lundi 13 juin 2016

Le Vieil Homme et la Mer, Ernest Hemingway

Quand on parle classique américain, livre à lire à tout prix, le Vieil Homme et la Mer revient régulièrement. Et moi, ça faisait un petit moment que je voulais découvrir ce roman, dont beaucoup parle en bien, qui changerait même des vies entières. C'est donc avec une certaine appréhension que je me suis lancée.

Le Vieil Homme et la Mer, Ernest Hemingway

Editeur : Folio
Collection : /
Année de parution : 2012 pour cette édition
Titre en VO : The Old Man and the Sea
Année d'édition en VO : 1952
Nombre de pages : 148

A lire si :
- Vous voulez une lecture calme
- Vous aimez les monologues
- Vous voulez un peu de philosophie

A ne pas lire si :
- Vous voulez de la grande aventure
- Vous voulez un rythme effréné

Présentation de l'éditeur : 

Le roman met en scène deux personnages principaux : Santiago, un vieux pêcheur pauvre, et Manolin, jeune garçon tendre. L’histoire se déroule à Cuba, dans un petit port près du Gulf Stream.
Manolin accompagne Santiago à la pêche, mais ils n’ont rien pris depuis 84 jours. Les parents de Manolin qui trouvent que Santiago est « salao » ou « salado », c'est-à-dire malchanceux, décident qu’il embarquera sur un autre bateau, celui-ci ramène en effet trois grosses prises en une semaine!
Chaque soir Manolin voit le vieux revenir bredouille, cela lui cause une grande tristesse, il l’aide à remonter la barque, les lignes et le harpon. La voile, usée et rapiécée, roulée autour du mât, figure le drapeau en berne de la défaite. Le jeune garçon lui trouve de quoi manger et prend soin de lui, il a peur de le voir « partir », il n’est pas question de pitié, mais d’amour et de respect.

Mon avis

J'ai essayé le plus possible de ne lire aucun avis sur ce court roman avant de me faire mon propre avis dessus. J'ai évité les blogs, les critiques, tout ce qui pouvait venir mettre son grain de sel. L'envie de vraiment découvrir un livre ayant déjà plus d'un demi-siècle comme si finalement il n'était sorti que hier. Je m'y suis d'ailleurs tenue, pour une fois. 

L'histoire du roman est celle d'un vieux pêcheur de la Havane, Santiago. Depuis 84 jours, il n'a pas de veine et ne pêche plus rien. A tel point qu'il perd son apprenti, placé ailleurs par ses parents. Au 85ième jour, le vieux sort seul en mer à la recherche du poisson qui lui permettra de retrouver sa chance. C'est ainsi que ferrant un espadon, il va se battre contre lui afin de le ramener au port. 

Commençons par ce qui pourrait fâcher pas mal de lecteur. Putain, c'est long, c'est lent. 148 pages où il ne se passe presque rien. Enfin, non, j'exagère. Des choses, il s'en passe, le problème c'est juste que niveau action, il n'y a pas grand chose. C'est un roman très calme dans les faits et gestes. Même le combat entre l'homme et le poisson est lent. La plume de Hemingway n'est en rien poétique, le roman est écrit dans un langage commun, presque pauvre, ce qui n'arrange pas vraiment l'impression de lenteur sur le coup. C'est marrant, je m'attendais vraiment à un texte recherché. Là, j'ai des phrases fort simples et des dialogues qui le sont tout autant. Et le tout donne finalement une lecture qui peut rapidement en décourager beaucoup surtout vu l'aura autour du texte. En fait, pour l'apprécier, il faut passer outre le manque d'action, les dialogues trop nombreux et parfois intéressants au premier abord et le style.

Le vieil homme et la mer tient finalement plus du conte philosophique et c'est, je pense, ainsi qu'il faut le lire. L'histoire, c'est d'abord l'amitié entre le vieux et le gamin. Une belle amitié, nourrie des deux côtés, une amitié sans arrière pensée, basée sur la confiance et la transmission de savoir, entre deux personnages qui finalement se ressemblent assez. C'est aussi le combat de l'homme contre la fatalité. Le vieux n'a pas de chance, il part pour contrer cette sorte de malédiction. Il prend son destin en main. Ce qu'il entreprend n'est pas forcément au dessus des forces, c'est d'ailleurs son travail quotidien. Juste qu'il veut le faire jusqu'au bout et bien. Alors, oui, il va réussir à attraper son espadon, au prix de pas mal d'effort (il est vieux, l'espadon ne se laisse pas faire, ça va durer presque trois jours et trois nuits...). C'est après que ça se guette pour lui. Mais s'il ne réussit pas à sauver sa prise des requins, ce n'est pas pour autant qu'il n'aura pas battu sa malchance, la fatalité. Le livre, c'est une leçon de courage, celui d'aller jusqu'au bout, même quand on pense avoir perdu. C'est en ça qu'il est bon. 

Au final, le roman m'a plu. J'y ai trouvé des défauts, une lenteur peut-être un peu trop exagérée mais un discours qui tient la route. Ce n'est certes pas le chef d'oeuvre auquel je m'attendais, mais ce n'est pas non plus un mauvais livre, loin de là.

1 commentaire: