jeudi 23 septembre 2021

Legendborn, Tracy Deonn

 J'ai mis un moment pour finir ce roman. C'est souvent le cas avec les romans en VO, je suis d'une lenteur affligeante dessus (sans parler que depuis l'annonce de la sortie en VF du tome 12 de la Roue du temps le mois prochain (le premier des trois tomes jamais traduit jusqu'à maintenant), je privilègie le papier pour essayer d'être à jour dan ma relecture de la série)(je le serais pas mais je compte enchainer les tomes les uns après les autres pour pouvoir le commencer rapidement) . Et puis, je dois bien dire que je voulais faire durer le plaisir. 

Legendborn, Tracy Deonn

Editeur : Editions Margaret K. McElderry Books
Collection : /
Année de parution : 2020
Format : AZW

A lire si : 
-Vous aimez les (grosses) revisites des légendes arthuriennes
- Vous voulez une héroïne noire écrite par une autrice noire
- Vous aimez l'urban fantasy

A ne pas lire si :
- Vous vous attendez à une revisite légère des légendes arthuriennes

Présentation de l'éditeur : 

Filled with mystery and an intriguingly rich magic system, Tracy Deonn's YA contemporary fantasy Legendborn offers the dark allure of City of Bones with a modern-day twist on a classic legend and a lot of Southern Black Girl Magic. After her mother dies in an accident, sixteen-year-old Bree Matthews wants nothing to do with her family memories or childhood home. A residential program for bright high schoolers at UNC-Chapel Hill seems like the perfect escape--until Bree witnesses a magical attack her very first night on campus. A flying demon feeding on human energies. A secret society of so called "Legendborn" students that hunt the creatures down. And a mysterious teenage mage who calls himself a "Merlin" and who attempts--and fails--to wipe Bree's memory of everything she saw. The mage's failure unlocks Bree's own unique magic and a buried memory with a hidden connection: the night her mother died, another Merlin was at the hospital. Now that Bree knows there's more to her mother's death than what's on the police report, she'll do whatever it takes to find out the truth, even if that means infiltrating the Legendborn as one of their initiates. She recruits Nick, a self-exiled Legendborn with his own grudge against the group, and their reluctant partnership pulls them deeper into the society's secrets--and closer to each other. But when the Legendborn reveal themselves as the descendants of King Arthur's knights and explain that a magical war is coming, Bree has to decide how far she'll go for the truth and whether she should use her magic to take the society down--or join the fight.

Mon avis

Je ne vous ferais pas languir, c'est un coup de cœur. J'ai tout aimé, de la revisite des légendes arthuriennes (très très grosse la revisite d'ailleurs, mais on va en parler) aux personnages, en passant par tout l'univers mis en place et les racines de celui-ci. Ca faisait longtemps que je n'avais pas lu un roman qui me passionne autant sur autant de chose. 

Bree Matthews, 16 ans, perd sa mère dans un accident de voiture. Dévastée, elle part avec sa meilleure amie, Alice, continuer ses études à l'université de Caroline dans un programme pour lycéen "doué" (je ne sais pas comment traduire précisément). Mais quelques temps après leur arrivée, alors qu'elles font le mur pour assister à une soirée d'intégration, Bree assiste à l'attaque d'une créature surnaturelle. A la fin de celle-ci, un mystérieux étudiant, Selwyn, va l'enchanter pour lui faire perdre la mémoire. Un enchantement qui échoue. Pire, il semble que cet échec réveille d'autres souvenirs oubliés par la jeune femme, des souvenirs de la mort de sa mère. Voulant savoir la vérité, elle va tout faire pour découvrir ce que les Legendborn, l'organisation dont fait parti Selwyn, a avoir avec l'accident qui a couté la vie de sa mère. C'est ainsi, qu'avec l'aide de Nick, un membre des Legendborn rejetant l'ordre, elle va intégrer le groupe, et découvrir que ses membres sont des descendants d'Arthur Pendagron et de ses chevaliers et qu'une guerre est proche d'éclater...

Commençons par les légendes arthuriennes. Je crois l'avoir déjà dit, je les adore. J'aime aussi beaucoup pas mal de revisite et pour tout dire, si je sais qu'un roman en parle, il y a de forte chance pour qu'il se retrouve dans ma PAL. Sans être incollable (il y a bien trop de versions de la légende), j'en connais quand même assez. L'Ordre de la Table Ronde dont dépendent les Legendborn descend de la toute première Table Ronde. Grace à la magie, les esprits d'Arthur et de ses chevaliers survivent dans leur descendants, allant jusqu'à s'éveiller si la nécessité se fait sentir, aka, si les Shadowborns, des démons, menace le monde. On est pas loin de la fameuse légende disant qu'Arthur reviendra quand le monde sera à l'agonie (je sais plus qui a sorti ça la première fois, mais c'est un truc qui finalement sert pas mal les créateurs voulant mettre Arthur à notre époque). Surtout, outre utilisé les noms de roi et de ses chevaliers, nous retrouvons d'autres référence, dont Camlann, la bataille finale (celle où Arthur est blessé à mort par Mordred). Il y a aussi les Merlin, les magiciens de l'Ordre ou bien la lignée de Morgaine, que l'on devine forcément du côté de l'ennemi. Le tout est plutôt bien employé, et cela, même si on s'éloigne parfois des légendes. Personnellement, c'est quelque chose que j'apprécie, voir comment les gens se les réapproprie tellement Arthur et sa clique sont connus. Et j'ai beaucoup aimé cette interprétation-là.

Il y a ensuite l'univers de Legendborn. On se trouve dans notre monde, à l'université de Caroline du nord. Or, la Caroline est un état du Sud. Sans vous faire un court d'histoire, c'est donc un état ayant appartenu à la Confédération. L'histoire de ces états est vaste mais surtout, ce sont des états esclavagistes. Bien que l'esclavage n'existe plus à notre époque, c'est encore quelques choses de très présent dans les mémoires. Bree, l'héroïne de Legendborn est une jeune femme noire qui va essayer de trouver sa place dans un Ordre très blanc où un certain nombre de famille furent des esclavagistes (oui, les descendants des chevaliers de la table ronde n'étaient pas des anges, ils sont privilégiés, le savent et s'en servent). Le mélange que les légendes arthuriennes donnent avec ce passé est des plus interessants. L'opposition est bien marqué sans en faire trop et surtout, cela permet clairement de mettre en avant l'héritage de Bree, et la magie qui en découle. Car il existe deux magies, le Bloodcraft, permettant aux chevaliers de continuer à vivre dans leur descendants (par le sang donc) mais aussi à ceux-ci d'user de l'aether et le rootcraft, magie ancestrale des descendants des esclaves (je vous conseille de lire l'appendice à la fin du roman pour mieux comprendre c'est qu'est le rootcraft, qui dérivent justement de la recherche des racines des descendants des esclaves). On a en plus ici le gros avantage d'avoir une autrice ownvoice, connaissant ses racines et s'en servant pour son histoire. 

On a aussi les personnages. J'ai adoré Bree. J'ai aimé cette jeune fille qui veut découvrir la vérité sur sa mère et sur elle. Bree est un personnage comme j'aime, plein de défauts, avec pas mal de problème (elle souffre de stress post-traumatique, n'arrive pas à faire son deuil et en souffre énormément) mais qui veut d'une manière ou d'une autre aller de l'avant. Ce n'est pas une super-héroïne mais elle essaie. Elle se plante assez souvent, finit même par blesser pas mal de monde autour d'elle mais continue à essayer. C'est aussi une personne fort têtue et en même temps assez attachante. A côté d'elle, on trouve Nick, le descendant d'Arthur. Je ne dirais pas que je n'aime pas Nick, parce que c'est faux. Mais il est pour moi un poil trop lisse. Tout comme j'ai parfois trouvé Selwyn un poil trop sombre et torturé. Les deux hommes autour de Bree sont l'exact opposés l'un de l'autre (et ça sent le triangle amoureux dans la suite). J'avoue préféré Sel à Nick, mais j'aime les gars un peu sombre et mystérieux dans les romans. Autour d'eux, on trouve une belle panoplie de jeunes gens plutôt sympathiques formant les rangs des Legendborns. Il est dommage que certain reste parfois un peu trop en retrait (et que j'ai tendance à en confondre d'autres). 

Enfin le tout est servi par une intrigue des plus sympathiques, entre enquête, apprentissage et romance. Je me suis largement laissé emporter par le style (la VO est vraiment accessible) et par l'histoire. Pour tout vous dire, je n'ai pas vu arrivé certains rebondissement de loin (le plus gros par exemple ne m'était pas totalement venu à l'esprit, j'imaginais clairement autre chose). Et pus, vraiment, le fait que l'autrice soit, comme son personnage, afro-américaine ajoute beaucoup au roman. La vision que Bree peut avoir du monde, ses réactions, la mise en place de toute la mythologie autour du Rootcraft etc... n'en sont que plus réelles.

Pour finir, ce fut donc un coup de cœur. J'attends avec impatience la suite (en 2022 mais je sais pas quand, et ça s'appelera Bloodmarked) qui promet pas mal elle aussi au vu de la fin de ce premier tome. J'ai vraiment très envie de voir comment Tracy Deonn va continuer à mêler mythe arthurien et mythe afro-américain. 


lundi 20 septembre 2021

Charlie, Stephen King

 J'arrive pile à temps avec mon King estival. Si si, il l'est toujours vu que nous sommes le 20 et que l'automne, c'est officiellement le 21 (et que de toute manière, je l'ai fini hier). Bref, cette année, j'ai donc choisi de lire Charlie, après que mon mari n'ait pas arrêté de me dire de le faire (parce qu'il fait parti de ses préférés)(bon la dernière fois que j'ai lu son préféré, Dreamcatcher, il ne m'avait pas plut du tout). 

Charlie, Stephen King

Editeur : J'ai lu
Collection : Epouvante
Année de parution : 1993 
Titre en VO : Firestarter
Année de parution en VO : 1980
Nombre de pages : 466

A lire si : 

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les longueurs

Présentation de l'éditeur : 

Dès l'enfance, le terrible pouvoir de la petite Charlie s'est révélé : qu'un objet, un animal, un être humain provoque en elle la moindre crainte, la moindre tension... et il se trouve aussitôt livré aux flammes ! Aujourd'hui la douce et jolie Charlie a sept ans et le cauchemar demeure. Certes, elle sait à présent que son pouvoir est un mal qu'elle doit combattre sans relâche pour en être un jour libérée, délivrée. Alors, de toutes ses forces, Charlie lutte, mais la pulsion souvent l'emporte et déferle. Indomptable, criminelle. Et l'enfant cède au désespoir... Comment ses parents pourraient-ils lui avouer l'atroce vérité - cette imprudence fatale qu'ils ont commise avant sa naissance ? A quel destin Charlie est-elle vouée ?

Mon avis

On va pas se mentir, ma première approche de Charlie, ce fut surement le film de 2002. Je ne me souviens pas avoir vu sa première adaptation avec Drew Barrymore mais je peux me tromper (pourtant, il me semble avoir vu un Charlie avant mes seize ans, il est donc possible que j'ai pu le voir). Je n'en garde que peu de souvenir, et c'est sûrement tant mieux, comme ça, je suis partie avec très peu d'apriori (oui enfin, si, celui que les films étaient sûrement des navets).

Imaginez que vous ayez besoin d'argent, parce que vous êtes étudiants, et que vous décidiez de faire partie d'une expérimentation sur un nouveau médicament. Jusque là, rien de grave. Sauf que le dit médicament est en fait une sorte de drogue qui va réveiller des fonctions que votre cerveau n'utilise jamais. Comme la télépathie par exemple, ou le contrôle mental. C'est ce qui est arrivé aux parents de Charlie. Bien qu'ils aient caché leur pouvoir pour pouvoir vivre en paix, ils sont surveillés par la Boite. Le jour où Charlie montre elle aussi des pouvoirs, sa vie et celle de ses parents va devenir un enfer. On retrouve Charlie et son père alors qu'ils fuient à travers New York. Andy cherche à tout prix à sauver sa fille de la Boite, sachant que s'ils la retrouvent, elle deviendra au mieux un rat de laboratoire, au pire, un cadavre. Il faut dire que les pouvoirs de la petite, à peine huit ans au début du livre, sont phénoménaux. Charlie est capable de mettre le feu à tout et n'importe quoi, surtout si elle est en colère, mais peut aussi utiliser de la simple télékinésie. Tout cela en fait donc une arme parfaite. 

Charlie possède pas mal de bon point. Le premier, c'est l'utilisation des pouvoirs de Charlie et de son père, Andy. Les deux ont en eux une puissance phénoménale et surtout la capacité de mettre le monde à leurs pieds. Enfin, en théorie. Parce qu'en pratique, ce n'est pas du tout ça. Andy subit de plein fouet l'utilisation de ce qu'il nomme la poussée. A chaque fois qu'il influence quelqu'un, une affreuse migraine fait son apparition, pire, avec le temps, ce sont plus probablement des vaisseaux de son cerveau qui pètent. De plus, il ne contrôle pas tout à fait sa poussée, pouvant créer des échos ou certain de ses ordres partent légèrement en cacahouète à cause de certains souvenirs de celui qu'il manipule. Du côté de Charlie, c'est un peu plus subtil. Pas de gros problème physique chez elle suite à l'utilisation de ses pouvoirs (trop jeune encore peut-être ?) mais plutôt côté psychologique. Là aussi, c'est particulièrement intéressant, l'enfant appréciant un peu trop pouvoir déclencher l'apocalypse alors que ses parents lui ont expliqué pendant des lustres que ce n'était pas bien. C'est quelque chose que j'apprécie, voir que les conséquences de l'usage de leur pouvoir soient plus forte que le dit usage. Parce que ça va conditionner une bonne partie du roman mais aussi la psychologie d'Andy et de sa fille ainsi que leur fuite.

Le second, ce sont les personnages, surtout ceux du côté de la Boite. Si nous suivons durant une bonne partie Charlie et son père, nous avons aussi beaucoup de passage vu par les méchants. Les personnages sont plutôt bien foutus, complexes aussi, surtout pour Rainbird, l'indien borgne, ou Cap Hollister. C'est toujours un réel plaisir d'avoir de bons méchants en face de soi, plus particulièrement quand ceux-ci sont persuadés d'être dans leur bon droit. Bon par contre, je dois bien vous dire que Rainbird est assez flippant dans son genre et que son obsession pour Charlie l'est tout autant. Même les personnages plus secondaires sont assez marquant, que se soit les psychiatres en chargent des McGee ou même ce pauvre truffions qui a le malheur de croiser Charlie à l'aéroport. C'est souvent un des points forts chez l'auteur et il nous le prouve une fois encore ici.

Par contre, il nous prouve aussi qu'il est capable de plomber tout un roman à cause des lenteurs. Alors quand je dis tout le roman, j'exagère un peu. Disons que les lenteurs commencent assez vite pour Charlie et que j'ai failli décrocher assez rapidement à cause de ça. Personnellement, je trouve que le roman aurait été bien plus efficace avec une bonne centaine de pages en moi. Il y a pas mal de digressions dedans qui ne font qu'alourdir l'histoire.  On perd rapidement le rythme à causse de ça. D'ailleurs, en parlant rythme, celui-ci est assez inégal. Il y a un bon tiers du livre où j'ai trouvé l'action trop peu présente par rapport aux restes. Alors, oui, ça permet de mieux comprendre les relations entre les gens de la Boite et les McGee (enfin, relation, si on veut hein, ils sont prisonniers de la Boite à ce moment) mais que c'est long. 

Au final, Charlie est plutôt sympathique à lire. On perd peut-être maintenant sa portée de l'époque (apparemment, King était un peu parano et n'avait plus beaucoup confiance en son gouvernement au moment où il a écrit le livre) mais il n'en reste moins intéressant dans son aspect eugéniste et paranoïa avec le gouvernement. Par contre, il ne fera pas partie de mes préférés (je lui préfére fortement un Shinning ou un Sac d'Os) et je pense qu'il est, malheureusement, facilement oubliable

mardi 14 septembre 2021

L'Alliage de la Justice, Fils-des-Brumes cycle deux, tome 1, Brandon Sanderson

 Je me suis demandé si je nommais cet avis de la même manière que leur du premier en 2014 et puis je me suis dit que non. Marquer le fait que ce soit bien un second cycle dans l'univers des Fils-des-Brumes est bien plus pertinent. C'est aussi le dernier tome que j'ai déjà lu dans cet univers. A partir de lui, je pars dans la découverte presque complète de ce second cycle.

L'Alliage de la Justice, Fils-des-Brumes cycle deux, tome 1, Brandon Sanderson

Editeur : Le livre de poche
Collection : Fantasy
Année de parution : 2014
Titre en Vo : The Alloy of Law : A Mistborn Novel
Année de parution en VO : 2011
 nombre de pages : 452

A lire si :
- Vous avez aimé la trilogie Fils-des-Brumes
- Vous aimez les ambiances Western voire Steampunk
- Vous voulez un héros qui ne soit pas jeune

A ne pas lire si :
- Vous voulez retrouver les héros de la trilogie originelle

Présentation de l'éditeur :

Cinq cent ans ont passé. Kelsier, Vin, Elend et les autres font désormais partis de l’Histoire – ou de la religion. Les chemins de fer côtoient les canaux, les rues sont éclairées à l’électricité et les premiers gratte-ciel partent à l’assaut des nuages. Mais les anciennes magies allomantique et férochimique existent toujours. Un outil précieux pour les hommes et femmes courageux qui tentent de faire régner la justice dans les terres sauvages qu’on appelle les Rocailles. Après vingt ans là-bas et une récente tragédie, Wax Ladrian est de retour à la métropole d’Elendel. À la tête d’une Maison noble, il doit ranger ses pistolets pour assumer de nouveaux devoirs. Ou du moins le croit-il. Car les demeures et les rues élégantes de la ville pourraient bien s’avérer plus dangereuses encore que les plaines poussiéreuses des Rocailles…

Mon avis

Je n'ai pas relu mon premier avis sur le roman fait en 2014. La raison est simple, autant je me souvenais presque parfaitement de la trilogie de base, autant j'avais peu de souvenir de ce tome-ci. Pas qu'il ne m'avait pas marqué, ce n'était pas le cas, juste que je ne peux pas me souvenir de tout ce que je lis (même si j'aimerais beaucoup). 

En cinq cent ans, Scadrial a bien changé. Grace à Vin et Elend, mais surtout à Harmonie, le monde n'est plus sous l'influence de Ravage et a pu se développer. Ainsi, nous voilà plus vers les années  1800 de notre propre monde. A la place de Luthadel (probablement détruite suite aux évènements marquant la fin du Héros des Siècles, nous voici à Elendel en compagnie de Waxilium Ladrian, un ancien garde-loi. Celui-ci a quitté les Rocailles (des contrées rappelant méchamment le Far West américain) suite à une récente tragédie. Bien décidé à tout faire pour assumer ses devoirs de Maître de la Maison Ladrian, il range ses pistolets. Il se décide même à se trouver une fiancée pour asseoir sa maison en la personne de Steris. Tout semble aller comme sur des roulettes jusqu'à ce que Wayne, son ancien associé ne débarque. Il a besoin de lui pour découvrir qui se cache d'arrière plusieurs vols et enlevements commis sur des trains. Si Wax refuse de prime abord, il va se retrouver embarquer dans l'histoire suite à l'enlèvement de Steris...

On va commencer par le gros plus de ce premier tome, son univers et surtout l'évolution qu'à pu avoir Scadrial après le Héros des Siècles. Elendel est devenue la nouvelle capitale de ce monde. Elle a prospéré, grandit et se modernise de plus en plus. Le bassin d'Elendel où elle se situe est vert, cultivable et tout aussi riche que la ville qui en dépend. En dehors du bassin, par contre, c'est plutôt pauvre et surtout sauvage. Les Rocailles ressemblent à ce qu'on peut imaginer, arides, hors contrôle, emplies de brigands. Ce sont des terres où l'homme commence à peine à arriver, sans lois ou presque. Mais pour l'instant, dans ce tome, nous n'en voyons que très peu finalement. Nous nous concentrons bien plus sur Elendel, et ce n'est pas forcément pour me déplaire. Ensuite, il y a l'évolution de la magie et des religions. Déjà, il semblerait que les Fils-des-Brumes n'existent plus. Les Terrisiens s'étant mêlés aux skaa et aux nobles, ils existent par contre des doubles-fils, capable d'utiliser l'allomancie et la ferrochimie (mais jamais plus d'un métaux pour les deux). Pour l'hémalurgie, par contre, on ne sait pas encore si elle est encore utilisée ou pas. Vin, Elend, Kelsier et Marsh sont devenus des légendes, certains même sont entrée dans la religion (Kelsier et Vin, forcément, Marsh aussi). Cette évolution était pour moi la plus attendue je dois dire et elle me plait beaucoup (d'ailleurs, j'ai juste un peu hâte de voir ce que ça donnera sur la troisième époque, surtout pour la magie). 

Ensuite, il y a les personnages. Là, encore, c'est un gros point fort. J'adore Wax parce que déjà, il a plus de quarante ans. Après Vin et Elend qui étaient bien plus jeunes, on a un perso principal qui a déjà roulé sa bosse et qui a eu une vie plutôt bien remplie avant. Sans être torturé, c'est quelqu'un qui a vécu des tragédies (la dernière en date est décrite dans le premier chapitre), qui sait ce qu'il veut ou non et comment il peut obtenir certaines choses. C'est plutôt agréable. A coté de lui, on a Wayne, tenant à merveille le rôle de l'acolyte. J'espère par contre que son rôle s'aggrandira un peu plus par la suite, parce que je l'aime beaucoup. Côté féminin, nous ne sommes pas en reste. D'abord, il y a Stéris. Stéris a été crée pour être un personnage ayant un spectre autistique. Elle parait froide, ultra organisée et pas franchement douée avec les gens. Même si nous la voyons très peu dans ce tome, je l'aime déjà beaucoup. Puis il y a Marasi, sa sœur batarde. La jeune femme va suivre Wax dans son enquête, s'y trouvant d'ailleurs mêlée elle-aussi de par son héritage. Mais si elle tient parfaitement son rôle, tout comme Wayne, elle est finalement un peu trop effacée à mon gout. Après, c'est un tome un qui présente un nouvel univers (enfin si on veut, disons une nouvelle époque) et je peux comprendre que les personnages secondaires soient finalement assez stéréotypés. Enfin, je pourrais du moins, si je n'étais pas en pleine lecture d'un Sanderson.

Nous arrivons donc là où, pour moi, le bat blesse. Sanderson nous a habitué à mieux niveau personnage. Niveau histoire aussi d'ailleurs. J'ai eu l'impression que pour le coup, tout ce qui l'intéressait vraiment, c'était l'évolution de l'univers et pas le reste. Les personnages sont trop stéréotypés pour moi. Wax sort finalement de l'ordinaire, Stéris aussi mais ce sont bien les seuls. Et encore pour Stéris, elle a le rôle de Damsel in detress dont elle ne sort que peu. L'histoire, elle, est classique pour un western, des attaques de trains, des voleurs, un ancien garde-lois qui tourne mal… A vrai dire, je comprends pourquoi je n'ai pas gardé un gros souvenir de ce tome-ci. Il est bon, bien écrit, avec de l'action, de l'humour, des moments bien Sandersoniens mais il est aussi vachement clichés en fait. Il me semble que ça va s'améliorer avec les autres tomes. N'empêche que pour le coup, l'Alliage de la Justice est bien en dessous de la première ère (et je vous raconte pas comment ça me fait du mal de dire ça d'un Sanderson, hein).

Au  final, je dois bien avouer que ce n'est pas mon Sanderson préféré et je le regrette vraiment. Il avait tout pour me plaire et il se vautre sur des trucs un peu bête que l'auteur sait pourtant éviter. Je me console en me disant qu'avec trois tomes par la suite, il a eu le temps de revoir sa copie et d'améliorer ses personnages. Surtout que, bon, à la base, l'Alliage de la Justice devait être un one-shot pour faire patienter les gens. 




mardi 31 août 2021

Journal d'écrivain, Virginia Woolf

Vous devez le savoir, j'aime beaucoup les oeuvres de Virginia Woolf. J'en ai quelques unes à mon actif (sept sur le blog au moment où j'écris ces lignes). C'est une autrice que j'admire beaucoup. Lire une partie de son journal était donc tout indiqué pour moi (et maintenant, j'espère vraiment pouvoir en lire plus, sachant que sont édités ces journaux d'adolescence mais aussi une intégrale de ceux adultes (même si pour eux, j'ai un doute sur l'intégralité justement))..

Journal d'écrivain, Virginia Woolf

Editeur : 10/18
Collection : 
Année de parution : 2020
Titre en VO :A Writer's Diary
Année de parution en VO : 1953 
Nombre de pages : 576

A lire si :
- vous aimez l'autrice qu'est Virgina Woolf
-Vous aimez les journaux intimes

A ne pas lire si :
- Vous voulez l'intégralité des journaux de Woolf

Présentation de l'éditeur : 

Sa vie durant, Virginia Woolf a tenu un journal. Des 26 volumes qui ont fini par le composer, son mari Leonard Woolf a choisi d’extraire certains passages, notamment centrés sur son travail d’écrivain et de critique littéraire, mais pas seulement. En résulte un livre débordant de vie et d’une passion difficile à contenir, et qui mêle anecdotes, réflexions sur l’écriture, confessions intimes, mais aussi considérations amères sur un monde lacéré par la guerre ; le livre d’un écrivain porté par « l’insatiable désir d’écrire quelque chose de valable avant de mourir ; le sentiment dévorant de la brièveté et de la fièvre de la vie. »  A mi-chemin entre la littérature et la vie, ces pages offrent le portrait le plus direct et le plus fascinant d’un immense auteur, et de son époque.

Mon avis

Virginia Woolf se suicide en mars 1941. Quelques années plus tard, son mari, Leonard Woolf publie ses journaux d'écrivain, des extraits de ses journaux intimes qu'il a coupé pour ne froisser personne et garder à la postérité ce qui a fait de sa femme l'écrivaine qu'elle était. Ce sont donc ces extraits qui emplissent les 576 pages de cet ouvrage qui commence lors de la rédaction de Nuit et Jour et se finit quelques jours avant le 28 mars 1941. 

Il m'est assez dur de vous parler de ces journaux. Bien qu'ils nous permettent de voir ce que fut la vie de Virginia Woolf, ils sont trop centrés sur l'écriture pour en dégager réellement une vision de la personne qu'elle fut. Par contre, pour l'écrivaine, il n'y a pas de soucis. Et je dois dire que j'ai aimé cette femme, beaucoup, passionnément. Virginia n'était pas une autrice se reposant sur ses lauriers. Elle avait ses doutes, ses espoirs, sa santé vacillante, ses piliers etc... Même après des années et des années d'écriture, et de succès, elle doutait toujours d'elle et remettait toujours son travail en question. Rarement elle s'est reposée sur ses lauriers. Et je peux vous dire que voir la grande Virginia Woolf souffrir du syndrome de l'imposteur même après avoir publié un livre à succès fait énormément de bien. La voir capable de rebondir tout autant. Il est aussi agréable de découvrir son travail sur les articles qu'elle écrivait pour le Times et autres revues ainsi que sur les divers essais qu'elle a produit. C'est tout aussi intéressant que ces romans et nouvelles.  Et les deux sont finalement complémentaires.

Les journaux sont aussi l'occasion de connaitre un peu plus l'autrice et la femme derrière celle-ci. Même si Leonard Woolf a coupé beaucoup des journaux de son épouse, il a gardé beaucoup de moments de vie, des rencontres, des impressions de vacances, des promenades aussi ou encore les raids sur Londres durant la seconde guerre mondiale. Petit à petit, le portrait de celle qu'elle était apparait. On retrouve la Virginia dépressive, malade mais aussi la femme qui croquait la vie comme elle venait. Celle qui aimait sa famille plus que tout, tout comme le clan d'amis qu'elle et Leonard s'était crée. Et puis, il y a la relation avec Leonard, son époux. Je savais que celle-ci était platonique mais j'ai aimé lire tout le respect qu'ils avaient l'un pour l'autre, l'amour qu'ils avaient. Niveau couple goal, ils se posaient bien là tous les deux.

J'ai vraiment du mal à écrire un avis sur ces journaux. Je pense que je vais tout simplement m'arrêter ici. C'est une œuvre particulièrement intime et je pense que la relation entre le lecteur et Virginia Woolf influe beaucoup sur la manière de la voir. Le fait d'être moi-même écrivaine me l'a fait voir peut-être d'une autre manière qu'un autre lecteur. Ce fut une lecteur des plus passionnantes que je recommande vraiment à tout ceux qui aiment Virginia Woolf

lundi 30 août 2021

Pirates ! La légende du drapeau noir, Julie Proust Tanguy

 Je retrouve avec un grand plaisir l'écriture de Julie Proust Tanguy que j'avais déjà eu l'occasion de découvrir avec le génial Sorcières ! chez les Moutons Electriques. Cette fois, elle nous embarque à la suite des pirates de tout bord pour  nous faire découvrir le mythe mais surtout l'histoire derrière celui-ci.

Pirates ! La légende du drapeau noir, Julie Proust Tanguy

Editeur : Les Moutons Electriques
Collection : la bibliothèque des miroirs
Année de parution : 2016
Format : AZW

A lire si :
- Vous aimez les essais
- Vous aimez les pirates 

A ne pas lire si 
- Vous ne vous intéressez pas aux pirates dans la culture
- Vous voulez un historique complet de l'âge d'or

Présentation de l'éditeur : 

Long John Silver, Barbe Noire, Jack Sparrow… Jambes de bois, perroquets, rhum, trésors… Autant d’images qui tissent, dans nos esprits, la figure du pirate. Étonnante vitalité que celle de ce rufian qui, de l’Antiquité à nos jours, s’est toujours illustré dans nos imaginaires, quel qu’en soit le support d’expression !
Jadis barbare, hors-la-loi, source de terreur et de cruauté ; aujourd’hui, symbole de liberté, de résistance et d’aventure. Comment expliquer une telle évolution ?
Embarquez sous le pavillon noir pour découvrir les distorsions de la légende de ces bandits qui, après avoir parcouru les sept mers, hantent désormais le cyber-espace…

Mon avis

Quitte à me répéter, j'adore cette collection des Moutons Electriques. C'est le quatrième ouvrage que je lis et franchement, c'est toujours un gros plaisir. Cette fois, nous voici donc sur le thème des Pirates ! un thème qui m'intéresse tout particulièrement pour plein de raisons différentes. J'ai longtemps hésité à le prendre en numérique (j'avais peur que comme pour les versions poches ou Space Opera !, il n'y ai pas d'image) et puis finalement, j'ai franchi le pas, ne le trouvant jamais en librairie. Je vous rassure, si vous aimez les images, et sur un thème comme la piraterie autant dire qu'on peut en avoir des sympas, cet ebook en a (il me semble qu'il est sorti plus tard que celui de Space Opera !, ceci expliquant surement cela). Mais passons au texte, si vous le voulez bien.

Le pirate fait rêver et ça depuis des siècles. Il faut dire que sa figure a été romancé depuis bien des années et que ses rêves de liberté et d'aventure en font fantasmer plus d'un (moi la première, on va pas se mentir). Or, derrière les mythes littéraires et cinématographiques, il y a l'histoire (comme toujours, vous me direz). Et celles des pirates n'est pas toute jeune puisqu'on commence à en entendre parler durant l'antiquité. Les premières occurrences se situent à peu prés à l'époque d'Homère, soit vers le huitième siècle avant JC. D'ailleurs, Ulysse est le parfait exemple du pirate de l'époque. Ainsi, on découvre ce qu'était le pirate à l'époque, l'homme qui va tenter de trouver fortune par tous les moyens ou presque. Puis, petit à petit, le pirate a changé, devenant un brigand sans foi ni loi craint de tous, à celui que nous connaissons un peu plus à notre époque. Il a aussi parcouru toutes les mers et est connu sur tous les continents. D'ailleurs, Julie Proust Tanguy consacre un chapitre sur les pirates asiatiques, chose plutôt agréable.

Mais on va pas se mentir, le plus gros du livre va nous parler des pirates de l'âge d'or (durant le 17ième siècle) et surtout de la romantisation du mythe. Et, je ne vais pas vous mentir non plus, c'est la partie que j'ai le plus appréciée. J'aime l'Histoire, hein, mais j'aime encore plus voir comment la culture se l'approprie. Et sur les pirates, c'est du grand art mais vraiment. Au départ, les auteurs vont se servir des pirates à des fins utopiques. Dufoe fera un formidable travail là-dessus, n'oubliant ni la liberté (Libertalia est une hymne à celle-ci ainsi qu'une parfaite utopie), ni les figures féminines du mythe (un chapitre est consacré à Anne Bonny et Mary Read par exemple). Et puis, petit à petit, le mythe a pris le pas, à commencer par l'Île au trésor de Stevenson puis le fabuleux Hook de Barrie (alors, je vous le dit de suite, Hook, c'est mon pirate chouchou de tous les temps, il est forcément fabuleux) ou encore, plus proche de nous, Les Aventuriers de la Mer de Hobb ou Des Horizons rouges sang de Lynch (les deux que j'aime beaucoup beaucoup). Et puis, bien sûr, on va parler films et séries pour parfaire le tableau. D'ailleurs, on va parler de l'un de mes films préférés de pirate (si on oublie Hook de Spielberg, hein), à savoir l'Île aux pirates. Et bien sûr, des Pirates des Caraïbes qui cristallisent tellement bien le pirate comme nous le voyons de nos jours.

Je dois dire que je me suis régalée à lire cet essai. C'est clair, maitrisé et joliment illustré aussi. J'ai été ravie d'en découvrir un peu plus sur les pirates et la vision que nous en avons. L'évolution du terme est passionnante, tout comme celle de la "littérature" du mythe. Pour moi, c'est encore une belle réussite chez les Moutons Electriques. Cette collection est vraiment super pour comprendre certains aspects de la pop-culture de manière ludique et agréable.

Escaping from Houdini, Kerri Maniscalco

 Je suis une nouvelle fois en retard. Je ne sais pas pourquoi, j'ai complètement zappé de faire l'entrée pour ce roman alors que je l'ai beaucoup aimé. On va donc rattraper le retard, surtout que ça fait un peu plus d'une semaine que je l'ai fini...

Escaping from  Houdini, Kerri Maniscalco

Editeur : Little, Brown and company
Collection : James Patterson book
Année de parution : 2018
Format : AZW

A lire si :
- Vous avez aimé les deux premiers tomes
- Vous voulez un huis-clos nautique
- Vous aimez les cirques

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les illusions
- Vous voulez de la véracité historique

Présentation de l'éditeur : 

Audrey Rose Wadsworth and her partner-in-crime-investigation, Thomas Cresswell, are en route to New York to help solve another blood-soaked mystery. Embarking on a week-long voyage across the Atlantic on the opulent RMS Etruria, they’re delighted to discover a traveling troupe of circus performers, fortune tellers, and a certain charismatic young escape artist entertaining the first-class passengers nightly. 
 But then, privileged young women begin to go missing without explanation, and a series of brutal slayings shocks the entire ship. The strange and disturbing influence of the Moonlight Carnival pervades the decks as the murders grow ever more freakish, with nowhere to escape except the unforgiving sea. It’s up to Audrey Rose and Thomas to piece together the gruesome investigation as even more passengers die before reaching their destination. But with clues to the next victim pointing to someone she loves, can Audrey Rose unravel the mystery before the killer’s horrifying finale?

Mon avis

J'aime beaucoup cette série de Kerri Maniscalco. J'ai apprécié les deux premiers tomes et j'avais hâte de lire celui-ci (ainsi que Becoming the Dark Prince, nouvelle du point de vue de Thomas se passant à la fin de ce roman dont je ne parlerai presque pas pour ne pas spoiler le lecture)(Juste, je m'attendais à autre chose, un Thomas un peu plus égal à la vision que j'en ai finalement). Ce tome se passe directement après le second, Hunting prince Dracula. L'oncle d'Audrey Rose a invité la jeune femme et son compagnon à le suivre à New York, chose qu'ils ont, bien entendu accepté. Les voilà donc à bord du RMS Etruria, où ils vont fêter la nouvelle année. Mais, comme on s'en doute, rien ne se passe comme prévu. Alors que le Moonlight Carnival offre sa première performance du voyage, la voisine de table d'Audrey Rose est assassinée. Elle n'est que la première d'une liste qui va mettre les nerfs de nos héros à rude épreuve. Et s'il n'y avait que ça ! Liza, disparue brusquement de Londres, est elle aussi sur le bateau, suivant le jeune Harry Houdini dont elle est tombée amoureuse. Grace à elle, Wadsworth va pouvoir se rapprocher des membres du Moonlight Carnival, et plus particulièrement de Méphistopheles, le monsieur Loyal énigmatique et diablement charismatique.

J'ai particulièrement apprécié ce tome pour plusieurs raisons. La première, clairement, c'est pour le Moonlight Carnival. J'aime beaucoup les ambiances cirques, magies et illusions dans les romans. Je trouve que ça leur donne un petit côté féérique appréciable. Et puis, qui n'a pas envie de se perdre dans les illusions savamment orchestrées ? Audrey Rose doit sûrement penser comme moi. Elle va doucement se perdre dedans alors qu'elle "infiltre" le Moonlight Carnival pour essayer de comprendre en quoi il peut être impliqué dans les évènements se passant sur le RMS Etruria. IL faut dire que Méphistopheles n'y va pas vraiment de main morte avec elle. Le jeune Ringmaster (que je préfère ce nom à notre fameux monsieur Loyal) a tout pour plaire. Mystérieux, charismatique, charmant quand il veut, il drague sans le moindre problème notre chère Wadsworth. Les paillettes aveugles surement un peu trop la jeune femme qui finit par se laisser prendre au piège du cirque. Assez en tout cas pour que sa relation avec Thomas ne soit menacé. 

D'ailleurs, parlons-en des relations. Si nous avions l'habitude de presque toujours voir Thomas et Audrey Rose ensemble, ça change un tout petit peu ici et tout ça grace à Mephisto. L'ajout de ce personnage n'a que du bon pour moi. Il est le petit truc qui met du piment dans la vie de notre héroïne et dans celle du lecteur. Mais attention, hein, notre Wadsworth est amoureusement de son Creswell et ce n'est pas un illusionniste qui la fera changer d'avis. Enfin, si on veut. On ajoute à ses problèmes de coeur, l'arrivée de sa cousine et les problèmes de celle-ci. Mais Liza reste Liza et sa présence est toujours bénéfique pour Audrey Rose. Quant à son oncle, il est quasi inexistant (cet homme a surement un énorme potentiel mais il n'est jamais vraiment utilisé). En ce qui concerne Thomas, je dois avouer que je suis déçue de ne pas l'avoir vu plus souvent. Je l'aime énormement et vraiment, j'ai adoré ses apparitions mais il n'est vraiment pas assez présent (ce qui est normal vu l'évolution de l'histoire côté Audrey Rose qui reste la narratrice). Heureusement que j'avais Becoming the Dark Prince pour le retrouver un peu plus longtemps.

Au final, c'est un tome que j'ai donc beaucoup mais alors beaucoup aimé. Toute la partie forensic (à force de le lire en anglais, j'en ai oublié le mot français dite donc) est bien présente, on assiste à nouveau à quelques autopsies bien sympathique (attention quand même à ceux qui n'aiment pas ça) et puis, il y a toute cette ambiance mystérieuse que j'affectionne beaucoup. J'espère vraiment que le dernier sera tout aussi bon.

jeudi 19 août 2021

Héros Malgré eux, Firefly, tome 1, James Lovegrove

 J'aime beaucoup beaucoup la série Firefly de Whedon et je regrette toujours autant qu'il n'y ait eu qu'une seule saison. Enfin, une seule, si on veut. Whedon, comme avec le Buffyverse, a utilisé les comics et les novellisation pour faire vivre un peu plus sa série. Nous sommes ici sur le premier roman d'une petite série de plus, qui se déroule après la série TV. Mais qu'est-ce que ça donne ?

Héros Malgré eux, Firefly, tome 1, James Lovegrove

Editeur : Ynnis
Collection :
Année de parution : 2020
Titre en VO : Firefly, book 1 : Big damn hero 
Année de parution en VO : 2018 
Format : AZW

A lire si :
- Vous connaissez la série (et le film Serenity)

A ne pas lire si 
- Vous ne connaissez pas la série (ou ne l'avait pas aimé)

Présentation de l'éditeur : 

Inspiré de la série télévisée Firefly, créée par Joss Whedon, ce roman met en scène les aventures de l'équipage du vaisseau spatial Serenity. Transporter une cargaison depuis la planète Perséphone jusqu'à un client impatient aurait dû être un travail de routine pour l'équipage du Serenity. Dieu sait que le capitaine Mal Reynolds a besoin d'argent, comme d'habitude, en partie pour assurer la maintenance du vaisseau spatial. Seulement voilà, le mystérieux client n'est autre que Badger, et ses transactions notoirement suspectes ne laissent rien augurer de bon. Il s'avère que la cargaison est remplie d'explosifs pouvant exploser à tout moment.... Juste avant le décollage, Mal disparaît. Alors que la cargaison devient de plus en plus volatile, et que les croiseurs étatiques de l'Alliance commencent à s'intéresser à la contrebande en cours, il appartient au premier lieutenant de Serenity, Zoë, de choisir entre le sauvetage de son capitaine et celui de son équipage...

Mon avis

Figurez-vous que je cherche depuis que j'ai pris le livre si je n'ai pas déjà lu un roman de l'auteur. Le nom me parlait beaucoup. C'est en regardant enfin sur Livraddict, presque une semaine après avoir fini le livre (oui, je suis toujours en retard, mais c'est le dernier avis à l'être) que je me suis rendu compte que je l'avais déjà croisé. James Lovegrove se trouve dans ma PAL pour le premier tome des Dossiers Cthulhu et il a déjà eu un article ici, pour Royaume Désuni (en 2015) que je n'avais pas tant aimé que ça. Bref, je sais enfin pourquoi le nom me parlait autant. Mais comme ce n'est pas du tout le sujet de cet avis, passons et revenons à ce Héros malgré eux.

Ce roman se déroule après la série télévisée. Et les deux premiers chapitres sont là pour nous faire des rappels absolument pas discret de certains épisodes. Nous sommes sur Perséphone, (là où Mal acheta une robe pour Kaylee) (le rappel de cet épisode est clairement là pour rien, je tiens à le dire), le jour de l'Alliance. Mal et l'équipage, à court de liquidité, comme bien souvent, font affaire avec Badger (et on en profite pour rappeler les évènements de l'épisode 5, Sains et Saufs) pour livrer une cargaison dangereuse sur une planète minière. Le capitaine en profite aussi pour essayer de gagner un second contrat. Mais ça va mal tourné, comme toujours. Mal est enlevé, l'Alliance se pointe pour mettre la mains sur River Tam et Zoe va devoir prendre le commandement du Serenity si elle ne veut pas que tout parte encore plus en cacahouète. Mais, on le devine, tout va continuer à se compliquer.

Le roman ferait un bon épisode de Firefly, sur ce point, je n'ai rien à redire. S'il lui manque l'aspect visuel, avec les mimiques des personnages ou les décors (ça pèche un peu sur les descriptions, je dois dire), on est vraiment sur une aventure à la Firefly (heureusement, me direz-vous). On y retrouve l'humour de la série (quoique là encore, pour Mal par exemple, il manque vraiment la gestuelle de Nathan Fillon pour s'y croire vraiment), l'action et les situations de crises. Il s'ancre parfaitement dans l'univers, rappelant donc les anciens épisodes et nous entrainant dans le passé de Mal alors que celui-ci se trouve sur Shadow un peu avant de rejoindre les Browncoats. C'est un épisode qui fait suite à l'épisode 12, le Message. J'apprécie qu'il mette en avant le pasteur Book ainsi que le jeune Mal. Bien entendu, les autres ne sont pas en reste même si je trouve que Kaylee, Tam et Simon sont en retrait (chose qui arrive malheureusement souvent aussi dans la série).

Malheureusement, le roman souffre d'être si attaché à sa série de base. Il en fait trop par la rappeler, ramenant des souvenirs (la fameuse robe de Kaylee par exemple, ou les conséquences de l'attaque du train de l'épisode 2) qui risquent de perdre le lecteur néophyte. De plus, pour moi, les divers rappels sont bien souvent inutiles et ne sont là que pour les fans (j'en fais parti, mais perso, ça m'a un peu saoulé de les voir revenir si souvent et souvent pour ne pas faire avancer plus que ça notre histoire). Si je suis ravie d'avoir un roman Firefly, j'aurais aussi voulu pouvoir faire découvrir la série par ce biais. Ce ne sera pas le cas (par contre, il existe une novellisation du film Serenity, qui elle pourrait permettre un lecteur de découvrir l'univers)(il faudrait que j'y mette la main dessus un de ces jours).

Au final, le roman s'inscrit donc fort bien dans la continuité de la série. Il est plutôt bon sur ce point, et permet vraiment de continuer l'aventure avec les membres du Serenity. Il souffre parfois de son style (un peu trop "scolaire", je dirais) mais se laisse lire, un petit sourire aux lèvres. Mais il est vraiment fait pour les connaisseurs. Un lecteur qui n'a jamais vu la série risque de se sentir perdu dedans alors même que le roman est fait pour être lu indépendamment (c'est faux, et on le savait hein). Il n'empêche que je m'offrirai bien les deux tomes suivants.