jeudi 20 juillet 2017

Scumland, Absinthe Pandemos

Vous allez finir par croire que je suis payée par Walrus pour faire des avis sur leurs livres. Et bien pas du tout, juste que quand on aime, on ne compte pas, surtout avec une OPMORSE qui m'a permis de me plonger dans les pulps qui m’intéressaient depuis un moment. Bref, depuis que j'ai découvert la maison d'édition numérique (en 2013), je n'ai jamais été déçue par mes lectures. Eux et moi, on se comprend parfaitement. Et ce n'est pas ce Scumland qui va me faire changer d'avis !

Scumland, Absinthe Pandemos

Editeur : Walrus
Collection : Pulp
Année de parution : 2015
Format : epub

A lire si :
- Vous voulez du saignant
- Vous voulez de la misandrie

A ne pas lire si :
- Vous êtes un gros macho qui ne comprend pas toujours le second degrés et qui se prend la tête pour un rien
- Vous voulez une petite histoire mêmère

Présentation de l'éditeur :

La nature est hostile en dehors des cités, mais la société se porte mieux depuis la révolution misandre : désormais, devenir un esclave castré est ce qui peut arriver de mieux à un « chamallo » (Cisgenre Hetero Male Low Life). Traqués dans les jungles qui bordent les villes, les mâles sont ramenés à leur condition de matière première et servent de cobayes à des expériences souvent sanglantes et rarement pratiquées sous anesthésie. Ainsi exploités, ils contribuent à la survie de l’espèce… et grâce à la technomagie, on n’en perd plus une goutte !
Flora et Maddy sont deux traqueuses bien décidées à aider le SCUM — l’élite des tueuses professionnelles — à mettre la main sur un chamallo errant repéré aux abords de la cité. Armées de leurs machettes et d’une bonne dose de rage, elles enfourchent leurs motos et partent en chasse dans les ruines du vieux monde.

Mon avis

Au fur et à mesure de mes lectures, je me rends compte que je porte un intérêt grandissant pour les thèmes féministes et pour les personnages féminins qui ne sont pas de potentielles "princesse à sauver par un chevalier blanc alors qu'elles auraient pu être bien plus badass que ça".  Alors lorsque je vois un livre comme Scumland, autant le dire, je me jette dessus. Rien que la quatrième de couverture me donnait l'eau à la bouche et cela s'en parler de cette magnifique couverture (comme toutes celles de la collection pulp d'ailleurs). Je le savais Scumland et moi, on était fait pour bien s'entendre. Mon côté féministe parle beaucoup et comme je l'écoute beaucoup, je n'allais pas faire une impasse sur le roman.

Scumland nous plonge dans un monde misandre. Pour les personnes dans le fond qui ne savent pas voici une définition de misandre : Qui éprouve du mépris, voire de la haine, pour le sexe masculin ; qui témoigne de ce mépris (merci Larousse). La société créée après une apocalypse (laquelle, on ne sait pas) est une société féministe et féminine qui se base pas mal sur le SCUM Manifesto de Valérie Solanas (oui, j'ai fait des recherches et on peut le trouver ). Alors du coup, vu le dit manifeste, le roman allait être bien violent, surtout pour les hommes. Et je n'avais pas tord du tout.

Parce que de la violence, il y a en et pas qu'un peu. Rien que les premières pages risquent de faire mal à ces messieurs et réjouir toutes les femmes qui ont pu ou se sentent encore opprimées. Vient ensuite une partie plus calme, où l'on découvre le traitement réservé aux chamallos (aux hommes (enfin aux cisgenre male quoi)) grâce à la technomagie mais aussi le fonctionnement de la société misandre. Une société qui a banni tous ce qui pouvait être masculin (le travail, l'argent par exemple) et qui surtout oppressé les femmes à notre époque. Alors, ça risque pour certain d'avoir l'air totalement surréaliste, malheureusement, ce n'est pas tant le cas que ça. Disons que la plupart des femmes vont parfaitement comprendre le discours de cette société et qu'un certain nombre d'autres personnes vont crier à la misandrie et se plaindre. Bref, les bons machos vont nous lâcher de belles male tears.  Après la dite partie calme, on passe à la chasse aux chamallos et au retour de la violence. Et là aussi, nous allons avoir des male tears. 

Mais la violence n'est pas le point central du roman, juste ce qui le place finalement dans la collection pulp de Walrus. On y trouve plein de chose qui font réfléchir la bébé féministe que je suis. Et c'est là que personnellement j'ai trouvé tout l'interet du bouquin. Oui, le féminisme sur lequel il s’appuie est clairement anti-hommes, mais il me semble que l'auteure joue justement sur cela pour ouvrir un peu les consciences. Du coup, on se divertit beaucoup et en plus de ça, on réfléchit aussi. 

Au final, je l'ai bien aimé ce Scumland. Les personnages sont pas forcément ultra développés mais elles sont plaisantes à suivre, l'univers m'a fait bien plaisir et ça se lit facilement (à condition par contre de connaitre deux trois trucs sur le genre, le féminisme mais franchement, suffit de traîner un peu sur twitter ou pas loin de féministes pour les comprendre et sinon y a google au pire). Un livre bien sympathique et qui donne à la femme un rôle à sa hauteur (celle de personne qui n'a pas besoin d'un mec pour déboîter grave)(je raconte pas comme ça fait du bien ce genre de personnage hein). Bref, c'est du pulp, c'est du Walrus, c'est du bon. Et je m'en vais voir si je peux pas trouver d'autres livres (roman ou nouvelles) d'Absinthe Pandemos de ce pas.

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