jeudi 27 novembre 2014

L'Héritière, Le Testament, tome 1, Jeanne-A Debats

Alors que je cherchais un livre à me prendre chez Actu SF, un nom m'a littéralement sauté aux yeux. En fait, deux noms, celui de l'auteure et surtout celui de Navarre. Il n'en fallait pas plus pour que cet epub rejoigne ma PAL numérique.

L'Héritière, Le Testament, tome 1, Jeanne-A Debats

Editeur : Actu SF
Collection : Les Trois souhaits
Année de parution : 2014
Format : epub

A lire si :
- Vous voulez de l'urban fantasy à la française
- Vous voulez une héroine attachante

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas Navarre (mais est-ce vraiment possible ?)
- Vous voulez de la bit-lit pure et dure, à l'américaine.
- Vous ne voulez que du Navarre

Présentation de l'éditeur : 

Je m'appelle Agnès Cleyre et je suis orpheline. De ma mère sorcière, j'ai hérité du don de voir les fantômes. Plutôt une malédiction qui m'a obligé à vivre recluse, à l'abri de la violence des sentiments des morts. Mais depuis le jour où mon oncle notaire m'a prise sous son aile, ma vie a changé. Contrairement aux apparences, le quotidien de l'étude qu'il dirige n'est pas de tout repos : vampires, loups-garous, sirènes... A croire que tout l'AlterMonde a une  succession à gérer ! Moi qui voulais de l'action, je ne suis pas déçue... Et le beau Navarre n'y est peut-être pas étranger.

Mon avis :

Je crois l'avoir déjà dit, je suis fan de Navarre, le vampire de Jeanne-A Debats, depuis Métaphysique du vampire. Alors, forcément, quand j'ai l’occasion de le retrouver, je ne suis que joie, comme ce fut le cas dans Lancelot (anthologie chez actu SF) ou encore dans le troisième Mythologica. Alors, oui, je crois que je n'ai vu que son nom dans la quatrième de couverture. Bon, j'exagère un peu. Même s'il n'y avait pas été, j'aurais pris l'Héritière parce que j'aime beaucoup l'écriture de l'auteure. Mais ça à tout de même jouer un grand rôle dans ma décision.

Si ce cher Navarre prend beaucoup de place dans le roman, il n'est pourtant pas le protagoniste principal et je peux dire que ça fait un peu bizarre au début de le voir par les yeux d'une autre. Mais Agnès, notre héroïne, n'a rien à lui envier en tant que personnage principal et narrateur. Si elle a un peu moins le sens de la repartie que notre vampire chéri et qu'elle comprend un peu moins ce qu'ils se passent dans l'Altermonde, puisqu'elle ne l'a jusque là pas fréquenté, elle est pourtant particulièrement attachante et très humaine en fait. C'est une héroïne comme je les apprécie, drôle, intelligente, mais avec des faiblesses. Elle n'est pas parfaite et c'est ce que j'aime chez elle.

Forcément, l'Héritière est un tome d'introduction puisque premier d'une série qui j'espère sera un peu longue (il semblerait qu'il y aurait deux autres tomes). Il nous offre donc une première vision du monde d'Agnès et nous permet d'en apprendre rapidement plus dessus, sans toutefois tout  nous dire. L'avantage avec Agnès, c'est que nous sommes comme elle, pratiquement vierge du savoir sur l'Altermonde, nous découvrons cela avec elle, sans nous perdre. Le roman est aussi pourvu d'une première intrigue qui  n'est pas là juste pour le plaisir et qui ne sera pas sans conséquence sur la suite (et ça, dans une série bit-lit, c'est tout de même rare, je trouve). D'ailleurs, ça part vraiment fort par ici puisqu'il va falloir trouver l'héritier ou héritière d'Herfauges (et pour ceux qui connaissent un peu l'univers de Navarre, on sait fort bien que les deux ont une relation assez particulièrement), fils de Dame Bathilde, chef du Cénacle vampire parisien, condamné à mort pour avoir une fois de plus dépassé les bornes.

L'auteure a décidé de placer son histoire dans Paris, de nos jours. Le choix de la ville lumière semble étrange tant nous sommes habitués à découvrir Londres en Urban Fantasy européenne. Et pourtant, notre capitale offre autant de mystère que celle de l'Angleterre et nous rattache un peu plus à nos racines et surtout à celles de la plupart des créatures du folklore fantastique. Parce que comme nous le rappelle si bien Jean-Luc Rivera dans la postface du livre, les premiers écrits dessus sont français et nous avons beaucoup d'histoires de Bêtes ou de vampires dans notre pays (même si pour les vampires, ce ne sont pas les plus connues). De plus, Paris a une Histoire passionnante qui va se révéler au fort et à mesure de la lecture très liés à celle des créatures qui la peuplent. Du coup, tout l'aspect sociologique et coutumes des créatures semble se calquer sur la ville et sur notre pays. Aspect particulièrement passionnant d'ailleurs et que l'on découvre avec joie en même temps qu'Agnès. Ainsi, nous découvrons que les loups-garous sont plutôt des ouvriers, communiste ou encore franc-maçons et que les vampires sont plutôt des nobles ou des gens aisés évoluant dans les hautes sphères. J'aime beaucoup voir l'Histoire de France revu comme ça à la sauce surnaturelle.

Il faut ajouter à tout ses points l'écriture de Jeanne-A Debats, toujours aussi agréable à lire, mélange d'humour (le passage avec Azraël est tout bonnement énorme par exemple), d'action, de cynisme, de bons, de références (Herfauges lisant Twilight..., j'en ris encore), d'ironie et d'un soupçon de féminisme (un grand merci pour le passage sur le viol, non ce n'est pas la faute de la victime !). Du coup, j'ai tourné les pages sans m'arrêter à pas seulement à cause de Navarre. 

Au final, je n'ai pas vu une seule fois le temps passé en lisant l'Héritière. Voilà de l'urban comme je l'apprécie et qui plus est bien ancré en France. Les personnages, particulièrement Agnès (qui est loin de l'héroïne Urban à l'américaine), sont vraiment attachants, l'intrigue est pleine de rebondissement et mystérieuse et le décors laisse rêveur. Mon seul bémol dans tout ça ? Navarre n'est que personnage secondaire, moi qui l'aime tellement. Mais peut-on vraiment parler de bémol face à une Agnès Cleyre qui peut être aussi mordante que lui ?




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