dois avouer que la partie que j'ai préféré, c'est celle qui replace le vampire dans notre réalité. On n'en parle pas forcément assez, et souvent, l'image du gothique qui s'affuble de canines longues et dort dans un cercueil vient à l'esprit des gens quand on le fait. Cette image, sans être totalement erronée, n'est pas celle qui nous intéresse ainsi. Elisabeth Campos, qui coécrit le livre, est spécialiste en criminologie, plus particulièrement en secte et crime pathologique. C'est donc naturellement qu'elle et Richard Nolane vont parler des tueurs en série s'appuyant sur les mythes vampirique. C'est la partie la plus sombre de l'essai de part les crimes qu'elle traite mais aussi l'une des plus documentées pour moi (on y retrouve plusieurs exemples dont le connu Vampire de Dusseldorf). Mais elle ne parle pas que de meurtrier. On y retrouve aussi par exemple toute l'enquête au sujet du vampire de Highgate qui se déroula au début des années 70 (une histoire à rebondissements multiples et parfois grand guignolesque à découvrir) ainsi que quelques histoire de vampiroïdes (des personnes qui se pensent vampire, agissent comme telle mais ne font de mal à personne). Comme je le disais, cette partie touchant plus notre réalité est fort intéressante à lire et permet de comprendre un peu mieux le mythe du vampire lui-même.

Au final, même si je déplore le manque d'illustration de cette version poche de l'ouvrage, j'ai été vraiment ravi de le sortir de ma PAL. Comme les deux autres essais de la collection déjà lu, il est passionnant, bien écrit et aborde son sujet selon plusieurs angles, ce qui n'est vraiment pas pour me déplaire. J'ai découvert deux trois choses que je ne connaissais pas et est allongée ma liste de livres, films et série à voir. 

Pour aller un peu plus loin, avec l'ouverture de l'expo à la cinémathèque "Vampires, de Dracula à Buffy", la BNF en profite pour parler de la créature et ressortir des vieux documents. Ca se passe sur le site de la BNF et c'est plutôt sympa à découvrir

lundi 28 octobre 2019

Pétales de Rose et rameau d'Olivier, Susi-Petruchka

J'ai, pour l'instant, toujours assez bien choisi mes lectures sur Wattpad. Celle-ci ne déroge pas à la règle. Mêlant romance, humour et fantastique, Pétales de Rose et rameau d'Olivier est une bien sympathique découverte.

Pétales de Rose et rameau d'Olivier, Susi-Petruchka

Editeur : Susi-Petruchka
Collection /
Année de parution : 
Format : Wattpad

A lire si 
- Vous voulez de la romance
- Vous aimez l'humour 
- Vous voulez des licornes et des bulldozers

A ne pas lire si : 
- Vous voulez une romance toute mignonne

Présentation de l'éditeur : 

« Jamais Rose Phorbe-Nascorie n'avait connu situation plus insolite que celle dans laquelle elle se retrouva piégée en ce soir de juillet : à califourchon sur un muret, quelques deux mètres au-dessus du sol. En robe de bal, évidemment. La situation aurait perdu de son mordant, sans la robe de bal. »
Lorsqu'elle rencontre plus ou moins par accident le bel Olivier, Rose tombe immédiatement sous le charme. N'incarne-t-il pas tout ce qu'une damoiselle à l'esprit romanesque puisse souhaiter ? Malheureusement pour elle, les obstacles sont nombreux sur la route qui mène à l'amour : alligators, bulldozers, petites sœurs, fin du monde, vernis à ongle qui s'écaille, et la liste est encore longue...

Mon avis

J'ai choisi ce livre-là totalement au hasard. Sa quatrième m'a fait rire en la voyant et je me suis dit pourquoi pas. J'avais envie d'une lecture sans prise de tête (je lis les textes sur Wattpad le matin, en buvant mon café juste avant d'aller travailler). Je suis tombée sur la bonne, je crois. 

Rose vit sur une île paradisiaque. Du moins jusqu'à ce que Donatien de Tantale décide d'y construire une mine à ciel ouvert afin de soit-disant assuré l'indépendance de l'endroit. Un projet qui ne plait pas beaucoup à Edelweiss, la demi-sœur de Rose. C'est en essayant de l'empêcher de faire un mauvais coup que Rose se retrouve embarquée dans une histoire qui la dépasse complètement. C'est aussi le moment que choisi l'amour pour frapper à sa porte. Rose va devoir tenter de concilier histoire d'amour naissante et fin du monde. Heureusement (ou pas, c'est suivant le point de vue), pour la seconde, elle va pouvoir compter sur sa sœur, sa cousine Chardon et Valerian.

Pétales de Rose et rameau d'Olivier se présente à la base comme une romance dans la pure tradition du conte de fée disney. Une jeune femme rencontre celui qui semble être l'homme de sa vie durant un bal. Tout devrait d'ailleurs se passait comme un disney, quelques péripéties sur fond d'écologisme et puis un grand et beau final où les gentils gagnent. Sauf que... Sauf que Susi-Petruchka a un humour bien à elle et que la romance, c'est finalement pas vraiment totalement son truc. 

La première chose qui m'a donc marqué dans ma lecture, c'est l'humour de son autrice. Un humour auquel j'adhère complètement, entre l'absurde et le second degrés (voire même troisième ou quatrième parfois). Je suis généralement peu sensible à ça, du coup, que je rigole en lisant est très rare. Or, c'est arrivé, et rien que pour ça, j'ai adoré le roman. Le style de l'autrice a quelque chose d'assez addictif qui fait que j'ai enchaîné les chapitres. Il faut dire qu'outre l'humour dévastateur du roman, on a aussi une histoire aux multiples rebondissements souvent assez improbables d'ailleurs. On va alors côtoyer des alligators, des licornes, des indiens et j'en passe. Autant dire que pour Rose, la vie n'est pas de tout repos et qu'elle va bien avoir du mal dans tout ça à vivre pleinement ce qu'elle ressent pour Olivier. Si l'histoire d'amour entre les deux jeunes gens est le point de départ du roman et qu'elle reste bien présente tout le long, ce n'est finalement pas elle qui marquera le plus (du moins pour moi).

La seconde chose que j'ai adoré, ce sont les personnages. Mais pas les principaux. J'ai aimé Rose et Olivier, je ne dis pas le contraire, juste qu'ils sont un peu lisses quand même par rapport aux autres. Bon il faut dire que face à une Edelweiss maniant la mauvaise foi comme personne et ayant des idées bien particulières sur la manière de stopper Donatien de Tantale, Rose parait presque insipide. Mais Edel n'est pas le seul personnage que j'ai aimé. Le duo Chardon/Valerian est délicieux aussi à suivre, et une fois de plus, relègue un peu le duo Rose/Olivier en arrière plan. Et je n'arrive pas à me dire que c'est dommage. Parce que les personnages secondaires sont tellement présents et vivants qu'on s'éclate à les suivre, parce que sans eux, l'histoire aurait été bien plate. 

Au final, j'ai pris grand plaisir à lire cette romance qui n'en est pas tout à fait une. Elle est parfois un peu trop prévisible mais on lui passera ce petit défaut. C'est une histoire qui se lit facilement et qui met de bonne humour. J'ai beaucoup aimé la plume de son autrice et je pense que me pencherais sur ses autres écrits wattpadiens (dont Le cadavre sexy du monsieur tout nu sur la peau d'ours de la bibliothèque)(ça c'est du titre NaNowrimesque ou je ne m'y connais pas)




mercredi 23 octobre 2019

Sur les ruines du passé, Eden, tome 3, Blandine P. Martin

J'ai fini hier soir la trilogie Eden de Blandine P. Martin. J'ai profité d'un léger problème au travail (inondation et coupure courant et réseau, quand tu bosses dans l'informatique, c'est pas le top) pour ça. Et puis, la pluie, le gros plaid et un livre, c'est quand même ce qui se fait de mieux en cette période (parce que du coup, ça y est, le sud est enfin en automne).

Sur les ruines du passé, Eden, tome 3, Blandine P. Martin

Editeur : Milady
Collection : Emma 
Année de parution : 2018
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez les romans dans le style des Divergentes
- Vous voulez de la romance

A ne pas lire si : 
- Vous ne voulez pas du tout de romance

Présentation de l'éditeur : 

L’heure du retour sur Terre a-t-elle sonné ?
Le GUN est tombé. Les habitants de Gemma organisent l’élection d’un gouvernement démocratique. Mais avant de se tourner vers l’avenir, il faut tirer un trait sur le passé et, pour cela, revenir sur Terre, où le GUN a abandonné tant de gens avant le grand départ.
Drago y est envoyé pour organiser le sauvetage des réfugiés. Mais l’atterrissage se passe mal et sur Gemma on est bientôt sans nouvelles de lui et de son équipe. Aussitôt, un nouveau convoi s’organise, et cette fois Eden est de la partie. Bien décidée à secourir l’amour de sa vie, la jeune femme devra encore faire ses preuves, sur un monde en ruines dont certains survivants ont perdu jusqu’à leur humanité.
La mission de sauvetage sur cette terre dévastée risque bien de tourner au traquenard…

Mon avis

Le tome deux s'arrêtait alors que le nouveau gouvernement de Gemma découvrait que la Terre était encore habitée malgré les guerres qui la ravageait des années plus tôt. Nous commençons par un chapitre pour le moins angoissant, alors que l'un des vaisseaux de Gemma tente, tant bien que mal (surtout mal en fait) de se poser sur la planète mère. Après ce chapitre, nous revenons six mois plus tôt pour suivre la préparation de tout cela mais pas que.

La première partie du roman fait la part belle à la dystopie. Il faut dire qu'il a beaucoup à faire sur Gemma avec l'instauration de la nouvelle république. Emeric tente d'être un bon président mais surtout de mettre en place la paix que lui et les anciens rebelles souhaitent par dessus tout pour la planète. Pour cela, il faut déjà rattraper les anciens du GUN qui ont réussi à s'échapper, mettre en place les lois de la nouvelle république et j'en passe. Dans tout ça, Eden a un peu de mal à trouver sa place. En tant qu'ex Alpha, Rudy et elle partent chasser les anciens du GUN. Elle doit aussi faire face au départ de Drago pour la Terre à bord du Grand Phénix. C'est une partie plutôt sympa à lire et qui m'a bien fait penser au premier tome. Si la romance est bien là, elle se fait tout de même assez discrète pour se concentrer un peu plus au changement qui se déroule sur la planète. La donne change un peu lorsqu'on arrive à nouveau à la partie atterrissage du Grand Phénix.  Eden, Rudy et Henri embarque sur le second vaisseau disponible pour retrouver les naufragés sur Terre. Là-bas, la situation est bien pire que ce qu'ils ne le pensaient. La mission sauvetage va se transformer en contre la montre pour sauver le plus de personnes possibles. La Terre connue des habitants de Gemma n'est plus mais il reste tout de même un peu d'espoir. 

Même si la partie dystopie refait son grand retour, on oublie pas la romance entre Eden et Drago. Je l'ai tout de même trouvé bien moins présente que dans le tome 2, les deux tourtereaux arrêtant de se tourner autour. Et c'est tant mieux pour moi. J'apprécie voir comment leur relation évolue, surtout qu'elle ne tombe pas dans la mièvrerie sans nom. Faut dire qu'Eden est toujours assez instable. Son évolution, la manière dont elle apprend petit à petit à faire confiance aux autres est plutôt bien rendu. C'est un personnage que j'aurais finalement pas mal apprécié depuis le début, que se soit lorsqu'elle était la machine à tuer du GUN ou maintenant qu'elle a complètement embrassé la cause de Drago et Emeric. Elle a avoir évolué d'ailleurs. Forcément, Drago aussi et je dois dire que j'apprécie beaucoup en savoir enfin un peu plus sur lui. Il reste le ténébreux norvégien du premier tome mais gagne enfin en profondeur grâce à Eden. Malheureusement, ils sont peut-être les seuls à avoir ce genre de traitement. Bien que présents tout le long de ce troisième tome, Rudy et Henri semblent passer en arrière plan. Il en va de même pour Emeric ou Samuel qui restent sur Gemma. C'est un défaut que j'avais déjà relevé dans le tome deux. Il se confirme. Après, je sais que quand j'apprécie des personnages, j'aime bien les voir un peu plus, et comme c'est le cas de Samuel par exemple, ça m'ennuie un peu.

Par contre, j'ai grandement apprécié le retour sur Terre et ce qu'il s'y passe. L'histoire de ce troisième tome se tient quand même beaucoup plus que celle du second pour moi. Je pense que le fait que la romance étant établie pour de bon, ça aide un peu à revenir à ce qu'il se passe autour. Revenir à un récit moins romance et plus dystopique est agréable. Et finalement, je crois que ça fait partie de la force de cette trilogie, réussir à ne pas oublier que ce n'est pas juste une histoire d'amour entre deux personnages et que le discours derrière n'est pas oublié. L'idéal d'Emeric et des rebelles n'est pas juste là pour faire joli.

Au final, j'ai pas mal apprécié ce dernier tome et la série au complet. Le mélange dystopie/romance fonctionne bien, la seconde ne prenant pas trop le pas sur le premier, ce qui personnellement me va parfaitement. C'est donc une découverte fort sympathique de mon côté.


mardi 22 octobre 2019

La fameuse invasion de la Sicile par les ours, Dino Buzzati

Parfois, j'ai des envies de lecture subite. Ça donne un SMS à mon frère le dimanche soir, récupèration du livre le lundi midi et lecture le soir. La bibliothèque du frangin est bien moins remplie que la mienne mais je sais pouvoir y trouver les livres qui ont marqué mon enfance. La Fameuse invasion de la Sicile par les ours en fait partie et c'est avec un plaisir non dissimulé que j'ai relu pour la énième fois ce petit roman.

La fameuse invasion de la Sicile par les ours, Dino Buzzati

Editeur : Folio
Colleciton : Junior
Année de parution : 1996
Titre en VO : La Famosa invasione degli orsi in Sicilia
Année de parution en VO : 1945
Nombre de pages : 115

A lire si :
- Vous aimez les contes
- Vous aimez les ours

A ne pas lire si :

Présentation de l'éditeur :

Tout commence le jour où Tonin, le fils du roi des ours, est enlevé par des chasseurs dons les montagnes de Sicile... Profitant de l'hiver qui menace son peuple de famine, le roi décide d'envahir la plaine où habitent les hommes. Avec l'aide de son armée et d'un magicien, il réussit a vaincre et à retrouver Tonin. Mais il comprend vite que le peuple des ours n'est pas fait pour vivre au pans des hommes...

Mon avis

Il est toujours un peu compliqué de donner un avis sur un livre que l'on a chéri pendant des années et qu'on redécouvre avec le même entrain qu'à dix ans. Forcément, les souvenirs s'en mêlent et c'est tout autant la nostalgie qui parle que la redécouverte du livre. J'ai souvent lu et relu la fameuse invasion enfant. Le livre appartenait à mon frère (qui ne le trouve plus mais sa femme l'avait aussi, du coup, c'est le sien que j'ai lu)(et sur lequel j'ai râlé, elle a mit des bulles à quasi toutes les illustrations...) et a posé beaucoup de temps dans ma propre bibliothèque. Je l'ai usé jusqu'à la trame, lisant et relisant certain passage plus que d'autre. C'est en découvrant qu'un dessin animé avait été crée récemment que j'ai eu envie de relire le bouquin. Je remercierais donc mon frangin et sa femme pour m'avoir refilé le livre.

La Fameuse invasion de la Sicile par les ours raconte donc, vous n'allez pas le croire, l'invasion de la sicile par les ours mais pas que. La première partie du roman se concentre bien sur la dite invasion. Suite à l'enlèvement du fils du roi Léonce et à un hiver des plus rigoureux, les ours partent envahir la capitale des hommes. Des montagnes jusqu'à la ville, nous allons les suivre, bataillant contre les armées du Grand Duc et déjouant les pièges que leur tend le Professeur de Ambrosiis (qui finira par devenir leur grand ami). La seconde partie du livre se passe plusieurs années plus tard (13 pour être exacte). Léonce gouverne la Sicile et ses ours se sont mêlés à la population humaine sans trop de difficulté. Or, le calme n'est qu'apparemment et certains ours ont fini par succomber aux vices...

Il y a plusieurs choses que j'adore vraiment dans ce petit roman. La première, c'est l'alternance texte "normal"/poème. Buzzati fait ça de manière tellement fluide (et le traducteur a vraiment été très bon aussi) qu'on passe de l'un à l'autre sans même s'en rendre compte. Pour moi, la FIDLSPLO est un énorme poème mélange vers et prose. La seconde, ce sont les illustrations qui parsèment le récit et en font intégralement partie. J'ai passé des heures enfant à les observer toutes, lisant une histoire pas tout à fait pareille à ceux que les mots racontés (on découvre quelques différences entre les deux). Du coup, on comprend un peu mieux pourquoi j'ai râlé que ma belle-sœur ait gribouillé dessus.

Et puis, bien sûr, il y a l'histoire. Leur de mes premières lectures, j'adorais pouvoir me confronter à des peurs enfantines comme le croquemitaine ou les fantômes avec les ours. J'apprécie moins par contre la seconde partie, trouvant aux péripéties de la première plus de charme. J'avoue continuer à aimer cette première partie, que je trouve plus amusante à lire de par l'étrange naïveté des ours. Je comprends aussi beaucoup mieux la seconde et ce qui se cache derrière. J'ai grandi, ma vision du monde avec moi et ma compréhension de cette partie avec. Forcément, mon niveau de lecture n'est plus le même et c'est tant mieux, je dirais, puisque j'ai apprécié ma lecture d'une manière différente. 

Comme tout conte qui se respecte, La FIDLSPLO a plusieurs niveaux de lecture. Il y a l'enfantine, qui parle bravoure et courage, qui montre que le bien triomphe du mal, et puis il y a le niveau plus adulte que je n'avais pas tout à fait vu jusque là. Oh, je n'étais jamais passé bien loin mais forcément à trente ans passés, je ne lis plus le livre comme à dix. La satire est plus évidente à présent, forcément, surtout dans la seconde partie, celle que j'appréciais le moins à l'époque. 

Au final, j'aime toujours autant ce roman, mélange de théâtre, de conte et de poésie. J'aime qu'il soit si étrange dans sa forme. J'aime son histoire, simple de prime abord mais qui ne l'est pas tant que ça. J'avais peur que ma nouvelle lecture ne me le ternisse un peu, ce n'est pas du tout le cas. Il est sûr que je le relirais encore, en appréciant encore et toujours l'humour qui s'en dégage et le message qu'il fait passer.


lundi 21 octobre 2019

Le Vent d'ailleurs, Terremer Intégrale, Ursula K. Le Guin

J'arrive doucement à la fin de mon intégrale de Terremer (et autant je déprimais de ne pas me voir avancer dedans alors que j'en étais au troisième roman, autant là, je déprime de savoir que je vais quitter l'univers). J'ai fini le dernier roman. Il ne me manque que quatre nouvelles à lire avant de refermer mon gros pavé vert pour un temps.

Le Vent d'ailleurs, Terremer Intégrale, Ursula K. Le Guin

Editeur : Le livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2018
titre en VO : Earthsea
Année de parution en VO : 2001 pour le Vent d'ailleurs
Nombre de pages : 1800

A lire si
- Vous aimez la fantasy avec magie et dragon
- Vous ne voulez pas de violence

A ne pas lire si
- Vous vous attendez à quelque chose d'ultra violent
- Vous n'aimez pas les récits initiatiques

Présentation de l'éditeur :

Terremer est un lieu magique et ensorcelé. Une mer immense recouverte d’un chapelet d’îles où les sorciers pratiquent la magie selon des règles très strictes. On y suit les aventures de Ged, un éleveur de chèvres qui, au terme d’une longue initiation, deviendra l’Archimage le plus puissant de Terremer, mais aussi celles de Tenar, haute prêtresse du temple des Innommables de l’île d'Atuan, de Tehanu, la fille-dragon, et de Aulne le sorcier qui refait chaque nuit le même rêve terrifiant. Autour de la grande histoire gravitent des contes qui enrichissent et explorent ce monde où enchanteurs et dragons se côtoient.

Mon avis

Le Vent d'ailleurs est le dernier tome de Terremer. C'est avec une petite émotion que je l'ai lu, sachant à quel point j'ai aimé l'univers. Heureusement pour moi, l'intégrale comporte trois nouvelles de plus et quelques bonus. D'ailleurs, l'un de ceux-ci sera aussi présenté ici, à savoir la toute petite description de Terremer. Mais avant ça, parlons du roman.

Le sorcier Aulne débarque un jour sur Gont. Il se présente à Ged et lui raconte son étrange histoire. Toutes les nuits, il va jusqu'au mur qui délimite la Contrée Aride. Toutes les nuits, les morts l'appellent. Pourquoi ? Il ne sait pas. Mais Ged ne peut pas lui donner de réponse. Alors, il l'envoie à Havnor, où se trouve Tenar et Tehanu ainsi que Lebannen. Là, peut-être aurait-il ses réponses. Mais en Havnor, d'autres problèmes se posent. Déjà, Lebannen doit compenser avec la fille du Roi Kargue, ensuite, les dragons viennent de plus en plus vers l'ouest, causant pas mal de trouble. Et si l'étrange comportement des dragons et les rêves d'Aulne étaient en fait lié ? Si Terremer était en train de changer ?

Avec Tehanu, on l'avait senti venir, le changement. Un peu plus encore en lisant la nouvelle Libellule. La magie de Terremer changeait. Les morts revenaient de la Contrée Aride, les dragons vivaient parmi les hommes, en prenant même l'apparence. La magie n'est plus stable, et ça, les mages de Roke l'ont bien compris. Pourtant, ils ne font pas grand chose, encore perturbé par ce qu'il s'est passé durant Libellule (et c'est là qu'on comprend pourquoi les contes de Terremer sont réellement un quatrième tome et pas juste un recueil tout simple). C'est donc du côté de Tehanu, du roi et d'un simple Raccommodeur que l'on va se tourner.

Une nouvelle fois, le roman semble prendre son temps sans toutefois le faire. J'apprécie vraiment ces chapitres calmes, où l'on regarde la vie passée simplement. Les premiers chapitres, où l'on découvre Aulne à Gont sont particulièrement reposant. Et pourtant, il se passe peut-être autant de chose que dans le reste du roman. C'est dès ces chapitres que l'on se rend compte que quelque chose change en Terremer. Un changement qui se confirme à l'arrivée en Havnor. C'est d'abord juste une impression, qui se confirmera petit à petit, au grès des discutions entre personnages. Des personnages assez divers, d'ailleurs. Si on en connait déjà certains, comme Lebannen, Tenar et Tehanu, on en découvre d'autres, comme Aulne ou la princesse Kargue. En fait, pour ce dernier roman, l'autrice a décidé de rassembler tous les peuples de Terremer. Le choc des cultures a bien lieu, mais de manière douce, comme a pu l'être tout Terremer. Oui, il y a des incompréhension, la plus grosse étant entre Lebannen et la princesse, mais rien d'insurmontable lorsqu'on reçoit les bons conseils (Tenar se fait "mère" pour les deux, et, comme toujours, elle est formidable de par sa tolérance et sa bienveillance). Le changement se fait aussi par les personnages. Les Kargues vont se rapprocher des Hardiques, les mages vont prendre conseils auprès des dragons, des sorciers et des Pelniens. Cette entende a quelque chose de merveilleux (on pourrait pas avoir un truc vaguement ressemblant en ce moment ?). 

Comme je le disais, le roman prend son temps, une fois encore. Et une fois encore, on ne le voit pas passer. Il est prenant, ce Vent d'Ailleurs. Il est dense aussi, peut-être plus que les précédents. Il faut dire qu'il aborde un thème qui peut-être vu de bien des manières, à savoir la vie et la mort. Forcément, il est toujours question d'un certain équilibre, comme toujours dans les romans de Terremer. Après tout, l'équilibre est un des piliers de l'archipel. Or, depuis l'Ultime Rivage, on sait qu'il est en danger. Là où l'autrice fait fort, c'est d'inverser la donne. Alors que dans l'Ultime Rivage, on est sur un sorcier cherchant l'immortalité, ici, on va découvrir qu'en fait, Cygne, et les hardiques, l'avaient déjà, la dite immortalité (c'est un peu alambiqué, mais en lisant le Vent d'ailleurs, on comprend bien mieux). C'est en mettant en parallèle légendes et contes que l'on va comprendre ce qu'il se passe, pourquoi Aulne rêve des morts et du mur, pourquoi les dragons envahissent l'ouest et ce qu'il faut faire pour que cela cesse. C'est du passé que vienne les réponses, et j'aime particulièrement cette vision-là. Terremer et les personnages qui l'occupent, ont toujours eu un œil sur le passé pour mieux comprendre ce qui leur arrive. Je trouve que ça va aussi parfaitement avec cette idée de réincarnation qu'on retrouve souvent dans les autres romans (et surtout lorsque Tenar est présente dans les dits romans)

Le Vent d'ailleurs marque une fin. C'est marrant, je n'ai pas envie de dire la fin (alors qu'avec le décès de son autrice, Terremer n'aura jamais de suite). C'est la fin du monde tel qu'il était connu durant les précédents romans. On la sentait venir, cette fin, entre un Ged ayant perdu ses pouvoirs, une Irien ou une Tehanu parcourant le monde sous forme humaine et surtout un nouveau roi sur le trône d'Havnor. Le Vent d'ailleurs est une belle fin. 


Description de Terremer
Comme je le disais, l'intégrale ne finit pas avec le Vent d'Ailleurs. Si je compte chroniquer les trois nouvelles supplémentaires prochainement, j'ai lu la petite description de Terremer à la suite du Vent d'ailleurs. Ces quelques pages sont là pour remettre un peu tout en place, que se soit l'Histoire de Terremer, ses peuples ou encore son système de magie.

Je dois bien dire qu'on apprend finalement peu de chose dans cette description. Tout ce qui est dit dedans a déjà été dit, si ce n'est une petite partie sur le premier archimage (qui devait beaucoup en vouloir aux femmes vu qu'il les dégage complètement de l'école de Roke et en fait de viles sorcières). Pour moi, cette description de Terremer n'est finalement pas si interessante que ça (comme souvent avec certains bonus dans ce genre)(heureusement que c'est pas un lexique comme on peut en trouver souvent). Ça reste du bonus fort sympathique.